28 octobre 2009

Nouvelle doctrine militaire russe: l’arbre nucléaire qui cache la forêt

78156031.jpgLa nouvelle doctrine militaire russe devrait être soumise au Président Medvedev d’ici la fin 2009 et ainsi entrer en vigueur en 2010. C’est la troisième variante de la Russie contemporaine, la doctrine 2000 étant encore actuellement en vigueur.

Les grandes lignes en sont déjà connues. Il a été largement glosé sur le fait que, dans cette nouvelle doctrine, l’utilisation d’une frappe nucléaire préventive ait été admise, afin de repousser une « agression » avec des moyens conventionnels, y compris donc dans des guerres locales. Mais, en fait, la Russie ne rejoint que les doctrines d’autres membres du club nucléaire, à commencer par les Etats-Unis. Toutefois, c’est surtout ce changement, par rapport au renoncement à l’engagement antérieur de « ne pas employer les armes nucléaires en premier », qui a été commenté.

Or, la nouvelle doctrine met également sur le papier d’autres nouvelles thèses.

Ainsi, un point prévoit le recours à la force pour défendre la vie et les intérêts des citoyens russes à l’étranger, si une menace pèse sur eux. On sait que cet argument a été utilisé en Aout 2008 pour justifier l’intervention des troupes russes en Géorgie, après que des passeports russes aient été largement distribués en Abkhazie et en Ossétie du sud. La Russie se réserve donc le droit (mais ça avait déjà été exprimé oralement par Medvedev lui-même) d’intervenir sur le territoire d’Etats souverains. Reste à savoir ce qu’il faut entendre par menace des intérêts des citoyens russes, l’appréciation de la dite menace risquant d’être subjective.

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L’agence de presse RIA-Novosti cite un de ses analystes (27 Octobre) pour qui « une menace critique pour la sécurité nationale de la Russie peut se créer, par exemple, par une tentative d’un des Etats les plus développés, voisins de la Russie, ne faisant pas partie d’une alliance de type de l’OTAN, de régler les différends territoriaux par des moyens militaires ». Cet analyste exclut les Etats baltes d’une telle menace régionale, dans la mesure où ils font partie de l’OTAN.

Je ne doute pas que, dans les Etat-majors, on soit déjà penché sur les cartes. Deux indices :

# La localisation des systèmes « Iskander-M » (SS-26 Stone – ci-dessous)

# Les lieux de distribution massive de passeports russes

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13 octobre 2009

La (petite) bourde du jour

couronne_2.jpegLa bourde du jour est à mettre à l’actif du mouvement Greenpeace, cité par le magazine L’Express, dans un article en ligne intitulé L'affaire des "déchets nucléaires" d'EDF en Russie :

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/l-affaire-...

On peut y lire:

« Dès 1984, le cargo Mont-Louis coulait au large de Zeebruge (Belgique), avec à son bord une cargaison d'uranium français issu du retraitement à destination de Riga (Russie). »

En 1984, Riga était certes en U.R.S.S., puisque l'occupation militaire soviétique avais mis fin à la souveraineté de la Lettonie en 1940. Mais la Lettonie n’a jamais été en Russie.

Même à l’époque de l’empire russe, avant 1917, le terme de Lettonie n’existait pas. On parlait alors de Gouvernement de Livonie. Il était bordé au nord par le gouvernement d'Estland ou d'Estonie, au sud par le gouvernement de Courlande, et à l'est par le lac Peïpous, bordant les gouvernements de Pskov et de Vitebsk.

21 septembre 2009

Manœuvres de grande envergure aux portes des Etats Baltes

rus_bel.jpgDepuis le mois de Juin, une série d’exercices militaires à grande échelle se déroulent au nord-ouest de la Russie, au Bélarus et en Mer Baltique. L’objectif principal officiel est de tester le nouveau système de commandement en cours de création dans le cadre de la réforme militaire russe (passage d’une structure à 4 niveaux à une structure à 3 niveaux : district militaire / commandement opérationnel / brigade).

