24 octobre 2009

Heure d’hiver

Cette nuit, dans les Etats Baltes, à 4H du matin il sera 3H.

En France, à 3h du matin il sera 2H.

Pour les autres, consulter son journal le plus proche ! Mais, a priori, toute l’Union Européenne passe à l’heure d’hiver en même temps.

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21 août 2009

Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (2)

 

country.gif(Cet article traite principalement des conséquences immédiates du Pacte Molotov – Ribbentrop en Lituanie)

Après que l’URSS ait envahi la partie orientale de la Pologne, à partir du 17 Septembre 1939, elle offrit « généreusement » à la Lituanie la région de Vilnius, occupée par les Polonais depuis 1920 (2 Octobre 1939). Mais, en contrepartie, L’Union soviétique exigeait la signature d’un nouvel accord lui permettant d’établir des bases militaires avec 50 000 hommes sur le territoire lituanien. Le gouvernement lituanien, alors installe à Kaunas, essaya de résister quelques jours mais il céda le 10 Octobre 1939, après avoir obtenu que le nombre de militaires soviétiques soit réduit à 20 000.

Des accords identiques furent imposes à la Lettonie (5 Octobre) et à l’Estonie (27 Septembre). La Finlande refusa un tel traité et, le 30 Novembre 1939, l’Armée Rouge l’envahit. Malgré une défense héroïque, la Finlande fut obligée de signer un traité d’armistice le 13 Mars 1940, perdit un partie de son territoire, mais garda son indépendance.

Le 30 Mai 1940, le gouvernement soviétique accusa, sans aucun fondement, les autorités lituaniennes d’organiser des provocations contre l’Armée Rouge. Bien que le gouvernement lituanien ait accepté, le 14 Juin 1940, un ultimatum de l’Union soviétique, celle-ci envahit la Lituanie le 15 Juin 1940 avec 15 divisions (150 000 soldats !). Dès le 16 Juin, avec l’arrivée de l’adjoint du Commissaire aux Affaires Etrangères de l’URSS, Vladimir Dekanozov, ancien du NKVD, la soviétisation du pays commença. Dekanozov nomma le 17 Juin un gouvernement fantoche avec comme « Premier Ministre » Justas Paleckis.

Pendant ce temps-là, les Allemands purent envahir la France par une Blitzkrieg, tout en étant tranquilles à l’est …… En outre, la Gestapo livra au NKVD (police politique de l’URSS, gérante du goulag) les réfugiés russes présents sur le territoire allemand et réclamés par l'URSS, en échange de quoi l'URSS livrait à l'Allemagne de nombreux réfugiés antifascistes allemands et autrichiens réfugiés en Union soviétique.

Le 6 Juillet 1940, Dekanozov annonça que des élections à un « Seimas populaire » se tiendraient le 14 Juillet. Le parti communiste lituanien annonça la formation d’une Union de la Lituanie du Travail, association qui eut le droit exclusif de fixer la liste des candidats, un par siège, dans un processus qui perdurera longtemps …. Pour réduire au maximum les possibilités d’opposition, les leaders des « partis étatiques » furent arrêtés dans la nuit du 11 au 12 Juillet et 2 000 déportés à l’intérieur de l’Union soviétique. Puis on proclama que quiconque s’abstiendrait serait considéré comme un « ennemi du peuple ».

Le lendemain du vote, on annonça que 95,5 % des électeurs avaient pris part au vote, votant à 99,19 % pour les listes uniques. Les statistiques officielles font état de 106,18 % de participation à Kaunas, et 133 % à Vilnius !

Le « Seimas populaire » ainsi constitué se réunit le 21 Juillet au théâtre de Kaunas (ci-dessous) et demanda séance tenante « au Soviet Suprême de l’URSS d’admettre la RSSL (République Socialiste Soviétique Lituanienne) dans l’URSS. On notera au passage que des « invités de marque », agents du NKVD, soldats soviétiques, membres du parti communiste, participèrent au « vote »…… Le 3 Aout 1940, le Politburo du Soviet Suprême accepta la demande d’intégration de la Lituanie à l’URSS. L’occupation se transformait en annexion.

