09 novembre 2009
La bourde du jour … va aux antipodes !
La bourde du jour a été relevée sur le site internet australien WAtoday.com, dans un article du 1er Novembre : « Dollar each way on the future » :
“Falling turnover and rising unemployment in countries that have recently joined the euro zone - Latvia, Poland, Hungary, Ukraine and Estonia - would put pressure on businesses and households to repay loans, Mr Wood said.”
Traduction de ce qui est surligné: « … dans les pays qui ont rejoint récemment la zone euro : Lettonie, Pologne, Hongrie, Ukraine et Estonie … ». Or, aucun de ces pays n’est membre de la zone euro ! De plus, l’Ukraine n’est même pas membre de l’Union Européenne. On notera que le Mr Wood dont il est question est un stratège des marchés des changes du groupe Forex. Va-t-il le rester longtemps ?
Allez, on dira que c’est la faute du journaliste qui a mal compris ! C’est si loin l’Europe vue d’Australie ! Une petite carte de la zone euro pour aider ?
10:07 Publié dans La bourde d'or | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euro, lettonie, estonie, pologne
06 novembre 2009
Chute du mur de Berlin (1) : chronologie élargie
Dans l’inconscient populaire occidental, et même dans certains medias, la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 a été un évènement spectaculaire et unique, qui a marqué la fin du communisme en Europe. Il n’en est évidemment rien. Ce ne fut en fait qu’une étape, sans doute la plus médiatisée, dans la lente dislocation des régimes communistes d’Europe de l’est.
Le but de cette série de posts est de montrer le processus de cette dislocation et le rôle de chacun dans ce processus. Tout d’abord, retour sur une chronologie éminemment subjective.
7 0ctobre 1949 : après le blocus de Berlin-Ouest par les soviétiques, la Loi fondamentale de la République Fédérale d’Allemagne est proclamée le 23 Mai 1949. Le 7 Octobre, la division est-ouest se renforce avec l’entrée en vigueur de la Constitution de la République Démocratique Allemande (RDA).
16-17 Juin 1953 : insurrection ouvrière à Berlin-Est puis dans toute la RDA. Répression par l’armée soviétique et la police est-allemande.
28 Juin 1956 : insurrection ouvrière à Poznań (Pologne). Répression par l’armée polonaise, sur ordre des soviétiques.
23 Octobre 1956 : insurrection spontanée de Budapest (Hongrie). Répression par l’armée soviétique.
12-13 Aout 1961 : début de la construction du mur de Berlin (Walter Ulbricht, en accord avec Khrouchtchev).
5 Janvier 1968 : arrivée au pouvoir en Tchécoslovaquie du réformateur Alexander Dubček : printemps de Prague. Répression à partir du 21 Aout 1968 par les troupes du pacte de Varsovie. 16 Janvier 1969 : immolation par le feu de l’étudiant Jan Palach.
14 Mai 1972 : l’étudiant lituanien Romas Kalanta s’immole par le feu à Kaunas (Lituanie) pour protester contre l'oppression de l'occupant soviétique envers la langue et la culture lituaniennes.
16 Octobre 1978 : le cardinal polonais Karol Józef Wojtyła devient Pape sous le nom de Jean-Paul II. Premier voyage en Pologne du 2 au 10 Juin 1979.
31 Aout 1980 : création en Pologne de la fédération de syndicats Solidarność, dirigée à l'origine par Lech Wałęsa. Des grèves nationales en 1988 forcent le gouvernement du général Jaruzelski à ouvrir le dialogue avec Solidarność. Le mouvement est légalisé le 17 Avril 1989 et peut participer aux élections.
15 mars 1985 : élection de Mikhaïl Gorbatchev au Plénum du Comité Central du Parti communiste d’Union soviétique.
23 Aout 1987 : première manifestation en Lituanie contre l’occupation soviétique, devant le monument d'Adomas Mickevičius à Vilnius. A Riga (Lettonie), entre 7 et 10 000 personnes déposent des fleurs au Monument de la Liberté.