Du 10 Aout au 28 septembre, l’exercice Ladoga-2009 concerne toutes les unités du district militaire de Leningrad*, plusieurs unités du district militaire de Sibérie, des troupes de l’intérieur et des garde-frontières, ainsi que les flottes du Nord et de la Baltique.

*Les forces terrestres russes sont organisées en six districts militaires : Moscou, Leningrad, Nord-Caucase, Oural, Sibérie et Extrême-Orient

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Du 8 au 28 Septembre, la Russie et le Bélarus effectuent des manœuvres conjointes d’une envergure encore plus grande, Zapad-2009 (= Ouest-2009), menées avec des effectifs et un arsenal très importants : 12 600 militaires (dont 6 500 Belarusses), plus de 220 chars, près de 470 véhicules blindés, 230 pièces d’artillerie, des navires de guerre des flottes du Nord, de la Baltique et de la Mer Noire, ainsi que 60 avions et 40 hélicoptères et les services spéciaux. Le communiqué du Ministère russe de la Défense précise que les troupes des chemins de fer participeront aux deux exercices, Ladoga et Zapad, ainsi que la 20ème Armée du District de Moscou et la 98ème Division Parachutiste. L’objectif de ces manœuvres réside dans « les préparatifs en cas de menace contre la stabilité stratégique dans la région de l’Europe orientale ». (Source : RIA-Novosti). Elles testeront également la capacité des structures militaires de la Russie et du Belarus à travailler ensemble.

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Les manœuvres navales réuniront des navires de guerre, l’aviation maritime et des unités de fusiliers marins, avec les navires de débarquement des flottes du Nord et de la Mer Noire.

Pour mémoire, un exercice Caucase-2009 avait eu lieu du 29 Juin au 10 Juillet, impliquant les brigades du district du Nord-Caucase, la flotte de la Mer Noire et la flottille de la Caspienne.

D’après le général Nikolai Makarov, Chef d’Etat-major des Armées russe (ci-dessous), ces trois exercices concerneront au total 60 000 militaires.

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Des exercices de cette ampleur sont exceptionnels. L’envergure de Zapad-2009 n’est pas sans rappeler celle des manœuvres soviétiques Zapad-81 (2 au 12 septembre 1981 en Pologne) qui portaient sur l’offensive des forces soviétiques et alliées en cas d’une éventuelle guerre avec l’OTAN. Un seul autre exercice Zapad avait eu lieu au printemps 1999 ; il avait montré que les forces russes conventionnelles ne pourraient arrêter une offensive de l’OTAN qu’en recourant à l’armement nucléaire.

Le Premier Ministre lituanien, Andrius Kubilius, s’était ému, vendredi dernier, du fait que l’annonce par le Président Obama du non déploiement du bouclier anti-missile en Europe Centrale ait été faite le jour même du début effectif de la manœuvre Zapad-2009.,dont le centre opérationnel est au camp d’Abuz-Lyasnowski, près de Baranavichy, à une centaine de kilomètres des frontières lituaniennes et polonaises.

15 septembre 2009

Russie: déjà les présidentielles de 2012 !

russie.jpgIl n’y a pas qu’en France que certain(e)s ne pensent qu’à ça ! En Russie aussi, on parle déjà des élections présidentielles de 2012, même si le suspense risque d’être moins intense ……

Rappel des faits. Octobre 1999, Vladimir Poutine, directeur du FSB, qui a travaillé pour le KGB de 1976 à 1991, est nommé Premier Ministre par Boris Eltsine, puis Président par intérim en Décembre, après la démission de celui-ci. En Mars 2000 il est élu Président de la Fédération de Russie, et réélu en 2004. En 2008, respectant, au moinspour les apparences, la Constitution, il désigne le candidat de son parti, Russie Unie, Dmitri Medvedev. Lequel est élu Président et se dépêche de nommer Vladimir Poutine Premier Ministre, celui-ci précisant bien dès le départ qu’il n’excluait pas un retour au plus haut sommet de l’Etat en 2012.

