16 novembre 2008

Palanga et la France

490px-Coat_of_arms_of_Palanga_(Lithuania).svg.pngCeux qui sont venus en Lituanie connaissent certainement Palanga, au moins de nom, car c’est LA station balnéaire lituanienne. Malheureusement, ils n’y connaissent peut-être que la rue Basanavičius où, l’été, bars et restaurant rivalisent à qui fera le plus de bruit. Or Palanga vaut mieux que ça, ne serait-ce que sur un plan historique. Histoire parfois liée avec la France.

Si les premières traces de vie humaines remontent à 3 000 ans avant Jésus-Christ, les premières implantations datent des V-VIème siècles de notre ère, au pied de la colline de Birutė (dans l’actuel parc botanique). Le nom de Palanga est mentionné pour la première fois en 1161 et dans les textes de l’Ordre Teutonique en 1253. (Littéralement, Pa-langa signifie près de la fenêtre, ce qui semble indiquer que les maisons étaient très proches de la mer)

Le chevalier Guillebert de Lannoy, venu combattre les païens lituaniens aux côtés des Chevaliers Teutoniques, se rendant à Riga et Novgorod ne visite pas Palanga en 1413 car, peu de temps avant, les Samogitiens (Žemaičiai) avaient capturé un détachement germanique et avaient noyé les captifs dans la rivière Šventoji……

Palanga ne fera partie de la Lituanie qu’après le traité de Brest (future Brest-Litovsk) du 31 Décembre 1435. Le port de Šventoji sera, jusqu’en 1923, le seul débouché maritime de la Lituanie. Détruit par la marine suédoise en 1701, il sera reconstruit entre 1767 et 1788.

Le 18 Juillet 1812, un détachement du 10ème Corps d’Armée du Maréchal Macdonald, en route vers Riga, atteint Palanga. Gageons que les soldats qui ont fait la campagne de Russie au bord de la Baltique n’ont pas souffert des mêmes désagréments que ceux qui sont allés jusqu'à Moscou.

Mais surtout, c’est à la toute fin du XIXème siècle que le comte Feliksas Tiškevičius a fait appel à un architecte paysagiste français, Edouard François André, pour réaliser des parcs autour de 4 de ses châteaux lituaniens: Palanga, Lentvaris, Užutrakis et Trakų Vokė. Le château et le parc de Palanga datent tous les deux de 1897. Edouard François André a passé trois étés à Palanga, avec son fils, René Edouard André, pour superviser la construction du parc. Ils ont été aidés par le jardinier belge Buyssen de Coulon. Si l’on ajoute que la sculpture « Rebecca » dans la roseraie est également l’œuvre d’un Français, Hubert Louis Noël (1839 – 1925), élève de David d’Angers, et qu’un journal humoristique de 4 à 6 pages en français, « La Limande » a été publié à cette époque à Palanga, on ne peut que reconnaitre la francophilie des Tiškevičius.

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Palanga est occupée par l’armée allemande à partir du 23 mars 1915, appartient à la Lettonie de 1919 au 30 Mars 1921, est de nouveau occupée par les Allemands le 22 Juin 1941, puis par les soviétiques le 10 Octobre 1944. Le musée de l’ambre sera installé dans le château Tiškevičius à partir de 1961.

Le 10 Juillet 1999 s’ouvre à Palanga le Musée Mončys (16 Daukanto). Le sculpteur Antanas Mončys est né en 1921 et étudia l’architecture entre 1941 et 1943 à l’Université Vytautas le Grand de Kaunas. Quittant la Lituanie en 1944 lors de la deuxième occupation soviétique, il étudia la sculpture à l’Ecole d’Art de Freibourg et obtint une bourse du gouvernement français pour poursuivre ses études. Il approfondit son art à Paris, fréquentant le célèbre studio d’Osip Zadkin. Là, il s’intéressa à l’art avant-gardiste et il commença à participer à des expositions en 1952. Il fut un artiste infatigable : sculpteur sur bois, tailleur de pierre, il travaillait également le plomb, l'argile, le fer, peignait, dessinait constamment, alternant également stèles funéraires, collages, bijoux, décors de théâtre... Ses travaux furent exposés en Allemagne, en France, en Italie, aux Etats-Unis et en Australie. Il est mort en 1993.

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Il n’y a donc pas que la rue Basanavičius dans la vie … de Palanga !