07 décembre 2009

Le Palais royal de Vilnius

Le complexe du château de Vilnius (Vilniaus pilių kompleksas) a été, entre les Xème et XVIIIème siecles, l‘ensemble de structures défensives le plus important de Lituanie (ci-dessous, aux alentours de 1530). Il comportait le château d‘en haut, dont subsiste aujourd‘hui la tour de Gediminas, symbole de Vilnius, et le château d‘en bas. Le Palais royal, au sein du château d‘en bas, a été, prendant 4 siecles, le centre politique, administratif et culturel du Grand-duché de Lituanie, puisque des archéologues ont trouvé des restes d‘un château en bois datant du XIIIème siècle.

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C‘est à partir du Grand-duc Sigismond Ier le Vieux (Žygimantas II Senasis – 1467-1548) que le château royal acquerra toute sa splendeur, grâce aux travaux de l‘architecte italien Bartolommeo Berrecci, qui travailla également sur le château du Wawel à Cracovie. Sous le règne de son fils, Sigismond II Auguste (Žygimantas III Augustas – 1520-1572), un émissaire du Saint-Siège aurait déclaré que le château royal de Vilnius rassemblait plus de trésors que le Vatican ! Durant le XVIème siècle, le château fut remodelé dans le style renaissance. De nombreux évènements eurent encore lieu sous la dynastie Vasa (1587 – 1668), notamment la première représentation d‘un opéra en Lituanie, en 1634.

Le Palais royal fut gravement endommagé pendant la Première Guerre du Nord, quand les Russes prennent Vilnius pour la première fois de son histoire, le 31 Juillet 1655. Devenu inhabitable, il demeura abandonné pendant 150 ans (cf. ci-dessous), jusqu‘à ce que le pouvoir d‘occupation russe tsariste décide de le raser entre 1799 et 1801, en tant que symbole de l‘Etat lituanien.

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C‘est justement parce qu‘il représentait le symbole de l‘Etat lituanien que le Seimas (Parlement) vota une loi, le 17 Octobre 2000, stipulant que le château royal devait être reconstruit pour 2009, à l‘occasion du Millénaire de l‘apparition du nom de Lituanie. Une fondation fut créée le 23 Aout 2000 afin de lever des fonds pour aider le gouvernement lituanien dans ce projet. Les travaux de restauration ont commencé le 10 Mai 2002, au vu de gravures, car les plans n‘existaient plus.

Officiellement inauguré le 6 Juillet 2009, le Palais a été très vite refermeé, car il n‘est pas terminé. A ce jour, il manquerait 150 millions de Litas (43,4 millions d‘€) pour terminer les travaux. Seuls 12 millions de Litas (3,4 millions d‘€) ont été provisionnés dans le budget 2010, ce qui suffira juste à protéger ce qui a déjà été construit. En outre, la presse s‘est récemment émue que 70 employés etaient rémunerés (en moyenne 1 800 Litas = 521 € par mois), alors que le Palais était fermé.

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20 novembre 2009

“Les Français dans l’histoire de la Lituanie” de nouveau en librairie

La librairie "Pegasas" au 1 Didžioji g. à Vilnius (sous le Centre Culturel Français) vient de recevoir une nouvelle livraison de livres “Les Français dans l’histoire de la Lituanie” (éditions de L'Harmattan)

Si vous voulez faire un cadeau de fin d’année spécifique et original de la Lituanie, qui, en plus, ne prend pas trop de place dans la valise, n’hésitez pas à lui rendre visite (Du lundi au vendredi de 10h00 à 19h00 et le Samedi de 11h00 à 15h00).

« La Lituanie n'est pas un Etat jeune, puisque son nom est apparu le 14 février 1009. Ce pays reste néanmoins méconnu des Français et pourtant... de 1009 à 2009, du plus humble au plus prestigieux, il est fait ici une galerie de portraits de Français qui, chacun à leur niveau, ont marqué l'histoire de la Lituanie : Edwige d'Anjou, à l'origine de la conversion de la Lituanie au christianisme, Henri de Valois, Henri III, éphémère roi de Pologne, ou encore Napoléon, tant fut grand l'espoir de liberté qu'il apporta en 1812... »

 

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18 novembre 2009

91ème anniversaire de l’indépendance de la Lettonie

1044794_BIG_1258467429.jpgLa Lettonie fête aujourd’hui le 91ème anniversaire de son indépendance, survenue donc le 18 Novembre 1918. Retour sur l’Histoire.