16 juin 1989 : 250 000 personnes assistent au transfert de la tombe de Imre Nagy, ex-Premier Ministre hongrois, martyr de la révolution de 1956. Cette date est considérée comme un tournant symbolique dans le changement de régime en Hongrie.
27 juin 1989 : les ministres des Affaires extérieures d’Autriche et de Hongrie coupent les barbelés séparant la frontière à Sankt Margarethen / Sopronkohida (Autriche/Hongrie).
23 Aout 1989 : Voie balte. 2 millions de Lituaniens, Lettons et Estoniens forment une chaine humaine de deux millions de personnes entre Vilnius, Riga et Tallinn pour protester contre l’occupation soviétique.
24 Aout 1989 : Tadeusz Mazowiecki devient Premier Ministre polonais, après que Solidarność ait gagné 99 des 100 sièges au Sénat et tous les sièges à la Sejm (161).
10 Septembre 1989 : création de « Neues Forum » en RDA. Avec l’Eglise protestante, c’est le principal mouvement réclamant des réformes démocratiques. Première grande manifestation à Leipzig le 25 Septembre 1989.
7 Octobre 1989 : en visite à Berlin-Est, Mikhaïl Gorbatchev « lâche » le régime est-allemand
4 Novembre 1989 : manifestation d’un million de personnes sur l’Alexander Platz à Berlin-Est
9 Novembre 1989 : ouverture du mur de Berlin
10 novembre 1989 : décret du Soviet suprême d'URSS déclarant les déclarations estonienne, lettone, lithuanienne et azéri sur la prééminence des lois des Républiques sur les lois de l'URSS en contradiction avec la Constitution et donc nulles et non avenues.
30 Novembre 1989 : ouverture des frontières entre la Tchécoslovaquie et l’Autriche.
21 – 25 Décembre 1989 : révolution sanglante en Roumanie
11 mars 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de la Lituanie. A partir du 18 Avril, l’URSS impose un blocus économique à la Lituanie.
30 mars 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de l'Estonie avec une période de transition.
4 mai 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de la Lettonie avec une période de transition.
13 Janvier 1991 : alors que le monde a les yeux tournés vers Bagdad (première guerre du Golfe), les forces spéciales soviétiques donnent l’assaut à Vilnius (Lituanie) contre la télévision et le Parlement et font 14 morts et plus de 300 blessés civils.
20 Janvier 1991 : attaque du Ministère de l'intérieur à Riga (Lettonie) par les OMON: 6 morts et 10 blessés.
31 juillet 1991 : 7 gardes frontières du poste de douane de Medininkai (Lituanie) sont tués. Tout porte à croire que c'est le fait des OMON de Riga. Ce seront les derniers morts victimes de l’URSS de M. Gorbatchev.
19-21 Aout 1991 : échec du putsch de Moscou. Gorbatchev démissionne de son poste de Secrétaire général du parti communiste. En Septembre, l’URSS reconnait l’indépendance des Etats Baltes.
25 Décembre 1991 : Gorbatchev démissionne de son poste de président soviétique, 4 jours après que les représentants de onze républiques soviétiques (absents les 3 Républiques baltes et la Géorgie) aient constaté le décès de l'URSS à Alma-Ata, au Kazakhstan. L'Union soviétique cesse d'exister.
26 Avril 2005 : le Président russe Vladimir Poutine déplore la disparition de l'Union Soviétique, en déclarant au cours d'un discours devant le Parlement que c'était "la plus grande catastrophe géopolitique du siècle".
On a donc vu que l’ouverture du mur de Berlin n’a été qu’un épisode de la décomposition de l’empire soviétique, souvent sous la pression des peuples opprimés. Mais aussi, on a vu que l’URSS a encore continué à tuer après le 9 Novembre 1989. Toutefois, avec la chute du mur, ne sont-ce pas aussi nos défenses qui sont tombées ? Qui s’inquiète en effet des déclarations et des actes de Vladimir Poutine, réhabilitant Staline et l’URSS ?