 

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C’est ce que les autorités russes actuelles appellent encore aujourd’hui « s’être passé conformément à la loi » (Major-General Lev Sotskov, du SVR - Service de Renseignement Extérieur, héritier du 1er Bureau du KGB).

La procédure d’annexion fut la même en Lettonie, supervisée par un autre Adjoint aux Affaires Etrangères, Andrey Vyshinsky, et en Estonie par un membre du Politburo, Andrei Zhdanov.

 

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Rencontre d'officiers nazis et sovietiques

(A suivre)

31 janvier 2009

Etats Baltes: forte hausse du chômage

081114_eurostat.jpgEn Décembre 2008, le taux moyen du chômage (corrigé des variations saisonnières, suivant la formule consacrée) était de 7,4 % dans l’Union Européenne (+ 0,1 % par rapport à Novembre). Celui de la zone Euro était de 8 % (+ 0,1 %).

Les plus forts taux étaient enregistrés en Espagne (14,4 %), en Lettonie (10,4 %), en Slovaquie (9,4 %), en Estonie (9,2 %), en Hongrie (8,5 %), en Irlande (8,2 %) et en Lituanie (8 %).

Les taux les plus bas étaient relevés aux Pays-Bas (2,7 %), en Autriche (3,9 %), à Chypre (4,2 %), en Slovénie (4,3 %), au Danemark (4,5 %), en République Tchèque (4,7 %) et au Luxembourg (4,8 %).

Si l’on compare avec Décembre 2007, ce sont la Pologne (de 8,2 % à 6,5 %) et la Slovaquie (de 10,3 % à 9,4 %) qui ont connu les baisses de chômage les plus importantes. Par contre, ce sont l’Espagne (de 8,7 % à 14,4 %) et l’Estonie (de 4,1 % à 9,2 %) qui ont enregistré les plus fortes hausses.

A noter qu’hier en Grande-Bretagne, des manifestants défilaient au cri de « British jobs for british workers », des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques, montrant peut-être par là un certain ras-le-bol vis-à-vis des étrangers, notamment Lituaniens, qui viennent travailler en Grande-Bretagne, dans des conditions sociales souvent perfectibles.

25 août 2008

Jeux olympiques: bilan pour les Baltes

Un dernier regard sur les Jeux Olympiques de Pékin qui se sont clos hier pour faire le bilan des trois Etats baltiques.

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Classement général 2008:

45 – Lettonie 1 or, 1 argent, 1 bronze

46 – Estonie 1 or, 1 argent

57 – Lituanie 2 argent, 3 bronze

 

(sur un total de 87 pays ayant obtenu des médailles)

 

Rappel 2004 :

45 – Lituanie 1/2/0

58 – Lettonie 0/4/0

64 – Estonie 0/1/2

 

Les médaillés

Lettonie

Or : Maris Strombergs cyclisme BMX

Argent : Ainars Kovals athlétisme lancer du javelot

Bronze : Viktors Scerbatihs halthérophilie + 105 kg

 

Estonie

 

Or : Gerd Kanter athlétisme lancer du disque (photo ci-dessous)

Argent : Aviron double hommes

 

Lituanie

 

Argent : Gintare Volungeviciute voile laser

              Edvinas Krungolcas pentathlon moderne

Bronze : Andrejus Zadneprovskis pentathlon moderne

             Mindaugas Mizgaitis lutte gréco-romaine 120 kg

            Virgilijus Alekna athlétisme lancer du disque

 

Basket

La Lituanie a été bien prêt de l’emporter face à l’Espagne en demi-finale (86 – 91), s’il n’y avait eu une accumulation de fautes dans le dernier quart temps. Par contre, elle n’a jamais inquiété l’Argentine qui remporte donc la médaille de bronze (75 – 87). La Lituanie termine 4ème comme à Athènes en 2004. Elle avait remporté la médaille de bronze en 1992, 1996 et 2000.    

