10 septembre 2009

Le chauffage moins cher à Vilnius. Mais …

 

logo-dalkia2.jpgLe Conseil Municipal de Vilnius a approuvé la proposition de la société « Vilniaus Energija », qui fournit le chauffage urbain à la capitale lituanienne, de réduire ses prix d’environ 20 %. Le nouveaux prix doit être encore approuvé par la Commission Nationale de Contrôle des Prix et de l’Energie.

Si cette proposition était acceptée, le prix du kilowatt/heure passerait de 0,2256 Litas à 0,173 Litas mais, de facto, à 0,1886 Litas, compte tenu de l’augmentation de la TVA de 5 à 9 %. Cela fait une baisse de 20,4 %. Cela fera de Vilnius la grande ville de Lituanie où le chauffage sera le moins cher, derrière Klaipėda (0,1677 Litas).

Rappelons que « Vilniaus Energija » fait partie du groupe français « Dalkia », qui assure également, à travers sa filiale « Litesko », le chauffage urbain de huit autres villes lituaniennes : Alytus, Biržai, Druskininkai, Kelmė, Marijampolė, Palanga, Telšiai et Vilkaviškis.

Cette bonne nouvelle pour les Vilnois s’accompagne hélas de deux mauvaises pour l’ensemble des résidents de Lituanie :

# il est prévu que l’électricité augmente d’environ 0,10 Litas du KWh (une conséquence de la fermeture de la centrale nucléaire d’Ignalina au 31 Décembre 2009 ?)

# le gaz devrait être également plus cher. Mais là, ça dépend de « Gazprom », qui se base pour cela sur deux critères : le prix du baril de pétrole et les relations entre l’Etat-client et la Fédération de Russie……

Tiens, et si on en profitait pour réduire la consommation d’énergie ?

 

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27 février 2009

Guerre du gaz : on remet ça ?

gazprom_415x275.jpgLe russe Gazprom, premier exploitant et le premier exportateur de gaz au monde, à moins que ce ne soit le gouvernement russe, ce qui revient à peu près au même, menace de nouveau de couper le gaz à l’Ukraine.

C’est le quotidien russe « Kommersant » rapporte que c’est le directeur financier de Gazprom qui a déclaré mercredi dernier, devant le conseil d’administration réuni à huis clos : « Si 400 millions de dollars ne sont pas payés le 7 mars, alors une fois de plus nous allons devoir couper le gaz à l’Ukraine le 8 Mars ».

La société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz avait déjà prévenu la semaine dernière qu’elle n’arrivait à payer Gazprom à cause de la hausse « catastrophique » des impayés de ses clients nationaux. Le litige commercial est donc bien réel et ce n’est pas surprenant dans la mesure où l’Ukraine est touchée de plein fouet par la crise économique. Et Gazprom elle-même, qui a longtemps été la « pompe à phynance » au profit de l’Etat russe, est désormais près de ses sous.

Mais nul doute, et la formulation « nous allons devoir couper le gaz » le montre bien, la Russie essaye de faire porter la responsabilité des coupures éventuelles de gaz en Europe sur l’Ukraine. L’Ukraine qui se débat dans les problèmes politiques récurrents Iouchtchenko / Timochenko, l’Ukraine accusée de vouloir se rapprocher de l’UE et de l’OTAN, l’Ukraine où la Russie agite régulièrement le « problème » de Sevastopol (Севастополь, que vous appelez en France Sébastopol), l’Ukraine donc que la Russie essaye de discréditer aux yeux de l’Europe.

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Connaissez-vous le slogan de Gazprom ? « Мечты сбываются! » (Les rêves deviennent réalité ) . Pour l’Ukraine et une partie de l’Europe, le rêve risque de se transformer en cauchemar!

Ci-dessous, la carte des gazoducs alimentant l’Europe. A noter que la Lituanie est ravitaillée à travers le Belarus, ce qui ne pose pour l’instant pas de problème. Pour l’instant …….

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07 janvier 2009

Gazprom relance la guerre du gaz

logo Gazprom.gifCe mercredi matin, GDF Suez a annoncé que les livraisons de gaz en provenance de Russie avaient baissé mardi de 70 %. La France a donc rejoint la cohorte des pays européen qui ne reçoivent plus (ou peu) de gaz russe.

 

La Russie a accusé l’Ukraine de voler du gaz puis d’avoir fermé 3 de ses 4 gazoducs destinés à l’exportation, ajoutant « L’Ukraine est totalement responsable de ce qui arrive » (site Gazprom). Mais la situation est-elle si manichéenne ?

 

Il y a deux approches différentes possibles de ce conflit. Soit on considère que le conflit est bilatéral Russie – Ukraine et uniquement économique. Dans toute discussion économique, le vendeur veut obtenir le prix le plus élevé possible et avoir des garanties d’être payé à la date prévue. L’acheteur, lui, fait tout pour réduire le prix et pour obtenir des délais de paiement en cas de besoin. En cas de désaccord, il y a des tribunaux pour régler le différend. Fermer les vannes du gaz en pleine vague de froid est une méthode de gangster. (NB : l’Ukraine payait les 1 000 m2 de gaz 179 US$ en 2008. La Russie demandait 250 US$ pour 2009 alors que l’Ukraine se disait prête à accepter 235 US$. Puis la Russie a menacé de facturer les 1 000 m2 418 US$, prix moyen payé par les Européens, voire 450 US$).

