30 septembre 2009
Photos de la veille: les Présidents aux Armées
Intéressant « face à face » hier 29 Septembre :
D’un côté, le Président russe, Dmitri Medvedev rendant visite à son collègue bélarusse, Alexandre Lukashenka, sur les manœuvres « Zapad-2009 », à quelques kilomètres de la frontière lituanienne.
De l’autre, le Président lituanien, Dalia Grybauskaitė, rendant visite, avec son Ministre de la Défense, Rasa Juknevičiene, aux armées lituaniennes, à quelques kilomètres de la frontière bélarusse.
Etait-ce voulu ?
04:12 Publié dans La photo de la veille | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : zapad, medvedev, lukashenka, grybauskaite, jukneviciene, armees, lituanie, belarus
11 septembre 2009
Alexandre Lukashenka à Vilnius le 16 Septembre
Le Ministère lituanien des Affaires Etrangères a confirmé hier que le Président bélarusse Alexandre Lukashenka (en bélarusse : Аляксандр Рыгоравіч Лукашэнка) se rendra en visite de travail en Lituanie le 16 Septembre.
Pendant cette visite, il rencontrera le Président lituanien, Dalia Grybauskaitė. Il assistera à l’ouverture du Forum économique lituano – bélarusse « Le Belarus et les Etats Baltes : de nouvelles opportunités pour une coopération accrue ». Il inaugurera également l’exposition « Belarus Expo 2009 » qui se tient à Litexpo du 16 au 19 Septembre.
Contrairement à ce qui est écrit ici ou là, ce n’est pas la première visite à l’Ouest du Président bélarusse depuis 10 ans, puisqu’il a rencontré à Rome le 27 Avril 2009 le Pape Benoit XVI et le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, ainsi que le Grand-maitre de l’Ordre de Malte. Lukashenka avait rencontré le Président Valdas Adamkus en Novembre 1998 à Medininkai.
Cette semaine, les familles des opposants disparus au Belarus avaient envoyé une lettre au Président Grybauskaitė pour lui demande d’empêcher la venu du « dernier dictateur en Europe » en Lituanie. Car si Lukashenka a plus d’une fois déclaré qu’il entendait coopérer tant avec l’Union Européenne qu’avec la Russie (avec qui les relations semblent d’ailleurs se déliter, les libertés individuelles sont toujours ouvertement bafouées dans son pays (voir à ce sujet http://www.charter97.org/en/news/).
En Lituanie, on se souvient que le Belarus a été une partie intégrante du Grand-duché de Lituanie de 1240 à 1795, soit plus de cinq siècles ! Loin d'opprimer leurs peuples vassaux, les grands-ducs lituaniens, qui régentent également la majeure partie de l'Ukraine jusqu’en 1569, laissent beaucoup de droits aux Slaves. Ainsi la religion orthodoxe est maintenue et continue à se répandre à l'intérieur du grand-duché, alors que celui-ci est avant tout catholique. Les langues slaves, alors appelées ruthènes, sont employées par l'administration. Il n’est donc pas étonnant que les armoiries du Belarus pré-Lukashenka (ci-dessous) aient une similitude évidente avec le Vytis lituanien.
09:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belarus, lukashenka, vilnius
04 septembre 2009
Alors, elle vient cette centrale ?! (bis)
Le 25 Aout, je rapportais une déclaration du premier Ministre lituanien, Andrius Kublilius, qui avait concédé que la future centrale nucléaire Ignalina II ne serait opérationnelle qu’à partir de 2018 – 2019, et non plus 2015 comme encore annoncé officiellement il y a encore peu.
De leur côté les concurrents, ou plutôt la Russie, ne reste pas inactive.
On sait en effet que la Russie projette de construire une centrale dans l’oblast de Kaliningrad, à Neman (une dizaine de kilomètres à l’est de Sovetsk, sur le Niémen, qui fait à cet endroit office de frontière avec la Lituanie). Cette centrale, construite par Rosatom, d’une puissance de 2 300 mégawatts, sera censée être opérationnelle en 2015. 1/3 de la production serait destinée à la consommation locale, le reste étant proposée à l’exportation. La Russie a donc proposé à l’Allemagne, à la Pologne (!) et à la Lituanie (!!) de participer au projet jusqu'à hauteur de 49 %.