(A suivre)
11:09 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : mur, berlin, urss, rda, lituanie, lettonie, estonie
05 novembre 2009
Les Français aujourd’hui dans les Etats Baltes
Le numéro de Septembre-Octobre 2009 (reçu aujourd’hui……) de « La voix de France », le magazine de l’Union des Français de l’Etranger) fait le point des Français inscrits dans les Consulats au registre des Français à l’étranger, au 31 Décembre 2008. Ces chiffres ne représentent pas le chiffre réel des Français à l’étranger, certains n’éprouvant pas le besoin, voire ne voulant pas s’inscrire. Ils donnent toutefois une idée très représentative.
En 2008 donc, il y avait 1 427 046 Français inscrits dans les Consulats. Ce chiffre est en progression.
Les pays où les Français sont les plus nombreux sont : la Suisse (138 349), suivie des Etats-Unis (117 076), de la Grande-Bretagne (112 660) et l’Allemagne (106 842).
Il n’y a aucune commune mesure en ce qui concerne les Etats Baltes :
# En Lituanie, les Français étaient 289, chiffre en progression (2007 : 245 – 2006 : 230)
# En Lettonie, le chiffre stagne : 190 en 2008, 186 en 2007, 190 en 2006
# En Estonie, le chiffre stagne également, voire diminue : 138 en 2008, 138 en 2007, 146 en 2006.
En Europe, le pays où l’on enregistre le moins de ressortissants français est la Moldavie (65), suivie du Belarus (82). A l’opposée, derrière la Suisse, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, on trouve dans l’ordre la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, etc.…… L’Europe occidentale représente d’ailleurs un peu moins de 50 % des expatriations (698 644).
Sur un plan des régions, l’Europe de l’est est d’ailleurs la région du monde où l’on enregistre le moins de Français (25 808), devant quand même l’Afrique non francophone (16 602).
Tout ceci est donc bien peu aventureux. 35,5 % des Français interrogés déclarent d’ailleurs travailler à l’étranger au service de leur administration.
18:32 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : francais, lituanie, lettonie, estonie, expatriation
08 octobre 2009
Le PIB lituanien en chute libre
Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique qui mesure le niveau de production d'un pays. Il est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et des services dans un pays donné au cours d'une période donnée.
Eurostat est le Bureau des Statistiques des Communautés Européennes. Sa mission est de fournir à l’Union Européenne des statistiques qui permettent des comparaisons entre les Etats et les régions européens. La « livraison » du 7 octobre 2009 (144/2009) concerne les variations des PIB nationaux.
Si l’on compare les variations des PIB au 2ème trimestre 2009 par rapport au 1er trimestre 2009, c’est la Lituanie qui effectue la chute la plus spectaculaire :
Lituanie – 9,8 %
Estonie - 3,4 %
Danemark - 2,6 %
Finlande - 2,6 %
La Lettonie n’enregistre une chute « que » de - 0,8 %. Parmi les Etats en progression, la tête est prise par la Slovaquie (+ 2,2 %), suivie de la Slovénie (+ 0,7 %) et de la Pologne (+ 0,5 %). La France, avec + 0,3 %, est parmi les « bons élèves ».
Si l’on compare les variations des PIB au 2ème trimestre 2009 par rapport au 2ème trimestre 2008, c’est toujours la Lituanie qui a la plus grosse chute, devant les deux autres Etats Baltes:
Lituanie - 20,4 %
Lettonie - 17,3 %
Estonie - 16,1 %
Sur un an, seule la Pologne a progressé (+ 1,4 %). La France a enregistré une baisse de – 2,8 %.
Le rapport complet peut être consulté sur http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-07102...
10:43 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pib, crise, lituanie, lettonie, estonie
29 septembre 2009
Le chômage en Europe ... et ailleurs
S’il n’y avait l’Espagne, les trois Etats Baltes trusteraient un podium peu enviable : celui du chômage en Europe.
Voici quelques chiffres-repères, portant sur Juillet 2009, publiés par Eurostat et relayés par le magazine « Veidas » du 28 Septembre (pourcentage de sans-emplois, par rapport au nombre de gens en âge de travailler). NB : la liste des Etats de l’UE n’est évidemment pas exhaustive.