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Gerd Kanter (Estonie)

23 août 2008

23 Aout 1939: le pacte Molotov – Ribbentrop

Le 23 Aout 1939, l’URSS, représentée par Viatcheslav Molotov, Président du Conseil des commissaires du peuple (Sovnarkom) et Ministre des Affaires Etrangères, et l’Allemagne nazie, représentée par Joachim von Ribbentrop, Ministre des Affaires Etrangères, signent à Moscou, en présence de Staline, un Traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques 

Le traité proclamait un renoncement aux conflits entre les deux pays, ainsi qu’une position de neutralité au cas où l’un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie. Mais il est surtout important par ses protocoles, demeurés longtemps secrets, qui délimitaient les sphères d’influence de l’Allemagne et de l’URSS dans les pays situés entre eux, et notamment les Etats Baltes (par un nouveau protocole du 28 septembre, la Lituanie, qui devait primitivement échoir a l’Allemagne, tomba dans la sphère soviétique). En outre, la Gestapo et le NKVD (ancêtre du KGB) s’engageaient à se livrer réciproquement les opposants refugiés de l’autre pays, et Staline fit effectivement livrer à la Gestapo nombre d’antifascistes allemands qui avaient cru trouver refuge en URSS.

Ce pacte permit à l’Allemagne de rapatrier des divisions, notamment blindées, vers l’ouest, sans craindre une attaque soviétique venant de l’est, et donc d’attaquer tranquillement la France. Auparavant, l’Allemagne avait agressé la Pologne le 1er Septembre 1939 et l’URSS s’y était associé le 17 Septembre, occupant la partie orientale du pays.

Le pacte fut rompu de facto le 22 Juin 1941, quand l’Allemagne déclencha l’opération « Barbarossa » contre l’Union soviétique, celle-ci étant d’ailleurs a priori prise par surprise.  

On assiste donc bel et bien à une réécriture de l’histoire quand la Russie d’aujourd’hui célèbre la « Grande Guerre Patriotique » et affirme péremptoirement qu’elle a pris la part la plus importante à la victoire sur le fascisme. Elle en avait été d’abord l’alliée, pendant 22 mois.

Dans les Etats Baltes, le 23 Aout est le jour du ruban noir.

Lors de la première occupation soviétique, conséquence de ce pacte sovieto-nazi, les Etat Baltes furent victimes d’une première vague de déportations et d’exécutions (environ 160 000 victimes) entre Juin 1940 et Juin 1941. Avec la seconde occupation de 1944, les Soviétiques recommencèrent à déporter, si bien que ces petits pays auraient vu près de 500 000 des leurs happés par la machine répressive soviétique. A noter qu’aujourd’hui la Russie refuse toujours de reconnaitre qu’il y ait eu occupation des Etats Baltes.

Le 23 Aout 1987, eut lieu, devant la statue d’Adomas Mickevičius (Adam Mickiewicz), près de l’église Ste Anne, la première manifestation pour protester contre l’occupation soviétique, manifestation rapidement réprimée.

Mais le 23 Aout 1988, c’est une manifestation de masse, organisée par Sajūdis (« Mouvement pour la reconstruction en Lituanie »), qui condamne l’agression dont la Lituanie avait été victime et qui réclame la publication des protocoles secrets du pacte germano-soviétique.

Enfin, le 23 Aout 1989, pour marquer le 50ème anniversaire du Pacte Molotov-Ribbentrop. 2 millions de Baltes s’unissent de Vilnius (place de la cathédrale) à Tallinn via Riga (560 km) dans une gigantesque chaine humaine (en lituanien Baltijos Kelias). Moscou parla alors de « dérive indépendantiste menée par des extrémistes irresponsables ».  Mais, quelques jours plus tard, le directeur de l’Institut des archives historiques de l’URSS reconnaissait dans la Pravda l’existence des protocoles secrets ! Le retour à l’indépendance était en marche.

Une très belle chanson à propos de cette chaine baltique, sur des images de l’époque : le courage de trois peuples défiant l’occupant soviétique, qui tuera encore des innocents Lituaniens jusqu’en Juillet 1991 :  http://www.youtube.com/watch?v=MXxDFw3tm0o&feature=re...