De « l’autre côté », lors de leur récente rencontre à Sotchi, les Présidents russe (Dmitri Medvedev) et bélarusse (Alexandre Loukachenko) ont fait état de progrès dans le projet de construction par …… Rosatom de la première centrale nucléaire bélarusse. Celle-ci devrait être implantée à Ostroviets (Astraviec / Astravas), à … 17 km de la frontière lituanienne, donc à environ 40 km de Vilnius ! La puissance prévue sera de 2 400 mégawatts, le premier réacteur devant entrer en service en 2016 et le second en 2018.
Si l’on ajoute que la Pologne prévoit de construire sa propre centrale à l’horizon 2020 (il est vrai qu’il faut remplacer ses 94 % d’électricité produite dans les centrales à charbon), la future centrale d’Ignalina (si elle voit le jour) risque d’avoir une production surcapacitaire.
11:33 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucleaire, ignalina, lituanie, russie, belarus
26 août 2009
La Lituanie se rapproche du Bélarus
Les 24 et 25 Aout, le Ministre lituanien des Affaires Etrangères, Vygaudas Ušackas, a effectué une visite au Bélarus à l’invitation de son homologue, Sergei Martynov.
Les deux administrations, ainsi que des représentants des administrations locales, ont discuté de la possibilité d’intensifier les relations bilatérales dans les domaines de la culture, de la préservation de l’héritage commun du Grand-duché de Lituanie, des projets communs universitaires, du tourisme, du business et des liens entre les citoyens.
Les Ministres ont visité conjointement Lida (Lyda en lituanien), Navahrudak (Naugardukas), Mir (région de Hrodna / Gardinas) et Nesvizh (Nesvyžius, avec un domaine de la famille Radziwiłł / Radvila), hauts lieux de l’histoire du Grand-duché de Lituanie. Parmi les projets communs, il est prévu un guide pour voyager sur les traces du Grand-duché de Lituanie, et surtout de participer conjointement à la restauration et à la conservation du patrimoine commun.
Ceux qui se seraient contentés de la lecture des medias français, qui en sont peu ou prou restés à la déclaration de Condoleezza Rice de 2005 (« la dernière vraie dictature en Europe »), pourraient être surpris. C’est que les relations entre l’Union Européenne et le Bélarus ont évolué, et que la Lituanie, au nom de 550 ans d’histoire commune, a toujours fait preuve de pragmatisme dans ses relations avec son immédiat voisin de l’est.
M. Ušackas a souligné que l’Union Européenne était, elle aussi, prête à développer son dialogue avec le Bélarus, pour autant que celui-ci entreprenne des actions visant à créer une société civile et à respecter les principes démocratiques. Car on emprisonne toujours là-bas pour des raisons politiques, parfois futiles, comme arborer un drapeau européen ou le drapeau historique, blanc à bande rouge (ci-dessous).
Le Bélarus et la Lituanie finalisent actuellement un accord visant à alléger la procédure de franchissement de la frontière pour les résidents proches de celle-ci. Car, actuellement, il faut pour tout le monde visa, assurance santé spécifique, assurance voiture spécifique, et une bonne dose de patience pour passer la frontière !
NB à propos du nom : le 19 septembre 1991, la Biélorussie a informé l'Organisation des Nations Unies que son nom en Français serait désormais le Bélarus. La raison, à cette époque, bien avant l’ère Lukashenka, était de faire la séparation avec le nom de la République à l’époque soviétique. C’est par une exception bien franco-française que le nom « Biélorussie » est encore parfois utilisé aujourd’hui.
10:40 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, belarus, ue
12 août 2009
La photo de la veille : Belarus
04:51 Publié dans La photo de la veille | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : belarus, lukashenka
10 août 2009
Ignalina I, II ou pas du tout ?
Le deuxième réacteur de la centrale nucléaire d’Ignalina doit être arrêté, on le sait depuis 1999, d’ici le 31 Décembre 2009. C’est dans 4 mois et 21 jours. Une nouvelle centrale devrait être construite à sa place, en coopération avec la Pologne, la Lettonie et l’Estonie. A ce jour, les appels d’offre pour la construction de la nouvelle centrale ne sont toujours pas lancés.
Le Président lituanien, Dalia Grybauskaitė, a lancé la semaine dernière un pavé dans la mare en déclarant lors d’une conférence de presse : « …… nous devons revoir notre stratégie et réfléchir sur nos choix – le vent, la géothermie, la biomasse, la combustion de déchets ou le nucléaire ». Elle ne faisait là que reprendre les directives de l’Union Européenne, qu’elle connait bien. Elle ajoutait également que la Lituanie devait tenir compte des plans de ses voisins, le Belarus et la région russe de Kaliningrad.