Vendredi dernier, 11 Septembre, Vladimir Poutine a évoqué très clairement l’idée de ce retour en 2012 lors de son rendez-vous annuel avec le « Club Valdaï », groupe de journalistes et d’experts internationaux.

Alors scénario bien huilé, accréditant la théorie que Medvedev n’était qu’un intérimaire ? Théorie renforcée par une réforme constitutionnelle de 2008 qui a fait passer le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, à compter du scrutin de 2012. Donc, chronologie-fiction : Poutine revient en 2012 (mais a-t-il réellement passé la main ?), se fait réélire en 2018 comme la Constitution l’y autorise, et termine son « règne » en 2024 à l’âge de 72 ans.

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Mais il y a un hic (?): ce mardi 15 Septembre, devant le même « Club Valdaï », Dmitri Medvedev a déclaré (source RIA-Novosti): « Il y a quelques temps, je n’avais pas l’intention de présenter ma candidature à la présidentielle, mais le sort en a décidé autrement {…} (je) n’exclus toutefois aucune éventualité ».

Alors, je repose ma question : scenario bien huilé, voulant démontrer que la Russie est un Etat réellement démocratique, même si tout est décidé en coulisse ? Ou réelle opposition entre les deux hommes ? Dans une tribune publiée jeudi dernier, le Président Medvedev s’est même livré, pour accréditer cette thèse, à une critique de la Russie, pays jugé « arriéré et corrompu », critiquant « la présence excessive du gouvernement {de Vladimir Poutine} dans la société et l’économie » !

Hélène Blanc, Docteur en Etudes slaves des Langues Orientales et politologue au Centre National de la Recherche Scientifique, écrit : « Ces échanges ne sont que du cinéma pour distraire l’Occident ». On me permettra d’être modestement de son avis.

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04 septembre 2009

Alors, elle vient cette centrale ?! (bis)

1177272190.jpgLe 25 Aout, je rapportais une déclaration du premier Ministre lituanien, Andrius Kublilius, qui avait concédé que la future centrale nucléaire Ignalina II ne serait opérationnelle qu’à partir de 2018 – 2019, et non plus 2015 comme encore annoncé officiellement il y a encore peu.

De leur côté les concurrents, ou plutôt la Russie, ne reste pas inactive.

On sait en effet que la Russie projette de construire une centrale dans l’oblast de Kaliningrad, à Neman (une dizaine de kilomètres à l’est de Sovetsk, sur le Niémen, qui fait à cet endroit office de frontière avec la Lituanie). Cette centrale, construite par Rosatom, d’une puissance de 2 300 mégawatts, sera censée être opérationnelle en 2015. 1/3 de la production serait destinée à la consommation locale, le reste étant proposée à l’exportation. La Russie a donc proposé à l’Allemagne, à la Pologne (!) et à la Lituanie (!!) de participer au projet jusqu'à hauteur de 49 %.

De « l’autre côté », lors de leur récente rencontre à Sotchi, les Présidents russe (Dmitri Medvedev) et bélarusse (Alexandre Loukachenko) ont fait état de progrès dans le projet de construction par …… Rosatom de la première centrale nucléaire bélarusse. Celle-ci devrait être implantée à Ostroviets (Astraviec / Astravas), à … 17 km de la frontière lituanienne, donc à environ 40 km de Vilnius ! La puissance prévue sera de 2 400 mégawatts, le premier réacteur devant entrer en service en 2016 et le second en 2018.

Si l’on ajoute que la Pologne prévoit de construire sa propre centrale à l’horizon 2020 (il est vrai qu’il faut remplacer ses 94 % d’électricité produite dans les centrales à charbon), la future centrale d’Ignalina (si elle voit le jour) risque d’avoir une production surcapacitaire.

