02 décembre 2009
La fermeture d’Ignalina, et après?
Le 31 Décembre 2009, à 23H locales, le deuxième réacteur de la centrale nucléaire d’Ignalina sera arrêté, conformément aux exigences de l’Union Européenne qui en avait fait la condition sine qua non pour l’entrée de la Lituanie dans l’UE en 2004 (le premier réacteur a été désactivé le 31 Décembre 2004). Cela veut-il dire qu’à partir du 31 Décembre soir nous nous chaufferons et nous nous éclairerons à la bougie ? Coup de projecteur (avec ampoule à basse consommation) sur un avenir proche.
Ignalina produit actuellement 80% de la consommation électrique de la Lituanie, alors que les exportations (les 20 % restant) vont principalement vers l’Estonie (45 %) et la Lettonie (23 %).
Aujourd’hui, la Lituanie est une ile énergétique, toujours uniquement reliée au réseau électrique de l’ex-Union soviétique. Le seul câble amenant de l’électricité de l’Union Européenne vers les Etats Baltes est, depuis 2 ans, l’Estlink, entre Helsinki (Finlande) et Tallinn (Estonie). Un câble de 440 km entre la Suède et la Lituanie (NorBalt) est prévu en 2016 et un autre entre la Pologne et la Lituanie … dans un certain temps.
Suite à une rencontre récente entre les Présidents Dalia Grybauskaitė et Viktor Iouchtchenko (ci-dessous), l’Ukraine s’est engagée à fournir de l’électricité à la Lituanie dès Janvier 2010. Point de détail : les livraisons devant transiter par le Belarus, le problème de l’augmentation des capacités de transit de ce pays doit encore être réglé.
A partir du 1er Janvier, la solution principale sera donc d’importer de l’électricité de Russie et de faire tourner à fond les centrales thermiques avec du gaz provenant de … Russie.
Pour le consommateur, le prix du kilowattheure (kWh) d’électricité devrait passer, d’après le Ministre de l’Energie, de 0,358 Litas à 0,449 Litas, soit une augmentation de 28 %.
En ce qui concerne le gaz, le prix du m3 devrait passer de 1,82 à 1,87 Litas (pour une consommation inferieure à 500 m3), sachant que prix de vente par la Russie peut s’avérer … fluctuant.
Bonne nouvelle : General Electric va participer à l’agrandissement de la centrale alimentée au gaz d’Elektrenai, l’équipant d’une turbine Frame 9FB qui produit plus d’énergie avec moins de combustible. Entrée en service prévue au second semestre … 2012 pour alimenter 900 000 foyers dans la région.
On rappellera que les négociations d’adhésion de la Lituanie à l’UE ont débuté en Février 2000. Mais la Lituanie ne pense lancer l’appel d’offre, pour trouver un investisseur stratégique pour sa nouvelle centrale électrique Ignalina II, qu’au cours de ce mois de Décembre 2009, avec possible signature de l’accord dans la deuxième partie de 2010. On soulignera que la capacité de la nouvelle centrale nucléaire n’est toujours pas fixée. La centrale sera-t-elle opérationnelle en 2018 – 2020 ?
Enfin, au risque de me répéter, il ne semble pas qu’en Lituanie les économies d’énergie (même si des campagnes font leur apparition) ou les énergies renouvelables soient déjà des sujets très porteurs.
10:17 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, energie, ignalina, elektrenai, electricite, gaz
27 avril 2009
Rencontre des Premiers Ministres baltes sur l’énergie
Les premiers Ministres letton (Valdis Dombrovskis – 1ère photo ci-dessous) et estonien (Andrus Ansip – 2ème photo) sont arrivés hier soir à Vilnius pour rencontrer leur homologue lituanien, Andrius Kubilius.
Ils participeront aujourd’hui à une table ronde sur « Le marché commun baltique de l’énergie et l’intégration au marché européen ». Participeront également les ministres de l’économie baltes, polonais, suédois et finlandais, les directeurs des compagnies d’énergie des mêmes pays, et des représentants de la Commission Européenne.
Encore une table ronde sur l’énergie me dira-t-on ! Et l’on n’aura pas tort ……
Alors que le deuxième (et dernier réacteur) de la centrale nucléaire d’Ignalina va fermer dans 8 mois, et que le Ministère de l’Environnement lituanien vient de donner son accord, après étude d’impact, à l’installation d’une nouvelle centrale à Visaginas, la part de production qui reviendra à chacun n’est apparemment toujours pas déterminée et les appels d’offre ne sont pas encore lancés.
