07 juin 2008
Le ruban de Saint Georges
Cela faisait « un certain temps » que je m’interrogeais sur la signification d’un ruban rayé orange et noir, arboré par les hommes politiques russes ou de simples citoyens russes, notamment sur leur voiture. L’excellent site « Regard sur l’Est » a répondu mes interrogations : http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=845&a...
A l’origine est l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges, martyr et victorieux (en russe : Императорский Военный орден Святого Великомученика и Победоносца Георгия – ci-contre) institué par Catherine II, en 1762 pour récompenser officiers et soldats à titre militaire. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1992 par Boris Ieltsine. Le ruban de la médaille pour la victoire sur l'Allemagne dans la grande guerre patriotique de 1941-45 (*) reprend les couleurs de l'ordre de Saint-Georges.
(*) On notera au passage que, lorsque l’Union soviétique était alliée avec l’Allemagne nazie, de 1939 à 1941, ce n’était pas la « grande guerre patriotique ». Ouf ! Ce ne devaient même pas être les mêmes soldats d’ailleurs …….
C’est à l’occasion du 60ème anniversaire de la victoire de 1945 que furent distribués les premiers rubans, afin – officiellement – de maintenir le lien entre les vétérans et les nouvelles générations. C’est un peu l’équivalent du coquelicot britannique, arboré en Novembre en souvenir des morts de la Première Guerre mondiale. Cette année, entre le 24 Avril et le 14 Mai, 15 millions de rubans auraient été distribués en Russie.

On note toutefois un certain détournement. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller sur la page d’accueil du site consacré à ce « plan d’action pour la mémoire », http://9may.ru/ . Au milieu de la page d’accueil de la version russe (ça n’apparait pas dans la version anglaise, tiens tiens……), si l’on clique sur le slogan « Celui qui ne respecte pas le passé est sans avenir », sur fond de ruban orange et noir, avec la photo de la statue du soldat de bronze de Tallinn (ci-dessous, sur fond de symbole soviétique), on tombe sur la chronologie (uniquement en russe) des événements instrumentalisés par la Russie, qui ont secoué la capitale estonienne en Avril 2007. On peut remarquer également, à la télévision russe, qu’en Crimée ukrainienne le port des rubans de Saint Georges aux antennes des voitures – vraisemblablement de la forte minorité russe - ne semble pas limité à la période du souvenir.
08:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, estonie, crimee