01 septembre 2009

Russie: la “vérité” historique

 

russie.jpgJe m’étais fait l’écho, en son temps, de la création en Russie d’une « Commission de lutte contre les tentatives de falsification de l’Histoire » (19 Mai). Cette commission, dirigée par Serguei Narychkine, chef de l'administration présidentielle russe, comporte plusieurs anciens ministres, des membres du Conseil de sécurité russe, du FSB (sécurité intérieure, ex-KGB) et du SVR (service de renseignements extérieurs). Rares sont les historiens associés.

Mais ce contrôle de l’histoire, ne date pas d’aujourd’hui.

Déjà, en 2004, Vladimir Poutine avait aboli la loi qui, sous Eltsine, rendait accessible les archives contenant des secrets d’Etat après 30 ans. Désormais, l’accès sera déterminé par la commission Narychkine, ce qui permet au gouvernement russe de retarder l’accès à certains documents aussi longtemps qu’il le voudra, sous prétexte qu’ils iraient contre les intérêts de la Russie. Premières victimes : les documents d’archive concernant le massacre de Katyn. Mais aussi ceux concernant le pacte Molotov – Ribbentrop, les meurtres commandités par l’URSS à l’étranger, les déportations des Baltes pendant la seconde guerre mondiale, ceux portant sur les goulags et l’Holodomor en Ukraine, etc.……

Le 70ème anniversaire du pacte Molotov – Ribbentrop a justement donné lieu ces jours-ci à une contre-offensive russe. L’idée maitresse est qu’il a permis de retarder de deux ans l’entrée de l’Union soviétique dans la seconde guerre mondiale. Ce fut « une initiative brillante de Staline » salue un député russe. Les Polonais, attaqués par cette même Union soviétique dès le 17 Septembre 1939, apprécieront !

Justement la Pologne …… Un colonel-chercheur d’un centre de recherche « scientifique » sur l’Histoire militaire déclare péremptoirement sur le site du Ministère russe de la défense: « Toute personne qui a étudié de manière impartiale l’histoire de la seconde Guerre mondiale sait qu’elle a commencé en raison du refus de la Pologne de céder aux revendications allemandes ». Et un jeune historien de rajouter que l’entrée de l’armée soviétique en Pologne « n’était pas une agression. Il s’agissait de défendre la population d’un Etat qui avait cessé d’exister » ! Un documentaire télévisé russe, diffusé le 23 Aout, laisse même entendre que le IIIème Reich aurait comploté avec la Pologne pour envahir l’Union soviétique……

 

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Histoire que les choses soient claires, c’est le Président Dmitri Medvedev (ci-dessus) qui, le 30 Aout, est monté lui-même au créneau en fustigeant les dirigeants de l’Ukraine et des Etats Baltes qui, selon lui, veulent faire « des anciens complices des nazis des héros nationaux ». Car, évidemment, quiconque a combattu contre l’occupation soviétique de son pays (occupation non reconnue par la Russie d’aujourd’hui) est un nazi !

On le voit, la Commission de lutte contre les tentatives de falsification de l’Histoire s’est rapidement mise au travail. Mais elle joue sur du velours vis-à-vis de l’opinion publique russe. Un récent concours sur une chaine de télévision nationale russe, « Au nom de la Russie », a vu les téléspectateurs élire Staline à la 3ème place des personnalités les plus notoires de l’histoire de la Russie. Dernier avatar en date : une citation à la gloire de Staline dans une station rénovée du métro de Moscou (ci-dessous).

 

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Aujourd’hui à Gdansk pour les commémorations du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Premier Ministre russe Vladimir Poutine s’est employé à désamorcer la situation conflictuelle créée vis-à-vis de la Pologne. Tout en restant sur ses positions.