En ce qui concerne les ponts électriques, d’une part entre la Lituanie et la Pologne, d’autre part entre la Suède et la Lettonie ou la Lituanie, tout semble au point mort. Cela fait notamment plus de six mois que la Lettonie et la Lituanie se disputent à qui sera le point d’arrivée du pont électrique venant de Suède !
Alors, certes, il faut se réunir, mais ne pas faire que ca ! Il faut prendre des décisions et agir. Espérons donc que cette réunion soit la dernière et que bientôt les pelleteuses vont entrer en action. Car, pendant ce temps-la, « Northstream » avance ……
M’auraient-ils entendu? En tout état de cause, les trois Premiers Ministres se sont mis d’accord cet après-midi pour que pont électrique en provenance de la Suède arrive en …… Lituanie.
08:57 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, lituanie, lettonie, estonie, ignalina
30 mars 2009
Et si, en Lituanie, on faisait des économies d’énergie ?!
Samedi 28 Mars, les grandes villes du monde ont été invitées à éteindre les lumières pendant une heure, de 20h30 à 21h30 (heure locale de chaque pays) dans un geste symbolique pour lutter contre le réchauffement climatique.
La lutte contre le réchauffement climatique est un des trois objectifs majeurs de la politique énergétique de l’Union Européenne. L’énergie est à l’origine de 80 % des émissions des gaz à effet de serre dans l’UE, dont l’augmentation dans l’atmosphère terrestre est très probablement à l’origine du réchauffement climatique.
Je n’ai pas entendu dire (mais je peux me tromper) que cette action d’éteindre les lumières ait été suivie à Vilnius. Et pourtant, alors que la Lituanie cherche – difficilement – à sécuriser ses approvisionnements (future centrale d’Ignalina, ponts électriques avec la Suède et la Pologne), une des premières actions économique et écologique pourrait consister à utiliser moins d’énergie, la seconde étant l’utilisation d’énergies renouvelables.
Pour parvenir à réduire sa consommation d’énergie, l’UE a décidé de déployer des efforts concrets :
# économiser l’énergie dans le secteur des transports (véhicules moins consommateurs, réduction de la vitesse)
# développer des critères minimaux d’efficacité pour les équipements consommateurs d’énergie, comme les appareils électroménagers
# sensibiliser les consommateurs à un comportement rationnel et économe
# développer la performance énergétique des bâtiments. On va estimer la consommation annuelle d’énergie d’un appartement ou d’un bâtiment et lui affecter un classement de A à G, comme pour un appareil électroménager. Ce classement permettra à l’occupant ou au propriétaire de décider des actions à entreprendre.
Que peut faire ou devrait faire la Lituanie ?
# Economiser l’énergie dans le secteur des transports : éliminer les véhicules anciens, réduire la vitesse (sur ce dernier point, c’est loin d’être gagné !)
# Changer le comportement des consommateurs. Là non plus, c’est loin d’être gagné quand je vois le comportement de mon jeune futur ex-colocataire. Laisser marcher la radio à un bout de l’appartement pendant qu’on travaille sur l’ordinateur à l’autre bout semble être la norme. Demander d’éteindre l’ordinateur le soir est une brimade intolérable. Quant à éteindre les veilleuses, cela relève de l’hystérie d’un maniaque sénile !
# Développer la performance énergétique des bâtiments : isolation thermique, minuteries, réglage individuel du chauffage. C’est, semble-t-il, la priorité du gouvernement de M. Kubilius qui a programmé 1,65 milliards d’euros (5,7 milliards de Litas) dans le plan de relance pour le « lancement d’un large programme de rénovation des habitations ». Mais quand je vois que, aux « Vilniaus vartai », bâtiment tout neuf à côté de chez moi, les lumières restent encore allumées toute la nuit dans les escaliers, je me dis qu’il y a encore une marge de progrès !
Il restera en outre à développer les énergies renouvelables, conformément aux directives européennes qui exigent de porter leur part à 20 % de la production en 2020. Il faut toutefois noter qu’un Euro investi dans l’isolation de l’habitat permet d’économiser 20 fois plus d’émission de gaz à effet de serre qu’un euro investi dans l’éolien.
