28 janvier 2009

Le métropolite Cyrille élu Patriarche de toutes les Russies

Le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad (photo), 62 ans, locum tenens (assurant l’intérim) du trône patriarcal, a été élu ce mardi 16e Patriarche de Moscou et de Toutes les Russies par les membres du Concile réunis en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Il sera intronisé dimanche pour succéder au Patriarche Alexis, décédé en Décembre 2008.

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Il a recueilli 508 voix et le deuxième candidat, le métropolite Clément de Kalouga et de Borovsk, 169 voix, a annoncé l'archevêque Isidore d'Ekaterinodar et de Kouban, chef de la commission de dépouillement du scrutin. Le troisième candidat, le métropolite Philarète de Minsk et de Sloutsk, exarque du patriarche de Moscou pour la Biélorussie, s'était désisté hier en faveur du métropolite Cyrille.

Le fait que le Patriarche Cyrille 1er (c’est désormais son nom) soit réputé ouvert à l’Occident et partisan du dialogue avec les catholiques (il a déjà rencontré trois fois le Pape Benoit XVI, cf. ci-dessous) n’a pas joué contre lui, a priori bien au contraire. Ce n’est certes pas un libéral, mais c’est un homme de media et il insiste fortement sur le «principe de non-ingérence réciproque» entre l'Église et l'État.

On se rappellera qu’en 1984 ses prises de positions contre la guerre soviétique en Afghanistan lui ont valu d'être destitué, à seulement 38 ans, de sa première haute responsabilité, recteur du séminaire et de l'académie de théologie de ce qui était alors Leningrad. Ce qui ne l’a pas empêché d’être nommé en 1989 au poste clé de ministre des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou, «président du département des relations extérieures».

Une ère nouvelle s’ouvre donc peut-être pour le Patriarcat de Moscou, mais surtout pour les relations entre deux Eglises, l’Orthodoxe et la Catholique, séparées depuis 1054. Un début de rapprochement avait d’ailleurs été initié des Mars 2006 entre Benoit XVI et Alexis II.

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25 janvier 2009

Les orthodoxes russes se choisissent un nouveau patriarche

Alexis II-2.jpgAprès la mort, le 5 Décembre 2008, du Patriarche Alexis II (ci-contre), les évêques de l’Eglise orthodoxe russe ont commencé à se réunir aujourd’hui, dimanche 25 Janvier 2009, en Concile épiscopal dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou (ci-dessous). L’élection du successeur d’Alexis II se déroule en deux phases.

Le Concile épiscopal, réunissant 202 évêques, a pour but de choisir, à bulletin secret, 3 candidats au siège de Patriarche de Moscou et de toutes les Russies. 145 évêques remplissent les conditions pour être éligibles. Pour la première fois, grâce à la réunification de l’Eglise orthodoxe russe et de l’Eglise orthodoxe hors frontières le 17 Mai 2007, des évêques étrangers (Ukraine, Moldavie, Belarus, Allemagne et Japon) participent au Concile et pourraient être théoriquement élus.

Le Concile local, réunissant 711 délégués, issus d’une procédure élective dans les paroisses et diocèses, se réunira du 27 au 29 Janvier. C’est à lui que revient le vote final. Rien n’empêche ces délégués de proposer d’autres candidats !

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Qui sera l’élu ? Un favori se détache : le métropolite Cyrille de Smolensk et Kaliningrad (Kirill), 62 ans, qui était « Ministre des Affaires étrangères d’Alexis II, et qui a été élu locum tenens, c’est-à-dire chargé des affaires courantes en attendant l’élection. Le fait qu’il soit ouvert à l’Occident et proche des catholiques peut lui valoir la méfiance de la base. L’autre nom qui circule est celui du métropolite Clément de Kaluga et Borovsk (Kliment), moins au contact du terrain et moins ouvert sur l’étranger.