 

 

22 août 2009

Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (4)

country.gifLa Russie d’aujourd’hui n’a pas, sur le Pacte Molotov – Ribbentrop, la même analyse que ce qui est communément admis. L’agence RIA-Novosti a publié, ces deux derniers jours, deux longs articles qui exposent ce qu’on peut considérer comme étant la position officielle du Kremlin.

L’idée maitresse est d’ailleurs exposée par Iouli Kvitsinski, premier vice-président du Comité des affaires internationales de la Douma : « Le pacte était opportun, indispensable, légitime dans les conditions de l’époque, et réaliste du point de vue de la stratégie politique » ! Il conclut même en disant : « Nous n’avons pas à nous repentir de quoi que ce soit » !! En tout état de cause, il est souligne que les protocoles secrets additionnels étaient ignorés des députés, et que donc tout ce qui a pu arriver était de la faute de Staline.

L’argument principal développé est que Staline avait essayé d’ouvrir des pourparlers avec la France et la Grande-Bretagne, mais que celles-ci faisaient trainer les choses en longueur, espérant une guerre entre l’Allemagne et l’URSS. L’URSS étant donc isolée, elle avait signe un pacte de non-agression avec l’Allemagne « qui a pratiquement déterminé la création de la coalition antihitlérienne après l’offensive allemande lancée le 22 Juin 1941 contre l’URSS ». S’allier avec son ennemi pour le battre : il fallait y penser !

Après avoir estimé que « ce qui arriva à la Pologne est fâcheux » (il ne s’agit guère que de son dépeçage entre les deux régimes totalitaires !). M. Kvitsinski donne carrément dans le révisionnisme historique : « Nous avions jugé indispensable de nous soucier de la sécurité et de l’intégrité territoriale de la Lituanie {comme c’est touchant !} (partie traditionnelle de l’empire de Russie), avec laquelle nous avons signé un traité d’alliance militaire, et de satisfaire les aspirations nationales des Lituaniens ». Quand on sait dans quelles conditions s’est passé ce traité, imposé par la force à la Lituanie et aux deux autres Etats Baltes, puis les « élections » qui ont suivi ; quand M. Kvitsinski écrit « Un mois plus tard, des blocs électoraux procommunistes remportèrent la victoire dans les trois Etats », il ne ment pas. Il oublie juste de préciser qu’ils avaient été les seuls à pouvoir se présenter (cf. article nº 2) !

Mais, en final, l’hagiographie officielle regrette que, dans les Etats Baltes, « ces protocoles {secrets} soient qualifiés de prélude à l’ « annexion » de la Lettonie, de la Lituanie et de l’Estonie ». Car la Russie d’aujourd’hui ne reconnait toujours pas qu’il y ait bel et bien eu annexions des Etats Baltes, entretenant l’affabulation qu’ils ont rejoint l’URSS de leur plein gré. La Russie d’aujourd’hui considère comme « moralement inadmissible » que l’on puisse faire un parallèle entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne. Et tant que la Russie aura cette attitude, alors que l’Allemagne a bien, elle, reconnu sa responsabilité dans la seconde guerre mondiale, le Pacte Molotov – Ribbentrop empoisonnera toujours les relations entre la Russie et ses voisins concernés.

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Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (3)

 

country.gifLa Lituanie, occupée et annexée par l’Union Soviétique depuis Juillet 1940, a été par la suite occupée par l’Allemagne lorsque celle-ci a attaqué l’URSS le 22 Juin 1941 (opération « Barbarossa »), avant d’être de nouveau occupée par l’URSS (celle-ci parle de « libération »……) à partir de Juillet 1944.

A partir de Septembre-Octobre 1944, les premiers groupes de résistants commencèrent à se former et à entrer en action contre l’occupant soviétique. Si cette lutte armée massive prit fin en Novembre 1948, des actions durèrent jusqu’en 1953, avec l’arrestation du général Žemaitis, Président du directoire du mouvement de lutte pour la liberté de la Lituanie, le 30 Mai 1953.