 

L’autre approche, privilégiée par la plupart des analystes, est de dire qu’il s’agit d’abord d’un conflit politique. C’est peu de dire que la « révolution orange » n’a pas été du goût de Moscou et qu’elle a même fait souffler un vent de panique dans la galaxie poutinienne, qui craignait la contagion. Il semblerait donc que la Russie, une fois de plus, n’hésite pas à utiliser l’arme énergétique afin de dissuader l’Ukraine de s’approcher de trop près de l’Occident. Un haut responsable du Conseil de la fédération (chambre haute du Parlement russe), Vadim Goustov, vient d’ailleurs de déclarer ouvertement que, pour négocier le prix du gaz pour 2009, l’Ukraine devait dire clairement si elle ambitionnait de devenir membre de l’OTAN ou si elle préférait rester un partenaire de la Russie. On ne peut pas être plus clair !   

 

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L’Union Européenne, par sa présidence tchèque, a décidé de considérer que ce conflit est uniquement bilatéral et économique et ne veut pas s’impliquer. Pourtant, 80 % du gaz russe destiné à l’UE transite par l’Ukraine. Mais la dépendance n’est pas uniforme ; la Bulgarie, la Finlande, la Slovaquie et les Etats Baltes sont dépendants à 100 %, la République Tchèque à 80 %, la Grèce à 75 %. Par contre l’Allemagne ne dépend qu’à 42 % du gaz russe, l’Italie à 28 %, la France à 24 % et la Grande-Bretagne à 16 %. Aussi, l’UE a apparemment de choisi de ne chercher qu’à apaiser les tensions.  

 

A notera que j’ai parlé, à dessein, soit de la Russie soit de Gazprom. C’est en effet un euphémisme de dire que Gazprom est une arme stratégique au service de l’Etat russe.  Il faut dire qu’il y a entre la plus grosse entreprise de Russie et l’Etat des liens qui confinent à la consanguinité. L’année 2008 a d’ailleurs vu un jeu de chaises musicales assez symptomatique. Avant les élections présidentielles du 2 Mars, Dmitri Medvedev était premier vice-Premier ministre et Président du conseil d’administration de Gazprom. Devenant Président de la Fédération de Russie, il a laissé ces deux jobs à Viktor Zubkov, ancien Premier ministre. Lequel job de Premier ministre a été repris par Vladimir Poutine, ancien Président de la Fédération de Russie. La boucle est bouclée, surtout si on ajoute qu’Alexey Miller, Président du Comité de Management de Gazprom (c’est lui qu’on voit le plus souvent à la télévision) est l’ancien adjoint de Poutine à la Mairie de Saint Pétersbourg……  

 

 

Comment cela finira-t-il ? Peut-être, pour en avoir une idée, faut-il regarder la crise de Janvier 2006 qui a eu les mêmes causes et les mêmes effets. Mais le contexte n’est plus le même. La Russie est aujourd’hui en récession ; Gazprom a accumulé en 2008 35,4 milliards d’Euros de dettes et son action en bourse a chuté de 76 %. Les trois principaux gisements gaziers commencent à s’épuiser. De son côté l’Ukraine, forte de l’expérience de 2006, s’est dotée de capacités de stockage qui lui permettraient de pourvoir à ses besoins jusqu’à la mi-Mars. Mais surtout, après le conflit géorgien d’Août 2008, il va peut-être (enfin) se remarquer que la Russie fait de l’entrisme chez ses voisins……  

 

 

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05 mars 2008

Russie-Ukraine: nouvelle guerre du gaz?

1705363991.jpgDepuis hier soir (mardi) 20H, Gazprom a introduit une nouvelle restriction de 25 % dans la livraison de gaz en Ukraine. Venant après une première réduction de 25 % annoncée lundi matin, c’est donc 50 % de gaz en moins que l’Ukraine reçoit. Apparemment, l’Ukraine n’a pas payé ses dettes de 2007 et continue à consommer du gaz sans contrat.

Dans le même temps, la société ukrainienne Naftogaz a menacé de réduire le transit de gaz russe vers l’Europe. Cela fait, en fait, l’affaire de Gazprom, qui souligne depuis longtemps la non-fiabilité du transit de son gaz via l’Ukraine et justifie ainsi la construction du gazoduc Nordstream, décrié de ce côté-ci de l’Europe centrale et nordique.

En 2005, Gazprom a fourni à l'Europe occidentale 25 % de ses approvisionnements en gaz naturel.  Les États baltes et la Finlande sont dépendants à 100%, l'Autriche à 55%, l'Allemagne à 37%, la France à 21%. Le gaz en direction de l'Union européenne est transporté essentiellement via l'Ukraine (80 %) et le Belarus (10%).

On rappellera que Gazprom est la plus grosse entreprise de Russie, détenue à 50 % + 1 action par l’Etat. C’est la quatrième capitalisation boursière au monde, derrière Exxon Mobil, General Electric et Microsoft. Le Président de son conseil de direction, depuis Juin 2002, n’est autre que …… Dmitri Medvedev (ci-dessus), Président élu de la Fédération de Russie.