28 août 2009

La bourde d’or: Northstream

 

couronne_2.jpegLa bourde d’or nous est offerte aujourd’hui par le site EurActiv.com. Dans un article titré « La Lituanie en froid avec Nord Stream », on peut lire :

« Dalia Grybauskaitė {…} n’a pas caché son hostilité au projet de gazoduc Nord Stream, conçu pour amener le gaz russe directement en Allemagne en contournant l’Ukraine. ». (http://www.euractiv.com/fr/energie/lituanie-froid-nord-st...)

C’est sûr que ce n’est pas faux. Northstream contourne bien l’Ukraine. On peut dire aussi qu’il contourne l’Islande, le Kamtchatka, le Timor oriental, la Patagonie, etc.…… Mais, en passant sous la Baltique pour aller de Vyborg (Russie) à Greifswald (Allemagne), c’est surtout les Etats Baltes et la Pologne que le gazoduc Northstream va contourner (cf. carte in fine). On ne voit d’ailleurs pas ce qu’il irait faire en Ukraine pour amener en Allemagne du gaz du grand nord sibérien.

EurActiv est une entreprise britannique, média indépendant, dont la vocation est de compléter l'information fournie par les sites des institutions européennes. Elle se décrit comme réunissant « les compétences de professionnels dotés d’une expérience dans les affaires européennes, le journalisme, l’information et la communication ainsi que l’Internet ». On frémit s’ils n’étaient pas compétents……

Il n’y aurait donc pas que les Français qui soient nuls en géographie ?

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22 mai 2009

Une commission pour défendre la vision russe de l’histoire

russie.jpgDans une vidéo publiée sur son Blog le 8 Mai, le Président russe, Dmitry Medvedev a ordonné l’installation d’une commission spéciale, destinée à « contrer les tentatives de falsifications de l’histoire au détriment des intérêts de la Russie ».

Les Etats étrangers sont particulièrement visés. Les cas les plus saillants sont l’Ukraine, qui cherche à faire reconnaitre la famine de la période Stalinienne (l’Holodomor, en 1932-1933) comme génocide, et les Etats baltes qui demandent des compensations pour l’ « occupation » soviétique (les termes et les guillemets sont extraits de l’agence RIA-Novosti).

La commission, dirigée par le chef de l’administration Russe, Sergei Naryshkin, sera composée de 28 « experts » provenant de l’administration présidentielle, du service de sécurité fédéral (FSB, principal successeur du KGB), du service de renseignement international (SVR, lui aussi issu du KGB), de la Douma d’Etat, des archives, ainsi que des ministères des affaires étrangères, du développement régional, de la justice et de la culture.

On notera donc que, pour une commission chargée de statuer sur l’histoire, les historiens n’y sont apparemment pas en nombre. Certains pourraient alors être tentés de voir dans le but de cette commission, non pas la recherche de la vérité historique, mais la subordination de l’histoire aux besoins de l’exécutif russe actuel.

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20 octobre 2008

Economies baltes: aïe, aïe, aïe !

L’histoire commence plutôt bien. Le site internet du Baltic Course, reprenant les chiffres d’Eurostat (http://epp.eurostat.ec.europa.eu/pls/portal/docs/PAGE/PGP...) souligne le 17 Octobre que la Lituanie a enregistré la plus forte augmentation des exportations de toute l’Union Européenne : + 34 % pendant les 7 premiers mois de 2008, par rapport à la même période de 2007. Elle était suivie de la Bulgarie (+ 24 %) et de la République Tchèque (+ 21 %). La Lettonie est 6ème (+ 17 %) et l’Estonie 16ème (+ 6 %).

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Mais les importations augmentant également, les balances commerciales restent en déficit (période Janvier-Juillet 2008): Estonie – 1,5 milliards d’€, Lettonie – 2,4 mds d’€ et Lituanie – 3,1 mds d’€. On est toutefois loin des chiffres des grands pays, faisant le grand écart entre l’Allemagne (excédent de 116,9 mds d’€) et la Grande-Bretagne (déficit de 72,7 mds d’€).