Alors, Lituaniens mes frères, éteignez vos lumières inutiles et roulez moins vite!
09:51 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, energie
06 février 2009
Politique: ça bouge à Vilnius
Le Président Valdas Adamkus a nommé ce vendredi Arvydas Sekmokas (ci-contre et ci-dessous) Ministre de l’énergie. Bien que le Président n’y ait pas été primitivement favorable, le Ministère avait été créé le 26 Janvier. Arvydas Sekmokas est directeur de l’entreprise de système de management de documents « Doclogix ». La majorité gouvernementale estime que l’existence d’un Ministère de l’énergie (créé sous enveloppe budgétaire du Ministère du commerce) permettra d’accélérer les projets énergétiques stratégiques. Il y a maintenant 14 ministères au sein du gouvernement lituanien.
Par ailleurs, l’actuel Maire de Vilnius, Juozas Imbrasas (ci-dessous), du parti Tvarka ir teisingumas (Ordre et Justice), risque de se faire renverser par une motion de défiance déposée par une nouvelle majorité constituée des Conservateurs (Tėvynės Sąjunga - Lietuvos Krikščionys Demokratai), de l’Union Liberale et du Centre (Liberalų ir Centro Sąjunga), du Mouvement libéral (Lietuvos Respublikos Liberalų Sąjūdis) et d’une partie des indépendants. S’il était renversé, il serait vraisemblablement remplacé par Vilius Navickas de Tėvynės Sąjunga. La motion de défiance doit être déposée plus de 24 heures avant l’ouverture de la prochaine réunion du conseil municipal.
18:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, politique, energie, vilnius
09 décembre 2008
Energie et climat à l’est de l’Europe
La discussion a été éclipsée par la rencontre entre le Président Sarkozy et le Dalaï lama. Mais la présence en Pologne du Président français, président pour encore trois semaines de l’Union Européenne, avait également pour objet de convaincre ses interlocuteurs d’adopter son « paquet énergie climat ».
Ce mini-sommet s’est déroulé à Gdansk samedi dernier 6 Décembre. Les participants ont été, outre le Président Sarkozy, les chefs de gouvernement des quatre pays du groupe de Višegrad - Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie, ceux des trois Etats baltes - Lituanie, Lettonie et Estonie, auxquels se sont ajoutés ceux de Roumanie et de Bulgarie (photo ci-dessous, où l’on remarque que, pour la Lituanie, c’est toujours le Premier ministre sortant, Gediminas Kirkilas, qui est présent). Ces pays, membres récents de l'Union européenne, jugent le "paquet énergie-climat", conçu par la Commission européenne, pénalisant pour leurs économies en phase de rattrapage et très dépendantes des énergies fossiles, notamment la Pologne, dépendante à 94% du charbon.
Le principal point de discorde porte sur la mise aux enchères des quotas de CO2, actuellement gratuits, à partir de 2013. Nombre d'Etats membres, parmi lesquels plusieurs pays de l'Est, réclament une période de transition. L'Europe s'est fixé un triple objectif pour 2020 : réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et faire 20% d'économies d'énergie.
Lors d’une conférence de presse commune à l'issue de la rencontre, Nicolas Sarkozy a indiqué que l’UE avait « progressé ». « Tous les Etats ici souhaitent que la solidarité, qui est le fondement de la construction européenne soit prise en compte de façon un peu plus ambitieuse ».
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a déclaré quant à lui : "Je suis heureux de voir que lors de la réunion de Gdansk, samedi, le président Sarkozy a été très constructif, il a compris qu'il y avait au moins neuf nouveaux membres de l'UE qui avaient un sérieux problème avec l'approche de la Commission européenne". Peut-être sera-ce LE point positif de la présidence française de l’UE.
La France espère faire adopter le paquet énergie climat par les 27 à Bruxelles, lors du Conseil européen des 11 et 12 Décembre. Si tel n'était pas le cas, Nicolas Sarkozy aurait prévu de réunir à nouveau les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE le 30 Décembre.
13:22 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, climat, europe
19 septembre 2008
Informations en vrac
Vous avez constaté que je vous ai un peu abandonnés ces temps-ci. Il faut dire que je voulais absolument terminer mon livre avant ce week-end, terme que je m’étais moi-même fixé, afin qu’il ait quelque chance de paraitre au début de 2009.
