19 juillet 2008
Missiles americains en Lituanie? (suite)
On le sait, les Etats-Unis ont l’intention de déployer en Europe de l’est des éléments d’un bouclier de défense antimissile (ABM), officiellement pour parer à d’éventuelles attaques venant d’Iran. Un radar devrait être installé en République Tchèque, mais les négociations s’enlisent en ce qui concerne l’installation de dix missiles intercepteurs en Pologne. (NB : quelques jours après la signature de l’accord USA – République Tchèque, le pipe-line Druzhba s’est mis « malencontreusement » à fuir ; ça ne vous rappelle pas une autre fuite sur ce même pipeline vers la Lituanie ?) Déjà début Juillet, le Secrétaire d’Etat américain, Robert Gates, avait déclaré que la Lituanie serait une bonne alternative à la Pologne. Cette déclaration avait été interprétée comme une sorte de chantage pour contrer les exigences de la Pologne.
Hier, dans une interview à un journal Argentin, le Président Valdas Adamkus, qui est en visite officielle en Amérique du Sud, a déclaré à son tour: « La Lituanie ne mène pas de pourparlers avec les Etats-Unis sur le déploiement du bouclier antimissile sur son territoire. Pourtant, nous sommes convaincus que ce système est important pour la sécurité européenne et internationale. En cas de nécessité, nous sommes disposés à participer avec nos alliés à son déploiement ».
La Russie, qui dès le début s’insurge contre ce déploiement, essayant de faire croire que ce bouclier défensif la menace, voit rouge à l’idée que des missiles puissent être déployée a sa porte, surtout dans un de ses anciennes républiques (soviétiques). Elle avait déjà menacé de déployer ses propres missiles à Kaliningrad.
Gageons que ces fantasmes ne vont pas améliorer les relations russo-lituaniennes qui sont …… perfectibles depuis la récente loi lituanienne mettant sur un pied d’égalité symboles nazis et symboles soviétiques.
19:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abm, usa, lituanie, russie
01 juillet 2008
Cyber attaques contre la Lituanie
Le week-end dernier, des hackers ont attaqué environ 300 sites Internet en Lituanie, dont certains d’institutions gouvernementales, de partis politiques et de sociétés, les remplaçant par des panneaux rouges « ornés » de la faucille et du marteau et de slogans anti-lituaniens (cf. ci-dessous).

Cette attaque n’est pas sans rappeler celle qui avait suivi le déplacement de la statue dite du « soldat de bronze » soviétique à Tallinn (Estonie).
Les autorités lituaniennes ont indiqué que l’attaque provenait d’ordinateurs étrangers et avait vraisemblablement un rapport avec la récente loi bannissant les signes ostensibles nazis et soviétiques. Tout le monde pense bien sûr, comme ça avait été le cas en Estonie, à une action concertée par la Russie qui accuse – entre autres – les Etats Baltes de ne pas reconnaître l’héroïsme des soldats soviétiques pour les libérer du nazisme. Le problème, on en a déjà largement parlé ici, est que cette « libération » coïncide avec le début de 46 ans d’occupation par les mêmes soldats soviétiques, occupation que Moscou refuse toujours de reconnaître.
Lundi, tout était pratiquement rentré dans l’ordre. Mais il devient urgent que le centre OTAN de défense contre les cyber attaques, prévu d’ouvrir à Tallinn en 2009, devienne opérationnel.
10:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cyberattaques, lituanie, estonie, russie
25 juin 2008
Lituanie: symboles soviétiques et nazis interdits
Ce 17 Juin 2008, le Parlement lituanien a adopté un amendement à la loi « sur les rassemblements », interdisant les symboles soviétiques au même titre que les symboles nazis lors des meetings, manifestations et autres événements publics. Tombent sous le coup de la loi les drapeaux, armoiries, insignes et uniformes portant la croix gammée, la faucille et le marteau ou l’étoile rouge, ainsi que les portraits des « guides » et les hymnes.
Bien évidemment, les autorités russes se sont indignées. Le porte-parole du Ministère russe des Affaires Etrangères a ainsi déclaré : « Tirer un trait d’égalité entre les symboles de l’Etat ayant apporté une contribution décisive à la victoire sur le fascisme lors de la Seconde Guerre mondiale et les symboles nazis ne peut être interprété autrement que comme une profanation de la mémoire de ceux qui, au prix des pertes les plus cruelles, ont sauvé le monde de la peste brune ».