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11 août 2008

La Russie punit la Georgie

800px-Flag_of_Georgia.svg.pngLa guerre en Géorgie a bien du mal à se faire une place dans les medias français, majoritairement consacrés aux Jeux Olympique et à la Chine. Mais souvenez-vous, j’écrivais le 8 Aout : « … le fait que le monde aura l’esprit occupé ailleurs pendant un certain temps, pourrait donner l’idée à certains habitués de l’exercice de style de faire un « coup » qui passera ainsi quasiment inaperçu » ; je ne pensais pas que l’actualité allait me donner si vite raison. Une raison de plus pour évoquer un conflit dans lequel les Etats Baltes se sont largement impliqués, et surtout pour essayer d’en discerner les conséquences possibles.

Tout d’abord, sur un plan général, il faut rappeler l’aversion endémique de la Russie à voir les anciennes républiques soviétiques préférer rejoindre les structures euro-atlantiques plutôt que de rester sous son influence. Ce fut déjà le cas avant l’intégration des trois Etats Baltes à l’OTAN, ça l’est toujours aujourd’hui avec les aspirations de la Géorgie et de l’Ukraine. Il n’est qu’à se rappeler que, lors de sa rencontre avec le Président Saakashvili le 28 Février 2008, Vladimir Poutine avait exigé que la Géorgie renonce à ses velléités d’adhésion à l’OTAN comme préalable au règlement des conflits avec les séparatistes abkhazes et sud-ossètes.

Justement, pour bien comprendre la situation, il faut se souvenir également du sommet de l’OTAN à Bucarest, tenu du 2 au 4 Avril 2008. La Géorgie et l’Ukraine espéraient rejoindre le MAP (Membership Action Plan), considéré comme la dernière marche avant l’adhésion. La forte objection des dirigeants français et allemands ne l’a pas permis. La Russie a sans doute analysé ce non-geste comme un signe de liberté d’action pour renforcer son influence dans ces Etats.

Ce que la Russie fit dès le 16 Avril. Vladimir Poutine, qui était encore Président, émit un décret établissant des liens directs avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, sans, bien sûr, le consentement de la Géorgie, en violation des accords existants. Cette initiative, qui correspondait à une annexion de facto, ne suscita que de faibles protestations en Europe et aux Etats-Unis. Puis ce fut l’envoi de prétendus soldats de la paix supplémentaires et de troupes des chemins de fer en Abkhazie, ainsi que l’attribution de passeports russes à une majorité des habitants sud-ossètes et abkhazes. C’est  donc une escalade de pressions et de provocations qui ont amené le 7 Aout l’intervention des troupes géorgiennes en Ossétie du Sud (qui, rappelons-le, est toujours formellement une partie du territoire de la Géorgie).

La Russie est très vite intervenue, au nom de la défense de ses citoyens, allusion aux passeports largement distribués. De part et d’autres, les moyens employés semblent surdimensionnés, même si on ne peut comparer la petite armée géorgienne avec l’armée russe et ses réserves théoriquement sans fin. Au passage, on notera que des sites internet géorgiens ont été victimes de cyber attaques, ce qui signe, avec effet rétroactif, s’il en était besoin, les actions semblables subies par l’Estonie et la Lituanie dans un passé récent. L’agression russe s’accompagne en outre d’une intense action de propagande ; la chaine russe internationale, RTR Planeta, en principe généraliste, ne parle plus que de ça ! Quant à RIA-Novosti, elle se surpasse……

Mais aujourd’hui, la Russie a pénétré sur le territoire géorgien, a bombardé la ville de Gori et apparemment l’aéroport de Tbilissi, et procède à un blocus maritime des côtes géorgiennes. Lors d’une conversation téléphonique avec son homologue américaine, Condoleezza Ricce, le ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, a à peine caché que l’objectif était de chasser le Président géorgien, Mikhaïl Saakashvili, afin de mettre en place un dirigeant docile qui n’aurait pas l’idée de demander a intégrer les structures euro-atlantiques. On est donc bel et bien en présence d’une agression russe en Géorgie.  

En outre, on soulignera que la Géorgie est le seul chainon manquant dans la manœuvre d’encerclement énergétique de l’Europe par la Russie.