Je vous avais toutefois mis de côté quelques informations parues à la une des quotidiens lituaniens.
Les problèmes d’énergie commencent à intéresser. On a appris, en vrac :
· Que le pont électrique vers la Suède, permettant de relier les Etats Baltes aux réseaux européens, pourrait être opérationnel dès 2012. Le problème actuel est que la Lettonie et la Lituanie se disputent pour qu’il aboutisse chez eux. « Comme des gamins sur leur tas de sable » aurait dit un ministre suédois !
· Que la future centrale nucléaire d’Ignalina pourrait avoir une capacité moindre que prévue. Initialement de 3 200 à 3 400 MWatts, elle ne serait plus que de 2 200 MW. Sachant que la Pologne ne veut pas moins de 1 100 MW et la Lettonie et l’Estonie 400 à 600 MW chacune, cherchez l’erreur !
· Un référendum, pour savoir s’il faut prolonger la durée de vie d’Ignalina I au-delà de sa fermeture prévue au 31 Décembre 2009 par la Commission européenne, devrait avoir lieu en même temps que les élections législatives du 12 Octobre 2008. Le Président Adamkus a déclaré que c’était une « pure duperie de l’électorat » ! Après avoir rencontré le Président de la Commission européenne, Jose Emmanuel Barroso, qui lui a déclaré que l’engagement juridique de fermer la centrale au 31 Décembre 2009 devait être honoré, le Premier Ministre Gediminas Kirkilas a déclaré, quant à lui, qu’il était optimiste quant à la prolongation de la durée de vie de la centrale. Allez comprendre !
Le conflit entre la Russie et la Géorgie est encore dans tous les esprits. Le Ministre de la Défense, Juozas Olekas, a déclaré que la Lituanie était mieux préparée que la Géorgie à contrer une attaque. Le Président Adamkus l’a pris à contre-pied en disant que l’affaire géorgienne était juste la première étape d’un plan russe à long terme, et que s’il prenait l’idée a quelque Russe un peu fou d’envahir la Lituanie, « l’occupation ne serait qu’une affaire de quelques minutes » ! En tout état de cause, c’est dans ce contexte que la Lituanie a choisi d’abolir la conscription qui, il faut bien le dire, était déjà largement inégalitaire. L’opposition a parlé d’une mesure électoraliste.

Car les élections législatives approchent (12 octobre 2008) et la campagne électorale a officiellement commencé vendredi dernier. 21 partis politiques vont concourir et il y aura 11 candidats pour un siège. Ce n’est donc pas par hasard que sort une affaire concernant Kazimiera Prunskienė, ancien Premier Ministre, actuelle Ministre de l’agriculture et Présidente …… d’un des 21 partis politiques engagés. Au début des années 90, elle aurait reçu un pseudonyme semblant vouloir indiquer qu’elle travaillait pour le KGB ! Or, par les temps qui courent en Lituanie, avoir été membre du KGB n’est pas très porteur…….
Enfin, le magazine Veidas a publié sa liste annuelle des endroits où il fait bon vivre en Lituanie. En tête arrive Neringa, suivi d’Elektrėnai et d’Alytus. Kaunas est 4ème et Vilnius 10ème. A la 60ème et dernière place, Skuodas (mais si, c’est en Žemaitija, à la frontière lettonne, à 48 km de Plungė. Ah, vous ne savez pas où est Plungė……)
14:54 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, energie, elections, actualite
La Lituanie et les énergies
J’ai participé hier soir à la première partie d’une réunion traitant de l’énergie en Lituanie. Je voudrais revenir sur ce sujet qui devrait faire les unes en 2009 et sur lequel il se dit des choses pas toujours exactes.
L'énergie électrique en Lituanie est fournie soit par des centrales thermiques (Kaisadoris), hydrauliques (Elektrenai) ou autres, fonctionnant au fuel ou au gaz, et une centrale nucléaire, Ignalina (qui, comme son nom ne l'indique pas, est située à côté de ... Visaginas et non d'Ignalina). Ignalina fournit actuellement 80 % de l’électricité à la Lituanie.