Ça se gâte avec l’article du site Baltic Busineess News du 18 Octobre qui titre : « Les Etats Baltes pourraient avoir à faire face à une crise économique du style de celle de l’Islande » ! Car on peut être surpris qu’ici, tout au moins en Lituanie, la crise économique semble avoir eu la même attitude que le nuage de Tchernobyl en son temps, mais dans l’autre sens : elle s’est arrêtée à la frontière ! Il faut dire que la préoccupation majeure actuelle des politiciens lituaniens est d’assurer leur réélection au Parlement. Or, la Danske Bank et Capital Economics (un consultant en macro-économie basé à Londres) soulignent que les 3 Etats Baltes devraient particulièrement se méfier. Pour eux, les déficits des budgets courants, l’augmentation vertigineuse des crédits et les bulles économiques comme l’immobilier, pourraient entrainer (bien que ce ne soit pas certain) une récession, « comme en Islande ».   

 

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Or, et c’est la que ça devient « intéressant », qu’a fait l’Islande quand la crise l’a atteinte ?  Elle s’est tournée vers l’Union Européenne, à laquelle d’ailleurs elle semblait vouloir adhérer, comme vers une bouée de sauvetage. Mais c’est un euphémisme de dire qu’elle n’y a rencontré aucune sympathie, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas gelant même les avoirs des banques islandaises, après que celles-ci aient refusé de garantir les dépôts de leurs concitoyens.  

C’est alors que, telle Zorro, la Russie est arrivée promptement, proposant un prêt de 4 milliards d’€ ! Peut-on imaginer que l’Islande, membre de l’OTAN, et disposant donc d’un droit de veto, aille désormais à l’encontre des intérêts de son « bienfaiteur » ? Peut-on penser, comme certains l’ont déjà imaginé, que l’Islande puisse trouver un nouveau locataire pour la base aérienne de Keflavik, abandonnée par les Américains en 2006 ? Peut-on penser également que l’Islande puisse contrebalancer l’influence parfois  « inamicale » de la Suède vis-à-vis de la Russie au sein du Conseil Nordique ?

Je voulais juste montrer que la Russie n’a pas obligatoirement besoin d’envahir un pays pour en prendre le contrôle…… A méditer dans les Etats Baltes et surtout à Bruxelles.

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12 septembre 2008

Classement pour la facilité de faire des affaires

DB09_cover_french.gifLa Banque Mondiale édite chaque année un rapport « Doing business » dont l’objectif est de réunir les éléments nécessaires pour apprécier la réglementation des petites et moyennes entreprises et l’améliorer.

Le rapport 2009, portant sur 181 pays, reprend 10 types d’indicateurs : création d’entreprise, obtention de permis de construire, recrutement de personnel, transfert de propriété, obtention de crédit, protection des investisseurs, paiement des impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et fermeture d’une entreprise.

 

Le rapport complet (en Français) peut être consulté sur :

http://francais.doingbusiness.org/documents/DB2009_Overvi...

 

Ci-dessous, un extrait du classement 2009 pour la facilite de faire des affaires, mettant en exergue les bonnes places des Etats  Baltes (Légende : = stable, +1 en progression d’une place, – 4 en régression de 4 places, par rapport à 2008):

 

1 – Singapour   =

2 – Nouvelle Zélande   =

3 – Etats-Unis   =

4 – Hong Kong   =

5 – Danemark   =

22 – Estonie   - 4

28 – Lituanie   =

29 – Lettonie   - 3

31 – France   + 1

85 – Belarus   + 30

120 – Russie   - 8

181 – République Démocratique du Congo =

 

03 septembre 2008

Georgie: et maintenant?

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Poutine et Medvedev peuvent bien rigoler: le sommet de Bruxelles du 1er Septembre a accouché d’une souris. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que l’Elysée, présidant l’UE et contredisant son Ministre des Affaires Etrangères, annonçait avant la réunion qu’il n’y aurait pas de sanction prise contre la Russie ?!

Il est alarmant de constater à quel point, à l’exemple de cette agression contre la Géorgie, les observateurs occidentaux refusent de voir que la donne a changé et restent prisonniers d’analyses erronées. Ils persistent à rêver d’une Russie devenue paisible et démocratique, alors que tout indique que la restauration de son empire est depuis plusieurs années la priorité de Vladimir Poutine.  Celui-ci n’avait-il pas déclaré que la désintégration de l’URSS était « la pire catastrophe du XXème siècle ?