Il aurait sans doute été utile de rafraîchir la mémoire du dit porte parole en lui rappelant que les mêmes avaient été alliés de la dite peste brune de 1939 à 1941, s’étaient rendus coupables d’exactions comme – entre autres - l’assassinat des Officiers polonais à Katyn (1940) et avaient occupé la moitié est de l’Europe pendant 45 ans (avec exécutions et déportations).
Le 23 Juin, les Présidents Medvedev (Russie) et Loukachenko (Belarus), réunis à Brest (ex Brest-Litovsk), dans une dialectique typiquement marxiste, ont dénoncé le fait que certains pays européens (étaient visés les Etats Baltes et l’Ukraine) mettaient en doute les résultats de la Seconde Guerre mondiale, faisaient l’éloge du nazisme (sic) et considéraient les nationalistes ayant collaboré avec l’Allemagne nazie comme des vétérans de guerre.
Deux questions :
- Quelle sera l’attitude de la Lituanie quand, lors d’une rencontre sportive, devra être joué l’hymne national russe ? Car il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2000 Vladimir Poutine a remis à l’ordre du jour l’hymne soviétique de 1944.
- Quel va être le devenir de la statue de soldats soviétiques, régulièrement taguée, qui « orne » le Pont Vert à Vilnius ? Verra-t-on, comme à Tallinn, des troubles instrumentalisés par Moscou si son démantèlement est décidé ?
En tout état de cause, force est de constater que, si le procès des crimes nazis a eu lieu, celui des crimes soviétiques reste à faire. Quand on sait qu’une majorité des Russes d’aujourd’hui considèrent que Staline a fait de grandes choses pour la Russie , on mesure la longueur du chemin à parcourir. Mais merci à la Lituanie de montrer le chemin.
17:19 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : urss, russie, lituanie, soviétique, nazi
07 juin 2008
Le ruban de Saint Georges
Cela faisait « un certain temps » que je m’interrogeais sur la signification d’un ruban rayé orange et noir, arboré par les hommes politiques russes ou de simples citoyens russes, notamment sur leur voiture. L’excellent site « Regard sur l’Est » a répondu mes interrogations : http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=845&a...
A l’origine est l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges, martyr et victorieux (en russe : Императорский Военный орден Святого Великомученика и Победоносца Георгия – ci-contre) institué par Catherine II, en 1762 pour récompenser officiers et soldats à titre militaire. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1992 par Boris Ieltsine. Le ruban de la médaille pour la victoire sur l'Allemagne dans la grande guerre patriotique de 1941-45 (*) reprend les couleurs de l'ordre de Saint-Georges.
(*) On notera au passage que, lorsque l’Union soviétique était alliée avec l’Allemagne nazie, de 1939 à 1941, ce n’était pas la « grande guerre patriotique ». Ouf ! Ce ne devaient même pas être les mêmes soldats d’ailleurs …….
C’est à l’occasion du 60ème anniversaire de la victoire de 1945 que furent distribués les premiers rubans, afin – officiellement – de maintenir le lien entre les vétérans et les nouvelles générations. C’est un peu l’équivalent du coquelicot britannique, arboré en Novembre en souvenir des morts de la Première Guerre mondiale. Cette année, entre le 24 Avril et le 14 Mai, 15 millions de rubans auraient été distribués en Russie.

On note toutefois un certain détournement. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller sur la page d’accueil du site consacré à ce « plan d’action pour la mémoire », http://9may.ru/ . Au milieu de la page d’accueil de la version russe (ça n’apparait pas dans la version anglaise, tiens tiens……), si l’on clique sur le slogan « Celui qui ne respecte pas le passé est sans avenir », sur fond de ruban orange et noir, avec la photo de la statue du soldat de bronze de Tallinn (ci-dessous, sur fond de symbole soviétique), on tombe sur la chronologie (uniquement en russe) des événements instrumentalisés par la Russie, qui ont secoué la capitale estonienne en Avril 2007. On peut remarquer également, à la télévision russe, qu’en Crimée ukrainienne le port des rubans de Saint Georges aux antennes des voitures – vraisemblablement de la forte minorité russe - ne semble pas limité à la période du souvenir.
08:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, estonie, crimee
07 mai 2008
7 Mai 2008: avis de non-changement en Russie
Ce 7 Mai, Dmitri Medvedev (ci-contre), ex premier vice-premier Ministre, devient Président de la Fédération de Russie. Vladimir Poutine, Président sortant, devient, lui, Président du Parti présidentiel Russie Unie qui jouit de la majorité constitutionnelle à la Douma (chambre basse du Parlement), sans toutefois être membre du dit-parti !