Espagne 18,5 %
Lettonie 17,4 %
Lituanie 16,7 %
Estonie 13,3 %
France 9,8 %
Etats-Unis 9,4 %
Grande-Bretagne 7,8 %
Allemagne 7,7 %
Autriche 4,4 %
Pays-Bas 3,4 %
Norvège 3,0 %
09:26 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chomage, ue, estonie, lettonie, lituanie
27 septembre 2009
La bourde du jour: le Maroc aussi !
La bourde du jour nous vient cette fois du site internet du quotidien marocain « Le matin » : http://www.lematin.ma/Actualite/Express/Article.asp?id=12...
A la fin d’un article consacré aux entretiens que le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi Fihri, a eus à l’issue de la 64ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU, on peut lire :
« En marge de ces entretiens, M. Fassi Fihri a signé un accord pour la promotion et la protection réciproque des investissements avec son homologue lithuanien, Urmas Paet. »
Un œil averti aura remarqué que le Ministre des Affaires Etrangères lituanien est, depuis le 9 Décembre 2008, M. Vygaudas Ušackas (ci-dessous avec son homologue américain, Hillary Clinton).
M. Urmas Paet (ci-dessous), lui, est Ministre des Affaires Etrangères estonien depuis le 13 Avril 2005, après avoir été Ministre de la Culture de 2003 à 2005.
On pardonnera à nos amis marocains car, vu de Rabat, Lituanie ou Estonie, c’est très au nord …… Mais, comme Pierre M. qui m’a signalé cette bourde, restons vigilants pour que les medias, d’où qu’ils soient, arrêtent de nous raconter n’importe quoi au sujet des Etats Baltes.
04:57 Publié dans La bourde d'or | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bourde, lituanie, estonie, maroc
25 août 2009
Alors, elle vient cette centrale ?!
S’étant réunis à l’occasion des commémorations de la Voie Balte, les trois Premiers Ministres baltes, Andrus Ansip (Estonie), Valdis Dombrovskis (Lettonie) et Andrius Kubilius (Lituanie) ont réaffirmé leur unité pour continuer à préserver la mémoire historique.
Ils ont profité de leur réunion à Nida pour confirmer leur attachement à la construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Ignalina. Mais là, il y a eu quelques bémols à l’unanimité. Tout en réaffirmant que l’Estonie voulait participer au projet, Andrus Ansip a souligné qu’il avait parfois l’impression qu’{ils} perdaient leur temps et qu’il y avait tellement urgence que ce n’était pas le moment de tergiverser! Valdis Dombrovskis a, quant à lui, déclaré que la Lettonie n’avait pas l’intention d’abandonner le projet, ce qui est une nuance dans l’enthousiasme ……
Andrius Kublilius a essayé de calmer ses collègues en certifiant que le business plan, étudié par la société « N M Rothschild & Sons », serait prêt en Décembre. Tiens, Décembre c’est là où Ignalina I doit fermer …… Il a dû toutefois concéder qu’Ignalina II ne serait opérationnelle qu’à partir de 2018 – 2019, et non plus 2015 comme encore annoncé officiellement il y a peu.
On rappellera que la Russie a annoncé qu’elle prévoyait de construire à l’horizon 2015 deux centrales nucléaires, une à Kaliningrad et une autre au Belarus, toutes les deux à quelques kilomètres de la frontière lituanienne.
09:10 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, lettonie, estonie, ignalina, nucleaire
18 août 2009
Les Etats Baltes et la crise: le point
Alors que les PIB de la France et de l’Allemagne ont ré-augmenté au 2ème trimestre 2009 (+ 0,3 %), que les économies des Etats-Unis et du Japon semblent se remettre, qu’en est-il des Etats Baltes ?