La pusillanimité de la « vieille Europe », confrontée à ce coup de force contre un pays ayant choisi de se rapprocher en 2003 de l’Occident, n’est pas sans rappeler les politiques d’apaisement face a Hitler et Staline. Tandis que l’Ouest angélique réduisait ses budgets militaires, l’ex-KGBiste Poutine augmentait celui de son pays ! Sait-on qu’il n’y a, au niveau de l’OTAN, aucun plan de défense des Etats Baltes, l’Organisation Atlantique ayant toujours expliqué qu’il n’y avait aucune menace réelle de ce côté-là ? Sait-on que, dans le tout récent livre blanc français sur la défense, il n’y a pas un mot sur la Russie ?   

Et maintenant ? Dmitri Medvedev a déclaré hier : «Pour nous, le régime actuel géorgien a fait faillite. Le président Mikheïl Saakachvili n'existe plus, c'est un cadavre politique», signifiant par là que l’objectif final restait l’élimination, d’une façon ou d’une autre, du Président géorgien démocratiquement élu.  

Mais, suivant les analystes de la « nouvelle Europe », la Russie continuera de vouloir corriger cette « erreur » que fut la désintégration de l’URSS. A qui donc le tour ?

L’Ukraine semble tenir la corde, avec une Crimée russophone, où la Russie entretient l’agitation depuis plusieurs mois, rappelant que le rattachement de la Crimée à l’Ukraine en 1954 était un cadeau de Khrouchtchev qu’il convenait de rectifier. En outre, on le sait, l’Ukraine est divisée entre un Est russophone et un Ouest occidentalisé. Surveillons de près l’éventuelle distribution de passeports russes en Crimée ; puisque même le Président Sarkozy a déclaré que la Russie avait le droit de protéger ses citoyens à l’étranger, pourquoi se gênerait-elle ?  

On ne peut pas, bien sûr, ne pas penser à la Moldavie, handicapée elle aussi par une république autoproclamée à caractère fortement mafieux, la Transnistrie (photo ci-dessous). Medvedev a d’ailleurs déclaré hier qu’il rencontrerait le « président » de cette Transnistrie ; afin de mettre sur pied la stratégie de reconquête ?  (Pour l’anecdote, on notera que, lors de « l'élection  présidentielle de 2001 », le dit-« président » Smirnov avait obtenu 103,6 % des voix dans le nord de la République……).

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Les Etats Baltes sont eux aussi inquiets. Ils pressent l’OTAN d’établir un plan de défense de leur zone. Mais l’OTAN voudra-t-elle se battre pour les Baltes ? Rien n’est moins sûr, quand on voit qu’à Bruxelles, le ravitaillement en gaz l’a emporté sur la morale pour ne pas sanctionner la Russie. Les démocraties ont une fois de plus oublié que « ce ne sont pas les cadeaux qui font changer, mais au contraire c’est la fermeté ».  

Paranoïaque ? J’espère que l’avenir me donnera tort. Mais je n’y crois pas trop.  

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19 août 2008

Géorgie. Et maintenant, à qui le tour?

800px-Flag_of_Georgia.svg.pngAu moment où j’écris ces lignes (mardi 19 Aout matin), il semblerait que les troupes russes soient loin de se retirer de Géorgie, ce qui était prévu hier 18 Aout, contrairement non seulement au plan français de cessez-le-feu mais aussi à leurs propres dires. Pied de nez au Président Sarkozy. Mais aussi double langage, quand on voit que, d’un côté, le Président Medvedev annonce le 18 Aout que le retrait des troupes russes a commencé, et que de l’autre les soldats russes sur le terrain reconnaissent qu’il n’est pas question de partir, ce qui est confirmé dans les faits.

Mais essayons malgré tout de tirer les conséquences pour l’avenir de cette agression russe.

Tout d’abord, soyons clair. Comme je l’ai déjà écrit, il s’avère que les Russes ont préparé cette opération bien avant l’attaque géorgienne, en fait depuis la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo et surtout depuis le sommet de l’OTAN à Bucarest. Un ancien chef d’état-major de l’armée russe avait alors déclaré que la Russie se réservait le droit d’utiliser ses forces armées si les anciens satellites de l’URSS entraient dans l’OTAN. Puis les troupes des chemins de fer russes ont été déployées en Abkhazie pour remettre en état le réseau ferré (les chars russes se déplaçant sur de longues distances par le train). Par la suite le pilonnage de villages géorgiens par les Ossètes a initié une série de provocations. Enfin, des unités russes ont quitté leur cantonnement de Tchétchénie le 5 Aout, soit deux jours avant l’attaque géorgienne.

