26 septembre 2008
Les espions qui venaient du froid
Certains en doutent, car pour eux la Russie ne peut être qu’une victime humiliée. Mais c’est un truisme de dire que les services de renseignement russes sont très présents en Europe, notamment à l’est. Voici quelques exemples choisis récents.
Le Président du Mejlis (= Parlement) du peuple tatar de Crimée (Ukraine), député de la Rada suprême ukrainienne, Mustafa Dzhemilev, a attiré l’attention, dans une interview au magazine Kontrakty, sur le fait que la Russie aurait déjà donné passeport et citoyenneté russe à 200 000 habitants de la presqu’ile de Crimée, suivant une procédure ultra rapide. Quand on sait qu’il y a environ 2 millions d’habitants en Crimée, ce n’est pas rien. Et l’on se souvient que c’est au nom de la protection de ses ressortissants que la Russie était intervenue en Géorgie, notamment en Ossétie du sud. On s’accorde généralement d’ailleurs pour dire que la Crimée pourrait être le prochain théâtre de l’expansion russe.
En Estonie, l’ancien chef du département de la sécurité du Ministère de la défense, Herman Simm, a été arrêté le 21 Septembre. Il est accusé, ainsi que sa femme, d’avoir rassemblé illégalement des informations classifiées et de les avoir transmises à la Russie. Il se pourrait même que ce qui est qualifie de trahison ait pu également se faire au détriment de pays de l’UE et de l’OTAN. C’est la première fois, depuis son retour à l’indépendance en 1991, que l’Estonie identifie un espion.
Par ailleurs, le rapport annuel du Service de sécurité et de renseignement tchèque, publié ce 25 Septembre, fait état de tentatives des services de renseignements russes pour contacter et infiltrer les structures de la société civile, de la politique et des medias qui exercent une influence sur l’opinion publique. Ils soulignent que « les activités d’espionnage russes en République Tchèque atteignent actuellement une intensité particulièrement élevée ». Ces activités sont évidemment liées à l’accord, signé récemment entre Prague et Washington, sur l’installation d’un radar du système anti-missiles américain. Quand on sait que cet accord doit être ratifié par le Parlement tchèque, où le vote s’annonce serré, il peut être intéressant de manipuler l’opinion publique.
Enfin, les mêmes services tchèques soulignent qu’à un échelon plus large, l’objectif des services russes est « de créer l’impression qu’on assiste en Europe à une réhabilitation du nazisme et à une négation du rôle de l’URSS lors de la défaite du nazisme, ce sous le patronage de l’UE et de l’OTAN ». Ceux qui, comme moi, sont de fideles lecteurs de l’agence de presse RIA-Novosti (« la voix de son maitre du Kremlin) savent que ce n’est pas nouveau et que c’est même récurrent depuis 2005 (60ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale). C’est assez gros, mais ça passe quand même chez certains.

10:11 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : russie, espions