Le premier réacteur d'Ignalina a fermé le 31 Décembre 2004, et le deuxième devra fermer le 31 Décembre 2009. Ces fermetures ont été décidées dès 1999 d'un commun accord entre l'UE et la Lituanie, comme "ticket d'entrée" de cette dernière à l'UE. S'agissant d'une décision politique et non technique (la sécurité d'Ignalina a été améliorée par les Suédois et ne pose objectivement aucun problème. Elle pourrait continuer de fonctionner sans souci), il est peu vraisemblable que l'UE reviendra sur la décision de fermeture. La tenue d’un référendum, en même temps que les élections législatives du 12 Octobre 2008, ne sera – à mon sens – pas de nature à émouvoir la commission européenne !
Il est vrai que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire semble avoir du mal à décoller. Cela est dû à la difficulté de coordonner les desiderata de 4 pays, et notamment la Pologne qui voulait récupérer au moins 30 % de la production, ce qui ne convenait pas à la Lituanie. Aujourd’hui, il est plus vraisemblable de parler de 2017-2018, voire de 2020 comme l’a déclaré Areva, pour l’ouverture d’Ignalina II.
Cette affaire trainant objectivement en longueur, certains voisins pensent acquérir leur propre centrale nucléaire. C’est le cas de Kaliningrad (actuellement dépendant de la Lituanie à 30 % pour son électricité), du Belarus et de l’Estonie. Dans tous les cas, et notamment les deux premiers, l’affaire pourrait se faire plus rapidement car ne nécessitant pas de coordonner plusieurs Etats.
Une solution pour acquérir de l’électricité est de relier la Lituanie aux réseaux du reste de l’Europe (actuellement, elle n’est reliée qu’au réseau russe). Des projets de ponts électriques sont en cours avec la Pologne et la Suède. Dans ce dernier cas, la Lituanie et la Lettonie se disputent « l’honneur » d’être le point d’arrivée. Au point qu’un ministre suédois déclarait très récemment qu’on dirait une dispute de deux gamins sur leur tas de sable ! En tout état de cause, ces ponts ne devraient pas être opérationnels avant 2015.
Il reste toutefois les centrales dites classiques pour fournir de l'électricité. On retombe alors dans la dépendance de la Russie soit pour le fuel, soit – à 100 % - pour le gaz.
Le prix du gaz est fixé par la Russie à la tête du client, suivant le degré de docilité politique du dit client. Aujourd’hui (source Veidas du 7 Juillet), la Lituanie paye son gaz 420 US$ les 1 000 m3 à Gazprom, l’Allemagne (pourtant plus éloignée) 410 US$ (qui est la moyenne de l’UE) et le Belarus 128 US$. En Lituanie, ce coût a été multiplié par 3 en 3 ans. C’est donc de la pure délation d’écrire, comme je l’ai vu par ailleurs, que les fournisseurs de chauffage urbain (fourni majoritairement par le gaz) se servent au passage ! Au demeurant, des sociétés comme Vilniaus Energija utilisent déjà des énergies alternatives (comme le bois) pour fournir le chauffage urbain.
Concernant une autre énergie fossile, le pétrole, on sait que le pipeline Druzhba s’est mis malencontreusement à fuir en Russie un mois après que la raffinerie de Mažeikių Nafta ait été rachetée par les Polonais. Le Belarus, qui est situé entre la fuite et la Lituanie, a continué d’être approvisionné…… La raffinerie de Mažeikių Nafta reçoit toutefois toujours du pétrole par tankers via le terminal de Butinge. Mais le transport revient évidemment plus cher.
L’énergie renouvelable est déjà présente en Lituanie. Néanmoins, vous savez ce que je pense de ces éoliennes qui détruisent déjà le paysage entre Palanga et Kretinga. Mais je sais néanmoins directement du Ministère de l’Environnement que des parcs d’éoliennes sont prévus d’être installés en haute mer. Par ailleurs, compte tenu de la météo locale, l’énergie solaire ne devrait pas être la panacée……
Il n’en reste pas moins que le premier effort devrait être fait par le consommateur lituanien pour économiser l’énergie. Celui-ci a encore un comportement comme quand l’électricité ne coutait rien du temps de l’URSS. Il est vrai que cela demande souvent une modernisation des immeubles, où il est parfois plus facile d’ouvrir la fenêtre que de baisser le chauffage et surtout où il n’y a pas de syndic pour gérer tout ce qui est commun (exemple : lumières allumées toute la nuit dans tous les immeubles). Il existe toutefois déjà un dispositif d’aides fiscales (mais est-il connu ?) lorsqu’on fait des travaux d’isolation thermique. En outre, il faudrait changer la nature du rapport du Lituanien avec sa voiture, et là ça risque de ne pas être simple. Autant lui demander d’arrêter de s’intéresser au basket !