Côté PIB, toujours au 2ème trimestre, c’est au contraire la chute libre :
# Estonie : - 16,6 %
# Lettonie : - 19,6 %
# Lituanie : - 22,4 %
Bien évidemment, le chômage, qui était proche de zéro il y a encore quelques mois, progresse dans la mesure où les firmes produisent moins (NB : les chiffres ci-dessous sont des estimations d’Eurostat, supérieures à celles fournies par les Etats):
# Lituanie : 15,8 %
# Estonie : 17,0 %
# Lettonie : 17, 2 %
Les chiffres montrent que la chute de l’économie est concentrée dans trois secteurs : la production industrielle, la construction et le commerce de détail. Ce qui explique la plus grande chute du PIB en Lituanie en 2009, la production industrielle représentant 25 % de son PIB, contre 20 % en Estonie et 15 % en Lettonie, laquelle subit pourtant une crise financière plus sévère. On note par ailleurs un assèchement des afflux de capitaux étrangers.
Quand s’arrêtera cette spirale ? Cela dépend de la reprise de l’activité chez les partenaires occidentaux des Etats Baltes, et donc d’une de ses conséquences, la reprise des exportations des Baltes. Mais cette reprise doit être confirmée dans la deuxième partie de 2009 avant de faire preuve d’optimisme.
En attendant, les boutiques continueront de fermer, les restaurant de se vider et le chômage de progresser. Avec des conséquences sociales qui ne sont pas à exclure. Mais, contrairement a ce que certains medias occidentaux voudraient faire croire, les rues ne sont pas remplies de mendiants et il n’y a pas des émeutes toutes les semaines……
D’après RGE Monitor.
16:00 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, lettonie, estonie, crise
27 avril 2009
Rencontre des Premiers Ministres baltes sur l’énergie
Les premiers Ministres letton (Valdis Dombrovskis – 1ère photo ci-dessous) et estonien (Andrus Ansip – 2ème photo) sont arrivés hier soir à Vilnius pour rencontrer leur homologue lituanien, Andrius Kubilius.
Ils participeront aujourd’hui à une table ronde sur « Le marché commun baltique de l’énergie et l’intégration au marché européen ». Participeront également les ministres de l’économie baltes, polonais, suédois et finlandais, les directeurs des compagnies d’énergie des mêmes pays, et des représentants de la Commission Européenne.
Encore une table ronde sur l’énergie me dira-t-on ! Et l’on n’aura pas tort ……
Alors que le deuxième (et dernier réacteur) de la centrale nucléaire d’Ignalina va fermer dans 8 mois, et que le Ministère de l’Environnement lituanien vient de donner son accord, après étude d’impact, à l’installation d’une nouvelle centrale à Visaginas, la part de production qui reviendra à chacun n’est apparemment toujours pas déterminée et les appels d’offre ne sont pas encore lancés.
En ce qui concerne les ponts électriques, d’une part entre la Lituanie et la Pologne, d’autre part entre la Suède et la Lettonie ou la Lituanie, tout semble au point mort. Cela fait notamment plus de six mois que la Lettonie et la Lituanie se disputent à qui sera le point d’arrivée du pont électrique venant de Suède !
Alors, certes, il faut se réunir, mais ne pas faire que ca ! Il faut prendre des décisions et agir. Espérons donc que cette réunion soit la dernière et que bientôt les pelleteuses vont entrer en action. Car, pendant ce temps-la, « Northstream » avance ……
M’auraient-ils entendu? En tout état de cause, les trois Premiers Ministres se sont mis d’accord cet après-midi pour que pont électrique en provenance de la Suède arrive en …… Lituanie.
08:57 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, lituanie, lettonie, estonie, ignalina
16 mars 2009
Relents de guerre froide
On me traitre régulièrement de Russophobe ce qui, j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, est un contre-sens. On ajoute parfois, avec un clin d’œil plein de sous-entendus, que je vois encore le KGB partout ! A ceux qui sont sceptiques, voici donc trois exemples de faits concrets qui montrent que la guerre froide ne vient pas uniquement de là où ils voudraient le faire croire.