La résistance ne s’arrêta pas pour autant. Le 14 Mai 1972, devant le théâtre de Kaunas qui avait vu, en 1940, la farce tragique de l’annexion de la Lituanie par l’URSS, un étudiant de 19 ans, Romas Kalanta (ci-dessous) s’immola par le feu pour protester contre l’occupation soviétique.

 

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Si la première organisation dissidente, rassemblant des informations sur les violations des Droits de l’homme en Lituanie soviétique, fut créée le 25 Novembre 1976, c’est sur les 23 Aout que vont se focaliser les protestations, lesquelles vont prendre de plus en plus d’envergure.

Le 23 Aout 1979, quarante cinq délégués des nations baltes demandèrent que l’Union soviétique et les deux Allemagnes (RFA – RDA) reconnaissent la nullité du pacte Molotov – Ribbentrop.

Le 23 Aout 1987, devant le monument d’Adomas Mickevičius à Vilnius (à côté de l’église Ste Anne), la Ligue Lituanienne pour la Liberté organisa un meeting réunissant plusieurs centaines de personnes protestant contre le pacte.

Le 23 Aout 1988, le mouvement Sajudis, crée le 3 Juin 1988, organisa un rassemblement de masse de 150 000 personnes dans le parc Vingis à Vilnius, pour, une fois de plus, condamner le pacte, mais aussi pour demander une plus grande autonomie pour la Lituanie et la restitution des symboles nationaux (drapeau, armoiries).

Enfin, le 23 Aout 1989, pour marquer le cinquantième anniversaire des accords conclus entre Staline et Hitler contre les Pays Baltes, une chaine humaine d’environ deux millions de personnes, Lituaniens, Lettons, Estoniens, relia, sur 650 km, Vilnius à Tallinn en passant par Riga (en lituanien « Baltijos kelias »). Dans une session solennelle de l’Assemblée de Sajudis, il fut en outre revendiqué que les relations entre la Lituanie et l’URSS fussent rétablies telles qu’elles étaient au 12 Juillet 1920, lors de la signature des accords de paix. C’était la marche inexorable vers le retour à l’indépendance, rétablie formellement le 11 Mars 1990, mais reconnue par l’URSS seulement le 6 Septembre 1991, après que celle-ci eut encore tué à Vilnius (et Riga) en Janvier 1991 et à Medininkai le 31 Juillet 1991. (On soulignera la prouesse que dût constituer l’organisation de cette chaine, au nez et à la barbe de l’occupant).

L’URSS (Congrès des Députés du Peuple de l’URSS) ne reconnaitra l’existence des articles secrets du pacte Molotov – Ribbentrop que le 24 Décembre 1989, n’y voyant qu’ « une dérogation aux principes léninistes de politique étrangères de l’URSS » ! Les millions de victimes de l’URSS dans la « sphère d’intérêt », emprisonnées, déportées, torturées ou fusillées, apprécieront…… La faute est d’ailleurs rejetée sur Staline et Molotov qui auraient caché les accords secrets. Un sommet de mauvaise foi !

(à suivre)

 

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La voie balte vers la Liberté

 

21 août 2009

Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (1)

country.gif(Je commence la rédaction et la mise en ligne de plusieurs posts pour expliquer une série d’événements qui ont pour point de départ le pacte de non agression germano – soviétique, dit Pacte Molotov – Ribbentrop)

Après leur retour (Lituanie – 16 Février 1918) ou leur accession à l’indépendance (Lettonie – 18 Novembre 1918 et Estonie – 24 Février 1918), les trois Etats Baltes avaient signé avec la Russie soviétique (l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques n’étant fondée que le 30 Décembre 1922) :

# en 1920, des traités de paix (Estonie 2 Février, Lituanie 12 Juillet, Lettonie 11 Aout)

# des pactes de non-agression (Lituanie 28 Septembre 1926, Lettonie 5 Février 1932, Estonie 4 Mai 1932). Le Pacte avec la Lituanie fut prolonge pour 5 ans le 6 Mai 1931, puis, avant même son expiration pour 11 ans le 4 Avril 1934.