En résumé, la Lituanie a sans doute mis du temps à prendre conscience des difficultés énergétiques qui l’attendaient (formule élégante pour dire que l’anticipation n’est pas dans les gènes des Lituaniens). L’Union Européenne, de son côté, agit en ordre dispersé, certains pays (l’Allemagne, l’Italie) ne trouvant que des vertus à la Russie……. Mais il est à mon avis abusif et irresponsable de faire croire que tout va s’arrêter le 31 Décembre 2009 à minuit. Ca sera juste un peu plus cher……
08:00 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, ignalina, energie
18 juillet 2008
La Lituanie à la recherche d'énergie
La semaine dernière, par 87 voix contre 5, les Parlementaires lituaniens ont donné leur accord à la tenue d’un referendum le 12 Octobre (en même temps que les élections législatives), afin de demander aux Lituaniens leur avis sur le report de la fermeture de la centrale nucléaire d’Ignalina en 2012. Pour ceux qui n’auraient pas ouvert un journal depuis les années 2000, rappelons que la fermeture d’Ignalina a été une condition sine qua none imposée par Bruxelles dans les années 2000-2001 afin que la Lituanie puisse rejoindre l’Union Européenne le 1er Mai 2004. Ignalina est une centrale de type Tchernobyl, construite en 1983, mais dont la sécurité a été renforcée après l’indépendance par les Suédois. Le premier réacteur a été fermé en 2004, ce qui n’a pas posé de problème puisqu’il fournissait de l’électricité à l’exportation…… La fermeture du deuxième réacteur fin 2009 est plus problématique puisque la Lituanie dépend à 80 % d’Ignalina pour son électricité.
Bien que le referendum projeté soit symbolique et n’ait aucune valeur légale, les législateurs espèrent, en conjonction avec d’autres actions du Président Adamkus et du Premier Ministre Kirkilas, mettre la pression sur la Commission Européenne. Il n’est toutefois pas évident que celle-ci se laisse impressionner……
Les Lituaniens sont toujours en discussion avec la Lettonie, l’Estonie et la Pologne pour construire une nouvelle centrale, toujours à Ignalina, mais les appels d’offre ne sont toujours pas lancés, et un fonctionnement de cette centrale à partir de 2017-2020 semble moins irréaliste que la date de 2015 toujours officiellement ciblée.
En 2015, la Lituanie devrait être raccordée au réseau électrique suédois, via un câble sous la Baltique. De même, une liaison avec le réseau polonais est également projetée pour 2012-2015.
Mais que faire d’ici, au moins, 2012 ? C’est la raison pour laquelle les Lituaniens souhaitent que l’UE les autorise à prolonger la durée de vie d’Ignalina I.
Certains (les mêmes qui réclament que les lignes électriques à haute tension soient enterrées……) proposent d’installer des éoliennes. Question : sachant que le littoral utile lituanien pour installer de tels engins est de 49 km (la presqu’ile de Neringa étant un parc national), ne sachant pas combien il faudrait de milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale nucléaire, calculer la densité potentielle d’éoliennes qui détruiront l’environnement de l’arrière-pays de Palanga (ça a hélas déjà commencé). Sachant en outre qu’a priori la zone n’est pas particulièrement venteuse !
L’énergie solaire ? Reconnaissons que la Lituanie est dans ce domaine, notamment l’hiver, moins favorisée que la cote méditerranéenne.
Les bioénergies pourraient être une solution dans un pays de tradition agricole comme la Lituanie et dont on voit les surfaces en friche progresser. Mais je ne suis pas sûr que des projets soient lancés dans ce domaine.
Sinon, il ne restera plus qu’à se résoudre à acheter du gaz russe que Gazprom, qui facture déjà à la tête du client (exemple 1 000 m3 vendus au Belarus : 128 US$ ; vendus à la Lituanie : 420 US$ !), se fera un plaisir de vendre …… au prix fort.
08:39 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, ignalina, energie