Ce dimanche soir, les délégués du Concile épiscopal ont désigné trois candidats au trône patriarcal : comme prévu, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad (ci-dessous), le métropolite Kliment de Kalouga et de Borovsk et le métropolite Filaret de Minsk. Le métropolite Cyrille est arrivé en tête des votes: 97 voix sur 200, le métropolite Kliment  a bénéficié de 32 voix et le métropolite Filaret s'est classé troisième avec 16 voix.

Le nouveau patriarche pourrait être élu au plus tôt dès mardi soir. Mais si d’autres candidats étaient proposés par le Concile local, le processus pourrait être plus long. En tout état de cause, le concile local doit se terminer jeudi soir. Une messe d’intronisation du nouveau patriarche est prévue dimanche prochain 1er Février.

La Métropole de Vilnius et de toute la Lituanie est rattachée canoniquement au Patriarcat de Moscou et de toute les Russies. Le chef de l'Église porte le titre de Métropolite de Vilnius et de toute la Lituanie, avec résidence à Vilnius (titulaire actuel : Chrysostome). Elle est divisée en trois districts : Vilnius, Kaunas et Klaipėda-Visaginas. Elle compte environ 50 paroisses (2005), et deux monastères.

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Le Metropolite Cyrille avec le Pape Benoit XVI

25 décembre 2008

Noël des calendriers julien et grégorien

carte_noel023.jpgAujourd’hui, 25 Décembre, les chrétiens fêtent Noël qui, ne l’oublions pas, est d’abord le souvenir de la naissance du Christ. Tous les chrétiens ? Pas exactement. Car les orthodoxes fêtent Noël le 7 Janvier. Pourquoi cela ? Parce que deux calendriers cohabitent.

 

Le calendrier julien est une réforme du calendrier romain introduite par Jules César (d’où son nom) et utilisé dans la Rome antique à partir de 45 avant J.C.. Il compte 12 mois de 29,30 ou 31 jours, ce qui fait qu’une année normale compte 365 jours. Une année tropique comptant environ 365,2422 jours, un jour intercalaire est introduit tous les 4 ans, ce qui fait qu’une année moyenne du calendrier julien faisait 365,25 jours.

 

L’année commençait le 1er Janvier, mais des particularismes locaux subsistèrent, comme en Egypte ou dans l’empire byzantin. A partir du IXème siècle, les pays européens firent commencer l’année le 25 Mars, avant de revenir au 1er Janvier au cours du XVIème siècle, la Russie ne s’alignant qu’en 1700 et l’Angleterre en 1752.

 

Le différentiel entre année moyenne julienne et année tropique entraînait un décalage des équinoxes d’un jour tous les 134 ans. C’est ce qui conduisit à la réforme grégorienne en 1582, promulguée par le Pape Grégoire XIII, le décalage étant à cette époque de dix jours par rapport aux phénomènes astronomiques.

 

Le calendrier grégorien fut rapidement adopté par les Etats majoritairement catholiques (Espagne, France, Pologne, Portugal, …). En France, par exemple, Henri III fit suivre le dimanche 9 Décembre 1582 par le lundi 20 Décembre 1582. Les Etats protestants suivirent plus tard (Empire britannique en 1752, Suède en 1753), et les orthodoxes encore plus tard (Russie en 1917 et Grèce en 1923. C’est la raison pour laquelle la révolution dite d’Octobre a en fait eu lieu en Novembre 1917). Mais, à l’encontre des Etats, un certain nombre d’Eglises nationales orthodoxes continuent à utiliser le calendrier julien. C’est donc la raison pour laquelle le Noël orthodoxe est fêté le 7 Janvier.

 

Dans un autre domaine, on trouve la juxtaposition des deux dates, julienne et grégorienne, dans les textes de la campagne de Russie, lors de la période napoléonienne. Par exemple, ce qui est, pour les Français, la bataille de la Moskova a eu lieu le 7 Septembre 1812, mais c’est pour les Russes la bataille de Borodino, le 26 Août 1812 ! Point commun : les deux camps la considèrent comme une victoire.