N’oublions pas une intense propagande, notamment à travers la chaine d’Etat diffusée par satellite dans le monde entier, RTR Planeta, passant en boucle les mêmes images sous le titre de « Nettoyage ethnique », puis « Catastrophe humanitaire », piégeant l’ouest avec son propre vocabulaire. Ou encore des cyber attaques contre des sites officiels géorgiens, toutes choses qui ne s’improvisent pas en 5 minutes si on est surpris.  

En intervenant le 7 Aout, le Président Saakachvili pensait surtout aller bloquer la sortie du tunnel de Roki, à l’entrée duquel les chars russes étaient déjà massés, de l’autre côté de la frontière. Mais l’armée géorgienne n’a pas été assez rapide.

L’armée russe a-t-elle pour autant rempli son objectif ? Le but de Vladimir Poutine (ne parlons pas de Dmitri Medvedev qui ne semble pas vraiment être le leader dans cette affaire) était d’empêcher la Géorgie d’entrer dans l’OTAN, de détruire l’armée géorgienne et le régime actuel, et notamment son Président (NB : des missiles Totchka, capables d’atteindre Tbilissi, auraient été installés en Ossétie du sud). Mais aussi, il s’agissait d’un message d’avertissement adressé aux autres Etats de l’ex-sphère d’influence de la Russie / URSS.  

Or, que voit-on ? Cinq chefs d’Etat (3 Baltes, le Polonais et l’Ukrainien) à Tbilissi apportant leur soutien au Président Saakachvili, au mépris des risques potentiels. La chancelière allemande (que n’a-t-elle dit la même chose à Bucarest ?!) déclarant que « la Géorgie sera un membre de l’OTAN si elle le souhaite, et justement elle le souhaite ». Les Polonais, jusque là hésitants, signant l’accord pour l’installation des missiles du bouclier antimissiles sur leur territoire, accord renforcé par une garantie d’intervention américaine rapide, au cas où…… Sous l’impulsion de ses membres de l’est, qui semblent bien décidés à ne plus « se faire avoir » comme à Bucarest, il semble bien que la « vieille Europe » soit bien obligé de reconnaitre le caractère impérialiste de la nouvelle Russie.

Car, n’en doutons pas, la Géorgie est un ballon d’essai. « Si l’Occident avale la pilule géorgienne et pardonne à la Russie la guerre géorgienne, déclarait un analyste russe, l’invasion de l’Ukraine ne sera qu’une question de temps ».

L’Ukraine est stratégiquement importante pour la Russie. Le gaz et le pétrole russe à destination de l’Ouest y transitent. Par un accord qui expire en 2017, Sébastopol est le port d’attache de la flotte russe de la Mer Noire. Mais surtout, non membre de l’OTAN ni de l’UE, le pays est divisé entre l’ouest (ancienne République Polono-lituanienne) pro-occidental et l’est pro-russe. Enfin, même le clan pro-occidental est perpétuellement divisé entre le Président Viktor Yuschenko et le Premier ministre Yulia Tymoshenko. Ce qui pourrait en faire un objectif relativement facile pour l’armée russe.  

Mais même les Etats Baltes, notamment l’Estonie et la Lettonie, membres de l’OTAN et de l’UE, ne se sentent pas pour autant à l’abri. Abritant d’importantes minorités russes, ils redoutent que Moscou ne répète le scenario de l’Ossétie du Sud en accordant des passeports russes à cette minorité, pour intervenir par la suite au nom de la protection de ses ressortissants. Au passage, on notera que la Russie vient de décider de rééquiper sa flotte de la Baltique avec des ogives nucléaires. Pensez-vous que l’OTAN, et notamment les Européens, soient prêts à sacrifier leur pétrole ou leur gaz pour défendre Narva ou Daugavpils ?

La Russie teste. Elle ira aussi loin que le permettra l’Occident. Ne le permettons pas !   

(Je sais bien qu’on va encore dire que je suis parano ! Mais je me souviens du début de la devise de la Force d’Action Rapide, où j’ai servi pendant 3 ans : « Face à l’impossible, c’est-a-dire au probable…… »)

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