Car, pendant ce temps-là, la Russie ne reste pas inactive. Elle s’est mise d’accord avec le Belarus pour construire, à l’horizon 2016 pour le premier réacteur, 2018 pour le second (donc avant une potentielle Ignalina II), une centrale qui sera implantée dans la région de Grodno (à 70 km de la Lituanie et 20 km de la Pologne !), centrale d’une capacité de 2,4 GW.
Le vice-ministre lituanien de l’énergie, Romas Švedas, s’est donc cru obligé de préciser que la Lituanie présenterait en Septembre à ses partenaires (Pologne, Lettonie, Estonie) les calculs concernant la puissance optimale et maximale de la centrale, les modèles de répartition des actions et les calculs concernant les prix. Et son ministre, Arvydas Sekmokas, d’ajouter que « l’existence même de la centrale ne devrait pas être remise en question ». Mais si le conditionnel est employé, c’est qu’un fort doute subsiste ……
15:30 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, nucleaire, ignalina, belarus, russie
30 juillet 2009
Le Bélarus s’éloigne-t-il inexorablement de la Russie ?
Certains signes récents sembleraient indiquer que le Belarus(1) d’Aliaksandr Ryhoravitch Loukachenka (allez, pour ne pas vous troubler, on dira Alexandre Loukachenko) s’éloigne de la Russie. Les faits.
Les citoyens bélarusses ne peuvent désormais entrer en Abkhazie et en Ossétie du Sud qu’ « uniquement depuis les municipalités géorgiennes de Zougdidi et de Gori ». Quand on sait que le Belarus fait trainer depuis Avril une hypothétique reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes, cette décision récente équivaut à une fin de non-recevoir vis-à-vis de Moscou.
Le deuxième accroc a été, le 17 Juillet, l’interdiction provisoire de l’utilisation de la partie bélarusse de l’oléoduc Ounetcha (Russie) – Ventspils (Lettonie), segment du fameux oléoduc Droujba. Bien sûr, la fermeture de l’oléoduc « n’a aucun rapport avec l’interdiction sur les exportations vers la Russie de la production de deux combinats de boucherie bélarusses », décrétée la veille par les services vétérinaires russes…… Vous avez le droit d’y croire !
Dans la foulée, le président Loukachenko a boycotté le sommet de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) à Moscou, au cours duquel devait être signé un accord sur la Force Collective de Déploiement Rapide, qui visait à prouver non seulement la capacité de l’Organisation à adopter des décisions, mais aussi à les mettre en œuvre d'une manière rapide. La signature triomphale de l'accord tant vanté a donc dû être reportée.
Le Belarus se rapproche-t-il pour autant de l’Union Européenne ? En fait il se pourrait qu’il n’en soit rien. Le "caractère multi vectoriel" de la politique extérieure bélarusse est même l'un des fondements de la longévité politique du système politique, qui s'est enraciné sous Loukachenko. Celui-ci ne cesse de menacer l'Occident, en lui promettant de céder sa souveraineté à la Russie, et, à la Russie, il menace de se rallier à l'Occident. Mais de fait, la Russie et l'Occident lui pardonnent son style autoritaire, en essayant d'entraîner la Biélorussie dans leur zone d'influence respective. La Russie lui accorde depuis des années son aide économique, et l'Occident sort de temps à autre son régime de l'isolement, comme ce fut le cas tout récemment.
Le fléau de la balance penche-t-il en ce moment en faveur de l’Union Européenne ? On voudrait l’espérer. Loukachenko avait demandé en Mai à son gouvernement de ne pas « s’incliner devant la Russie » et d’aller « chercher son bonheur » dans une autre partie de la planète. En Février, il avait pourtant confirmé sa volonté d’élargir les processus d’intégration avec la Russie …… Mais l’UE continue à dire (27 Juillet) que le Bélarus n’en a pas encore assez fait pour se réformer et pour protéger les droits de l’homme. Elle lie son offre d’assistance à un sérieux mouvement vers la démocratie et au respect des droits et libertés fondamentaux.
Rappelons que pendant plus de 450 ans, de sa conquête sous le Grand-duc Gediminas (1316 – 1341), jusqu’au troisième partage de la Pologne – Lituanie (1795), le territoire actuel du Belarus a été partie intégrante du grand-duché de Lituanie. Le 18 mars 1921, la Pologne et la Russie bolchevique signent le traité de Riga qui reporte loin vers l'Est la frontière orientale de la Pologne, englobant une grande partie du Belarus. Les représentants bélarusses, devant une polonisation agressive, ont demandé alors leur rattachement à la jeune République lituanienne. En vain. Cela vaudrait bien que l’UE reconnaisse la vocation du Bélarus à la rejoindre, quand il remplira les critères de Copenhague.