Au début de Novembre 1938, pressentant l’approche du conflit européen, les organes législatifs des trois Républiques adoptèrent des textes de lois identiques, manifestant leur ferme volonté de rester neutres, à l’écart d’un éventuel conflit.

Par ailleurs, inquiétée par les projets d'expansion à l'Est de l'Allemagne nazie (à la recherche de son « espace vital ») ainsi que par la rhétorique très agressive d'Hitler (pour lequel les Slaves sont des « sous-hommes » devant être exterminés ou réduits en esclavage), l'URSS presse à de nombreuses reprises la France et le Royaume-Uni de conclure des accords d'alliance incluant des clauses d'entraide militaire si l'un des pays venait à être attaqué par l'Allemagne.

Les atermoiements franco-anglais face à une telle alliance contre l'Allemagne nazie, ainsi que leurs concessions à Hitler et les indices montrant que ces pays espéraient une guerre entre l'Allemagne et l'URSS, peuvent expliquer que l'URSS, se détournant de démocraties occidentales perçues comme indifférentes, sinon hostiles envers elle, se rabatte sur un accord avec l'Allemagne.

Le 23 août 1939, l'URSS, représentée par Viatcheslav Molotov, et l'Allemagne nazie, représentée par Joachim von Ribbentrop (tous deux ci-dessous avec Staline), signèrent à Moscou un Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques, plus communément appelé Pacte germano-soviétique ou encore Pacte Molotov-Ribbentrop, du nom de ses signataires.

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Le traité proclamait un renoncement au conflit entre les deux pays, ainsi qu'une position de neutralité dans le cas où l'un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie.

Mais le traité comportait également plusieurs protocoles restés longtemps secrets qui déterminèrent le destin des Etats Baltes pour 50 ans. Dans ces protocoles, les deux puissances totalitaires s’entendaient pour se partager la Pologne et pour désigner la frontière nord de la Lituanie comme ligne de partage entre leurs « sphères d’influence ». Ainsi, la Finlande, l’Estonie et la Lettonie tombaient dans la sphère d’influence soviétique, la Lituanie dans celle de l’Allemagne.

Ne craignant pas une interférence de l’URSS, Hitler envahit donc la Pologne le 1er septembre 1939, ce qui conduit à la deuxième guerre mondiale par l’intervention, le 3 Septembre, de la France et de la Grande-Bretagne volant au secours de leur allié polonais. De son côté, l’URSS envahit la Pologne par l’est le 17 Septembre, à partir de l’Ukraine et de la Biélorussie. Le 28 septembre 1939, les deux puissances totalitaires signèrent un nouvel accord de délimitation des frontières, avec un accord secret complémentaire par lequel la Lituanie tombait, à présent, dans la sphère des intérêts soviétiques. (Ci-dessous, rencontre de soldats allemands et soviétiques à Lublin, en Pologne)

(A suivre)

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18 août 2009

La bourde d’or du jour

couronne_2.jpegMême les Russes se prennent les pieds dans le tapis en confondant Lituanie et Lettonie.

A propos de l’affaire du cargo « Baltic Sea », l’agence Itar Tass écrit en titre :

Arctic Sea hijacked by 8-Lithuania, Estonia, RF citizens

Mais plus loin, dans l’article, on apprend en fait que ……

“The investigation established that a speed inflatable boat with 4 citizens of Estonia, 2 Latvian citizens and 2 Russians on July 24 at 23:00, Moscow time, approached the Arctic Sea vessel in Swedish territorial waters.”

Et si un jour ils attaquaient la Lituanie en croyant attaquer la Lettonie, ça fait frémir, non ?

http://www.itar-tass.com/eng/level2.html?NewsID=14244759&...

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