La Douma devra ensuite approuver la nomination du Premier Ministre, poste auquel est « candidat » Vladimir Poutine.
Question : pensez-vous que ce jeu de chaises musicales apportera du changement dans la politique russe ?
05:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : russie, medvedev, poutine
05 mai 2008
Bruit de bottes en Abkhazie
La presse française semble étonnamment discrète sur un conflit gelé, qui connait un regain de tension depuis l’indépendance unilatérale du Kosovo, celui de l’Abkhazie. Lors de l’éclatement de l’U.R.S.S. en 1991, un certain nombre de républiques dites autonomes au sein d’ex-républiques soviétiques ont proclamé leur indépendance. Le conflit abkhazo-géorgien a débuté le 14 Aout 1992 et l’affrontement, à la suite duquel la Géorgie a perdu le contrôle de l’Abkhazie (ainsi que de l’Ossétie du sud), s’est achevé le 30 Aout 1993. La Communauté des Etats Indépendants (C.E.I.) a décidé le 22 Aout 1994 de l’envoi d’une force d’interposition, constituée de militaires russes.
Le Président géorgien Mikhaïl Saakashvili avait fait du retour dans la Géorgie des deux républiques autoproclamées russophones une priorité lors de son arrivée au pouvoir en 2003. Mais, en fait, l’affaire ne passionnait pas grand-monde en dehors de la Géorgie (pas même la Russie !) jusqu'à ce que deux événements viennent accélérer les choses :
· La déclaration de son indépendance par le Kosovo, et la reconnaissance de celle-ci par certains pays occidentaux ;
· La formule alambiquée (pour satisfaire la France et l’Allemagne qui ne veulent pas froisser la Russie) du récent sommet de l’OTAN à Bucarest, laissant espoir à la Géorgie et à l’Ukraine de rejoindre un jour l’Alliance.
Les républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du sud se sont engouffrées dans la brèche et ont demandé à la Russie de reconnaitre leur indépendance. Le moins qu’on puisse dire, c’est que celle-ci ne se précipite pas pour leur donner satisfaction. A mon sens, le but de Moscou est surtout de conserver des abcès de fixation qui gênent l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN. Car l’inquiétude de Moscou (qu’elle avait déjà soulevée lors de l’entrée des Etats Baltes), c’est surtout de se voir encerclée par l’OTAN.
En réponse à une accusation de l’Abkhazie qui prétend que 7 500 soldats géorgiens sont massés à sa « frontière », Moscou a fait passer sa force d’interposition – dont on sait qu’elle est à la fois juge et partie – de 2 000 à 3 000 hommes, ce qui reste certes dans la limite autorisée par la C.E.I.. Peut-on aller jusqu'à une guerre ? Les deux parties disent ne pas la vouloir. Mais rien n’est à exclure, car la Russie n’est pas la Serbie et il est peu vraisemblable que l’OTAN ou les U.S.A. se décident à bombarder Moscou en représailles d’une action contre la Géorgie! D’autant plus que, et la Russie le sait bien, l’Ouest est une fois de plus divisé dans cette affaire.
La Lituanie, et d’autres, soutiennent l’intégrité du territoire géorgien. Et, vous le savez si vous lisez ce Blog, la Lituanie bloque l’ordre du jour de la réunion Russie – UE de Juin, en demandant justement qu’y soit inscrit ce problème des républiques autoproclamées.
L’enjeu est important, plus que vous ne le pensez sans doute en France. L’affaire du Kosovo a déjà ouvert la boite de Pandore. Si les républiques d’Abkhazie, d’Ossétie du sud et de Transnistrie devaient obtenir satisfaction, les russophones de Crimée, voire d’Estonie et de Lettonie (Vladimir Jirinovski l’a déjà évoqué), sans parler de toutes les minorités plus ou moins représentatives dans notre vaste Europe, risqueraient de leur emboiter le pas.
16:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : abkhazie, georgie, russie
02 mai 2008
La Lituanie, la Russie et l’Union Européenne
Depuis quelques jours, les medias européens se font l’écho de tensions entre la Lituanie et la Commission européenne, à propos de l’ « accord Russie – UE ». De quoi s’agit-il ? Lors de la réunion du Conseil des Affaires Générales et des Relations Extérieures (GAERC), le 29 Avril, Petras Vaitiekūnas, ministre des Affaires Etrangères de Lituanie (ci-contre avec le Président Adamkus), a présenté la position de la Lituanie concernant le mandat à donner à la Commission européenne, en vue des négociations à venir entre l’UE et la Russie.