L’Europe, justement, n’est pas vraiment unie dans sa réaction. Les Présidents baltes et polonais, qui savent de quoi ils parlent en tant que leaders d’anciennes nations captives de l’URSS, ont appelé l’UE et l’OTAN à « prendre l’initiative et {à} s’opposer à la propagation de la politique impérialiste et révisionniste à l’est de l’Europe », insistant pour que « l’agression contre un petit pays en Europe ne {soit} pas passée sous silence ou qu’elle ne {fasse} pas l’objet de déclarations creuses plaçant au même niveau victimes et agresseurs ». Le ministre lituanien des Affaires Etrangères, Petras Vaitiekūnas, est à Tbilissi depuis samedi et sert de témoin sur ce qui se passe.  

Le reste des Occidentaux, fideles à leurs habitudes, ont appelé les deux parties à mettre fin aux violences, comme si les responsabilités étaient égales. Voilà qui ressemble fort à la crise des Sudètes de 1938, où Hitler, se faisant le champion du principe des nationalités, déclara vouloir « libérer les Allemands des Sudètes » de l'« oppression » tchécoslovaque. La crise avait débouché sur la conférence de Munich du 29 Septembre 1938. Churchill avait alors déclaré : « Entre le déshonneur et la guerre, vous avez choisi le déshonneur. Et vous allez avoir la guerre ». Puissent les dirigeants européens actuels, et notamment français et allemands, s’inspirer de ce précédent pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs. Et d’avoir les mêmes conséquences.

Car, après la Géorgie, à qui serait-ce le tour, au nom de la « protection » des citoyens russes ? A la Moldavie ? A l’Ukraine ? Aux Etats Baltes ?   

   

 

  

03 mars 2008

3 Mars 1918: traité de Brest-Litovsk

359088360.jpgAprès la révolution d’Octobre (qui, comme chacun sait, s’est déclenchée dans la nuit du 6 au 7 Novembre 1917 - calendrier grégorien), Lénine (de son vrai nom Vladimir Ilitch Oulianov – ci-contre) est convaincu qu’une paix immédiate est nécessaire pour sauver la révolution bolchevique. Il signe donc dès le 15 Décembre un armistice avec les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie et Turquie) et engage des négociations à Brest-Litovsk (Brest-la-Lituanienne, aujourd’hui au Belarus).

Léon Trotski (Lev Davidovitch Bronstein), chef de la délégation soviétique, fait au contraire trainer les pourparlers dans l’espoir du déclenchement d’une révolution bolchevique en Allemagne. Toutefois, une grande offensive allemande sur tous les fronts contraint la Russie soviétique à signer la paix le 3 Mars 1918, à des conditions plus désavantageuses que celles proposées par les Empires centraux un mois plus tôt.   

Ce traité de paix enlevait à la Russie 800 000 km2, représentant une part importante de ses ressources agricoles et industrielles de Finlande, Pologne, Etats Baltes, Ukraine et une partie de la Biélorussie. Il était explicitement déclaré que les nations baltes étaient dans la zone d’intérêt allemande et que la Russie renonçait à toute revendication à leur sujet.

Cette paix séparée permit en outre à l’Allemagne d’envoyer sur le front de l’Ouest un certain nombre de troupes pour s’opposer aux offensives alliées.

Dès le 11 Décembre 1917, le Conseil Lituanien (Taryba), en liaison avec l’Allemagne, avait proclamé la restauration de son indépendance, formellement déclarée le 16 Février 1918. Le 23 Mars 1918, l’Allemagne reconnaissait l’indépendance de la Lituanie mais, en fait, rien ne changera et tous les efforts pour installer une administration lituanienne seront entravés par les Allemands. Le 4 Juillet 1918, la Taryba offrira toutefois le trône de Lituanie au duc Wilhelm von Urach (ci-dessous) qui, s’il commença à apprendre le lituanien, ne viendra jamais. En tout état de cause, cette décision sera annulée le 2 Novembre 1918, avec la défaite proche des armées allemandes.

Le 13 Novembre 1918, après la défaite des Empires centraux, le traité de Brest-Litovsk fut annulé par le gouvernement soviétique qui s’attacha alors à reconquérir les territoires perdus. Les années 1919-1920 virent donc le jeune Etat lituanien combattre pour sauvegarder cette indépendance contre les soviétiques, les Polonais et les troupes de l’aventurier Bermont-Avaloff, formées d’Allemands et de Russes.  

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