(1) NB : On m’ « agresse » régulièrement sur l’emploi du nom de Bélarus et non pas de Biélorussie. Or, la dénomination officielle onusienne en français est bien République de Bélarus. Cette forme est exigée dans tous les textes officiels par les autorités bélarusses elles-mêmes depuis le 19 septembre 1991, donc bien avant l’ère Loukachenko (« Le 19 septembre 1991, la Biélorussie a informé l'Organisation des Nations Unies que son nom serait désormais le Bélarus. » http://www.un.org/french/aboutun/belarus.htm).
13:59 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : belarus, russie
25 avril 2009
Le partenariat oriental, l’UE et le Belarus
Le 3 Décembre 2008, la Commission européenne a transmis au Parlement européen et au Conseil européen des chefs d’
tats et de gouvernements, une proposition de partenariat renforcé, dit « partenariat oriental », avec 6 Etats d’Europe orientale et du Caucase du Sud : l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la République de Moldavie et l’Ukraine (ci-dessous). (Texte in extenso : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CEL...)
Le texte précise que « l'Union européenne {…} soutiendra fermement ces partenaires dans les efforts qu'ils mènent pour se rapprocher de l'Union et leur fournira toute l'aide nécessaire pour les réformes qu'il leur faudra engager à cet égard, dans le cadre d'une dimension orientale spécifique relevant de la politique européenne de voisinage (PEV) ». Il est vrai qu’il était plus que maladroit de mettre dans le même sac de la PEV des Etats qui ont vocation à rejoindre l’UE et des Etats qualifiés il y a peu de terroristes comme la Lybie.
Un sommet extraordinaire lançant ce partenariat aura lieu le 7 Mai à Prague (pour ceux qui ne s’en seraient pas aperçu, la République Tchèque préside actuellement l’Union Européenne). La nouveauté est que le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, a annoncé avoir remis une invitation à M. Loukachenka (ci-dessous) lors d'une visite à Minsk. Cette invitation n’est pas nominative et le Belarus n’a pas encore décidé qui le représenterait. Mais il vraisemblable que le président bélarusse, qui jusqu'en octobre était sous le coup de sanctions et persona non grata dans l'UE, voudra venir personnellement à ce sommet ; mais les informations en provenance de Minsk sont pour l’instant contradictoires.
Ce partenariat devant renforcer la coopération régionale, notamment via des projets énergétiques, le Bélarus, pays de transit pour le gaz russe, pourrait être un maillon important de cette coopération. Cette invitation fait en outre tousser à Moscou, ce qui n’est pas fait pour déplaire à certains. En effet, le Belarus n’a toujours pas cédé aux injonctions de la Russie de reconnaitre l'indépendance des républiques séparatistes géorgiennes pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, et Moscou voit là un deal de l’UE. Par contre, les Européens attendaient aussi des mesures de démocratisation, mais n’ont obtenu que quelques concessions très ciblées.
Ce partenariat a été initié par la Pologne et la Suède, mais a reçu d’emblée le soutien des Etats Scandinaves et des Etats Baltes. La Lituanie, qui dénonce régulièrement la stratégie globale russe de s’arroger une sphère d’influence exclusive dans l’ensemble de l’espace de la CEI et sur ses marges, ne peut qu’être satisfaite de cette initiative. Et elle voit sa coopération avec le Belarus, souvent au nom de 500 ans d’histoire commune, jadis décriée, aujourd’hui recevoir une certaine reconnaissance.
11:00 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : partenariat oriental, belarus, lituanie, ue
19 février 2009
Javier Solana au Belarus
Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana (ci-contre), est arrivé à Minsk hier soir mercredi 18 Février.
Conformément au programme, Javier Solana devrait rencontrer le Président bélarusse, Alyaksandr Lukashenka, et le Ministre des Affaires Etrangères, Syarhei Martynau, mais aussi des leaders des partis d’opposition et notamment celui du mouvement « Pour la liberté », Alyaksandr Milinkevich.
L'Union européenne reprend ainsi au plus haut niveau des contacts avec le président bélarusse, suspendus en mars 2006 suite à l'élection présidentielle. Bruxelles avait accusé Lukashenka et plusieurs fonctionnaires "de violations de standards électoraux internationaux et d'offensive contre la société civile et l'opposition démocratique".