Le ministre lituanien a suggéré de demander que la Russie remplisse, en matière d’énergie, ses obligations conformément au Traité de la Charte sur l’Energie (datant d’Avril 1998), qu’elle résolve d’une façon constructive les conflits gelés en Géorgie et Moldavie, qu’elle coopère avec les Etats membres de l’UE dans la résolution des cas criminels et qu’elle remplisse ses obligations internationales, fixées dans les conditions nécessaires pour rejoindre le Conseil de l’Europe.
M. Vaitiekūnas faisait notamment allusion à l’interruption des livraisons de pétrole par l’oléoduc Droujba, victime d’une « fuite » depuis 2006, aux compensations demandées pour indemniser les victimes de l’occupation soviétique, au refus russe de coopérer dans l’affaire de l’assassinat de gardes-frontières lituaniens par les OMON à Medininkai en 1991, mais aussi à la disparition du Président du Business Club lituanien à Kaliningrad, et enfin aux bruits de bottes russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud.
Prompt à relayer la voix de son maitre du Kremlin, l’agence russe RIA-Novosti a titré le 30 Avril : « Accord cadre Russie-UE : Vilnius se sert de l’UE pour résoudre ses propres problèmes avec Moscou ». Mais, si la Commission ne prend pas en compte des problèmes majeurs comme celui du ravitaillement énergétique, à quoi sert-elle ?
Le Ministre des Affaires Etrangères de Slovénie, M. Dimitrij Rupel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE, doit se rendre à Vilnius afin de coordonner les positions. Gageons que ce ne sera pas facile, avec une « vieille Europe » surtout préoccupée de ne pas fâcher M. Poutine ou son « successeur ».
Il est toutefois faux d’écrire que la Lituanie bloque les négociations, puisque celles-ci ne sont prévues, en tout état de cause, qu’en Juin en Sibérie.
08:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, russie, ue
07 avril 2008
Les Amis du Patrimoine Napoléonien
1 - Le recensement, la mise en valeur et la restauration des monuments et des sites historiques des 1er et 2e Empires en France et à l'Etranger ;
2 - la recherche et la préservation d'objets et de documents de cette époque ;
3 - La commémoration et le maintien du souvenir des faits ayant trait à l'histoire de ces périodes ;
4 - L'étude de cette histoire et de la vie de ses personnages.

Ce forum est très vaste et regroupe des personnes fort sympathiques et surtout ayant une très grande connaissance du sujet. J’y ai pris comme pseudo et avatar celui, un peu mégalo, je le reconnais, de Prince Oginski, qui était, comme chacun sait (hum, plutôt « devrait savoir »), le commandant de la garde d’honneur de Vilnius qui a été créée quand l’Empereur Napoléon 1er est entré dans cette ville le 28 Juin 1812.
Car le but à terme serait, à l’instigation de Madame Sylvie Lemasson, Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle et Directrice du Centre Culturel français, de créer une association napoléonienne en Lituanie. Cette association aurait pour ambition de mettre en contact tous les passionnés de cette période (et ils sont nombreux) en Lituanie, voire autour (notamment Belarus), et surtout de préparer, en ayant plus de poids qu’un simple particulier, la commémoration du bicentenaire de la campagne de Russie dont une grande partie s’est déroulée sur le territoire de l’ancien Grand-duché de Lituanie. Afin de ne pas se la faire « voler », comme ce fut le cas avec le bicentenaire d’Austerlitz en 2005.
Je pense à des poses de plaques commémoratives, à un colloque, à un concert (« Ouverture 1812 » de Piotr Ilitch Tchaïkovski), au baptême d’une rue Napoléon, à des actions communes avec des sociétés de reconstitution, etc.…… Compte tenu de l’ampleur potentielle de l’évènement (Vive l’ampleur ! Je sais, elle était facile……), il n’est pas inutile, à mon sens, d’anticiper.
Si vous êtes a priori intéressés, surveillez ce Blog pour de plus amples informations ultérieures et allez déjà voir le forum des Amis du Patrimoine Napoléonien.
08:54 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, russie, napoleon, 1812
01 avril 2008
Sommet de l'OTAN à Bucarest
Le sommet de l’OTAN 2008 va avoir lieu à Bucarest du 2 au 4 Avril. L’Albanie et la Croatie devraient recevoir une invitation formelle à adhérer. L’entrée de la Macédoine devrait être différée en raison du différend avec la Grèce sur son nom. L’Ukraine et la Géorgie espèrent rejoindre le MAP (Membership Action Plan – Plan d’Action pour l’Adhésion) qui est la première étape pour accéder au statut de membre.