Premier exemple. Le 21 Septembre 2008, un citoyen estonien, Herman Simm, 61 ans, a été arrêté pour suspicion d’espionnage au profit de la Russie. Classique direz-vous. Sauf qu’Herman Simm était l’ancien directeur général du Département de la Police et ancien chef du Service de Sécurité au Ministère de la Défense d’Estonie. A ce titre, il organisait et coordonnait la protection des secrets d’état et participait aux négociations internationales avec l’UE et l’OTAN pour le contrôle des systèmes de sécurité des pays membres. Simm aurait transmis pendant 12 ans près de 3000 documents au SVR (Service des renseignements extérieurs de Russie). Il a plaidé coupable et a écopé le 25 Février 2009 de 12 ans ½ de prison.
Deuxième exemple, toujours en Estonie. On se souvient des troubles qui avaient accompagné le démontage (et non pas la destruction comme on le dit à l’envi sur les medias russes) en 2007 d’un monument à la gloire de l’armée soviétique, dit « soldat de bronze », et parmi eux de cyber attaques. L’Estonie, l’un des pays les plus connectés d’Europe, avait vu ses sites officiels (ministères, banques, medias) tomber les uns après les autres sous les coups de boutoir d’ordinateurs « zombis » pilotés à distance. L’Estonie avait présumé que ces attaques venaient du voisin russe, mais celui-ci avait démenti ces allégations.
Aujourd’hui, un dénommé Konstantin Goloskokov, 22 ans, activiste du groupe des jeunesses « poutiniennes » Nashi, témoigne qu’il était au centre des attaques. Il explique : « Ce que nous avons fait s’apparente plus à de la désobéissance civile, ce qui à mon sens est légal ». Il récuse avoir reçu toute aide des autorités russes. Celles-ci, préférant adopter une attitude réservée face à ces révélations, expliquent que le gouvernement estonien discriminait les populations russophones du pays. L’habituel refrain mais qui, dans ce cas, montre que les Russes n’étaient pas – au moins – mécontents de ce qui était arrivé à l’Estonie.
Troisième exemple. Ce 14 Mars, le General Anatoli Jikharev, chef d’Etat-major des forces aériennes stratégiques russes, a déclaré que la Russie pourrait utiliser des bases à Cuba pour les missions de ses bombardiers stratégiques. Les bonnes âmes diront que c’est en réponse à la « menace » créée par le déploiement potentiel du système ABM en Pologne et en République Tchèque. Point de détail, comme je l’ai déjà écrit : les missiles américains sont à tête inerte alors que les bombardiers de type Tu-160 et Tu-95MS sont normalement porteurs d’armement nucléaire. Un General américain, Norton Schwartz, a d’ailleurs déclaré que la Russie franchirait une «ligne rouge, pour les Etats-Unis» si elle décidait de faire stationner des bombardiers stratégiques à Cuba.
Voilà qui n’est pas sans rappeler (pour les moins jeunes) la crise des missiles de Cuba d’Octobre 1962 où Khrouchtchev avait conditionné le retrait de ses missiles à celui des fusées PGM-19 Jupiter américaines installées en Turquie.
On pourrait parler également de la construction par les Russes de bases militaires en Abkhazie et en Ossétie du Sud, en violation de l’accord de cessez-le-feu d’Aout 2008. L’Union Européenne s’est dite préoccupée …… (RIA-Novosti du 5 Février 2009). Ou du député LDPR Andreï Lougovoï, poursuivi pour meurtre par la justice britannique qui le soupçonne d’être l’assassin d’Alexandre Litvinenko, qui convoite le fauteuil de maire de Sotchi, organisatrice des JO d’hiver de 2014. Lequel Lougovoï se dit prêt à se rendre à Londres pour profiter de l’expérience de cette ville en matière de Jeux Olympiques (NB : il bénéficie désormais de l’immunité parlementaire). Si ce n’est pas de la provocation, ça y ressemble pas mal …… (RIA-Novosti du 13 Mars).
Alors, il serait peut-être bon de ne pas être trop naïf et de croire que le monde est encore manichéen, avec d’un côté les méchants Américains et de l’autre les gentils Russes ……
10:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : russie, estonie, cyberattaques, cuba, lugovoi

