Cette reprise de contacts était dans l’air depuis les élections législatives de septembre 2008. Bien que le rapport de l'OSCE eut affirmé que celles-ci avaient été « en deçà des normes internationales » et qu’il y avait eu « plusieurs cas de falsification délibérée des résultats », l’Union Européenne a voulu y voir l’amorce de progrès démocratiques. Le président bélarusse et 36 membres de son cabinet et autres personnalités officielles ont donc été de nouveau autorisés, pour une période de six mois, à voyager dans l'UE.
Le plus curieux dans tout ça est que l’atténuation de ces interdictions de visas n'a été dictée par aucun signe, même faible, de changement du régime aux yeux de l'Union Européenne. Cette décision n'est nullement une récompense accordée Belarus pour des progrès démocratiques inexistants, mais un « deal » politique visant à arracher ce pays à l'influence de la Russie. Et qui marche ! Car on aura remarqué que, bien qu’uni avec la Russie, le Belarus se fait toujours tirer l’oreille pour reconnaître l’ « indépendance » de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
On notera enfin que la Pologne, la Lituanie et la Lettonie ont toujours été en pointe dans l'offensive pour l’atténuation des sanctions. Il semblerait que, outre un pragmatisme économique dû à la proximité, ces trois pays voudraient "créer un Etat tampon amical contre la Russie".
06:59 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ue, belarus, biélorussie
22 janvier 2009
Quelques informations en bref
Il y a parfois pléthore dans l’actualité et il n’est alors pas possible de tout traiter en détail. C’est le cas en ce moment. Voici donc quelques informations résumées brièvement.
Centrale nucléaire au Belarus. Vous le savez, la Lituanie doit fermer le deuxième réacteur de la centrale nucléaire d’Ignalina, celle-ci ayant été considérée comme dangereuse par la Commission européenne. L’appel d’offre pour la (potentielle) nouvelle centrale n’a pas encore été lancé.
Le Belarus et la Russie viennent de s’entendre pour signer au cours du premier trimestre 2009 un accord intergouvernemental pour la construction par Rosatom (Russie) d’une centrale nucléaire au Belarus, sans passer par les appels d’offres. Cette centrale aurait une capacité de 2 000 MW ; le premier réacteur pourrait être opérationnel en 2016, le second en 2018. Cette centrale serait implantée à Astravets (Островец), au nord d’Ašmena, soit à 11 km de la frontière lituanienne, donc à 40 km de Vilnius ……
Crise gazière. Je vous recommande la lecture d’un article de Marie Jego (spécialiste du monde russe et du Caucase) dans "Le Monde" d'aujourd'hui (Jeudi 22 Janvier) sur les séquelles de la guerre du gaz entre la Russie et l'Ukraine :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/21/crise-d...
Elle y confirme:
# qu'il s'agit bien d'une guerre, même si elle est sans missiles ni blindés, et que cette guerre n'est pas terminée ;
# que l'un des objectifs de M. Poutine est bien le contrôle des moyens d'acheminement et de distribution du gaz, comme cela a déjà été réalisé au Belarus et en Arménie ;
# qu'un autre de ses objectifs, et sans doute pas le moindre, est d'empêcher la réélection du Président Iouchtchenko.
Présidence de l’UNESCO. Le Président de l’UNESCO devra être remplacé à l’automne 2009. La Lituanie fait de forcing pour faire élire Ina Marčiulionytė (photo ci-dessous), actuelle représentante de la Lituanie auprès de cette institution. Les trois Etats Baltes se sont mis d’accord a la fin de 2008 pour présenter cette candidature unitaire et Mme Marčiulionytė (que j’avais rencontrée à plusieurs reprises lors de son arrivée à Paris) a été présentée hier aux Ambassadeurs en poste à Vilnius. J’en reparlerai au moment de l’élection.
Prêt pour la Lettonie. Les ministres de l’Economie te des Finances de l’UE, réunis mardi 20 Janvier à Bruxelles ont approuvé l’octroi d’un prêt de 3,1 milliards d’Euros à la Lettonie. Ce prêt s’ajoute à celui de 1,7 milliards d’Euros attribué par le Fonds Monétaire International, un de 400 millions de la Banque Mondiale et à des prêts divers promis par la BERD, la Suède, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la République Tchèque, la Pologne et l’Estonie. Le total des sommes prêtées serait de 7,5 milliards d’Euros. A Riga, on apprécie modérément le prêt de l’Estonie voisine, elle-même en sérieuse difficulté, et on y voit le signe d’une certaine condescendance ……
08:16 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucleaire, unesco, lituanie, lettonie, belarus, gaz






