La Russie est viscéralement opposée à ce pas en avant. Ayant déjà enduré deux fois l’ « ignominie » de voir ses anciens satellites ou alliés du Pacte de Varsovie entrer dans l’Alliance Atlantique (1999 et 2004), elle a fait savoir, par une campagne de presse non-stop, qu’un geste amical envers Kyiv et Tbilissi leur coûterait cher en matière de bonne volonté russe. Le Président élu, Dmitry Medvedev, a clairement menacé qu’une telle signature serait « extrêmement gênante pour les structures existantes de sécurité européenne ».
Le Président George W. Bush est, lui, arrivé hier à Kyiv pour soutenir la candidature ukrainienne. L’Allemagne, la France et la Belgique y sont par contre opposées, le camp occidental étant comme à l’habitude divisé et perplexe. La Lituanie est, elle, à la pointe du soutien aux deux candidats. En fait, les diplomates seraient à la recherche d’un compromis, mais seront-ils capables de trouver un mode de fonctionnement satisfaisant face à une Russie à la rhétorique musclée, voire paranoïaque, au décideur unique ?
Depuis que Vladimir Poutine est Président (2000), un des buts de la politique extérieure russe était de resserrer les liens avec son « étranger proche ». Les révolutions « colorées » en Ukraine et en Géorgie ont été ressenties comme un affront personnel. L’acceptation par l’OTAN de ces deux pays dans le processus d’intégration serait le signe de l’échec de cette politique. Les raisons de l’opposition russe sont donc plus psychologiques que militaires.
Poutine s’adressera au sommet de l’OTAN le 4 Avril. Viendra-t-il avec un esprit de conciliation ou répètera-t-il la rhétorique virulente du sommet de Munich de 2007, dans laquelle il avait accusé les Etats-Unis de vouloir imposer leurs vues au reste du monde ? Réponse le 4 Avril.
Mais il serait grand temps que l’Occident donne des signes de sympathie vis-à-vis d’une Ukraine et d’une Géorgie qui aspirent à s’arrimer à lui, et qu’il apprenne de l’histoire que la faiblesse face aux dictatures ne servait jamais la démocratie.
06:40 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : otan, ukraine, georgie, russie
07 mars 2008
Conférence-débat sur la Tchétchénie à Paris
J’attire votre attention sur une conférence-débat sur la Tchétchénie, organisée par Etude sans Frontières le jeudi 13 Mars 2008 à 19H, pour que l’analyse des élections russes ne se fasse pas sans le conflit tchétchène.
Au programme, quatre spécialistes de la Russie et de la Tchétchénie (Anne Le Huérou, Marie Mendras, Amandine Regamey et Martin Rosselot) exposeront et débattront des différents aspects de cette guerre, après la projection du film « Il était une fois la Tchétchénie » de Nino Kirtadzé, qui sera présente pour l’occasion.
Cet évènement aura lieu dans l'amphithéâtre Jacques Chapsal, à Sciences Po (27, rue St Guillaume 75007 - métro Sèvres-Babylone, Rue du Bac, St Germain-des-Près).
- Marie Mendras est politologue au CNRS et au CERI. Elle enseigne à Sciences PO et dirige l’Observatoire de la Russie. Elle participe souvent à des missions de recherche en Russie. Elle est aussi la rédactrice en chef de la publication des Cahiers de la Russie. Pour plus d’informations, http://www.ceri-sciences-po.org/cerifr/cherlist/mendras.h...
- Anne Le Houérou est sociologue et doctorante associée au CADIS (EHESS/CNRS). Elle est spécialiste de la Russie et travaille notamment sur le conflit tchétchène et ses retombées sur la société russe. Elle est aussi l’auteur de « Tchétchénie, une affaire intérieure» aux Editions Autrement.
- Amandine Regamey est co-auteur de cet ouvrage et est docteure en sciences politiques de Sciences PO Paris. Elle est elle aussi spécialiste de la Russie et a travaillé au Nord-Caucase dans un cadre humanitaire.
- Martin Rosselot est doctorant à l’EHESS et membre du Comité de Tchétchénie. Il organise des évènements franco-tchétchènes, ainsi que des rencontres entre jeunes Russes et Tchétchènes.
- Nino Kirtadze est la réalisatrice du documentaire "Il était une fois la Tchétchénie".
« A propos », savez-vous comment on dit « ours » en russe ? МедведЪ = Medved ; ça ne vous rappelle rien ?.....
14:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : russie, tchetchenie