A l’issue de la Grande Guerre du Nord (1700 – 1721), la cession du duché suédois de Livonie à la Russie fut officialisée par le traité de Nystad en 1721. C’est le début de la domination russe sur le territoire actuel de la Lettonie, qui sera complète à la fin du XVIIIème siècle, avec l’acquisition des provinces polono-lituaniennes. Mais si les provinces lettones sont administrées par l'empire russe, l'alphabétisation et les progrès sociaux vont permettre, au cours du XIXème siècle, la naissance d'une bourgeoisie nationale lettone à côté des barons baltes, descendants des Chevaliers Livoniens.

Lorsque la Première Guerre mondiale atteint le territoire letton, la population lettone soutient massivement l’effort de guerre russe, de peur d’être à nouveau victime du pangermanisme. En 1915, le gouvernement russe accepte la formation d’unités lettones qui symboliseront bientôt les aspirations nationales : ce sont les fameux 8 Régiments de tirailleurs lettons. Leur courage et leur héroïsme parviendront à stopper l’avance allemande aux portes de Riga. Mais le gouvernement tsariste, puis celui de Kerensky (après la révolution de Février 1917 en Russie), se refuseront à accorder toute forme d’autonomie à la Lettonie.

La révolution d’Octobre (Novembre 1917) et l’effondrement de la Russie aboutiront à la domination militaire de l’Allemagne sur les Etats Baltes. En Lettonie, les élites allemandes demandent à être rattachées à l’Allemagne sous une forme ou une autre. Une partie des divisions lettones deviennent le fer de lance de l’Armée rouge nouvellement créée. Mais d’autres unités lettones sont également créées au sein des Armées blanches et devront battre en retraite à travers la Sibérie avec les Tchèques, avant d’être rapatriés par bateau depuis la Mandchourie en 1920. (Ci-dessous, le monument des tirailleurs lettons à Riga)

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Avec l’effondrement de l’Allemagne en Novembre 1918, les troupes rouges entrent en Lettonie, occupant notamment Riga, la Latgale (Daugavpils) et la Vidzeme (Riga). C’est dans ce contexte que les élites lettones se décident à proclamer l’indépendance de la Lettonie le 18 Novembre 1918.

Jusqu'à l'été 1919, l'autorité du gouvernement letton reste très faible. Réfugié à Libau (Liepaja), il est en butte à la menace des bolcheviques mais aussi des « corps francs », formés de volontaires allemands. Certains combats pour l'indépendance mettront même face à face d’anciens frères d'armes, Lettons rouges et nationaux. Devant cette double menace, les alliés interviennent, notamment par l'intermédiaire d'une flotte franco-britannique. Le gouvernement letton peut s'installer à Riga en Juillet 1919. Mais il devra encore lutter (ainsi que les Lituaniens), là encore soutenu par les flottes alliées, contre les troupes de l'aventurier Bermont-Avaloff (11 Novembre 1919) avant de commencer réellement à fonctionner en Janvier 1920.

Le premier dirigeant letton sera Jānis Čakste (ci-dessous), Président du Conseil du Peuple Letton jusqu'au 1er mai 1920, puis président de l'Assemblée Constitutionnelle jusqu'au 18 novembre 1922.

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Après des réticences (désir de voir renaître une Russie forte et doutes sur la viabilité de la Lettonie), les puissances alliées reconnaitront de jure la Lettonie le 26 Janvier 1921 et accepteront en Septembre 1921 son entrée à la Société Des Nations. Une nouvelle Constitution sera adoptée le 15 Février 1922.

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17 novembre 2009

Réouverture du tunnel ferroviaire de Kaunas

1258369888eovc0045.jpgCe matin, à 4H, un premier convoi a dû réemprunter le tunnel ferroviaire rénové à l’entrée de Kaunas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le tunnel avait été détruit à l’explosif en sept endroits différents, et il a fallu plus de 900 jours et de 80 millions de Litas (23,17 millions d’Euros) pour le réparer. Désormais, les convois pourront l’emprunter à une vitesse de 83 km/h, contre 40 km/h auparavant.

Mais pourquoi parler de cette réparation, certes intéressante, mais pas exceptionnelle ?

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C’est que ce tunnel, situé sur la ligne Daugavpils – Varsovie, ainsi que le pont métallique sur le Niémen, ont été construits par une société française. En effet, c’est le 9 Mai 1859 que la société Ernest Guen et Cie commença la construction de ce tunnel de 1,3 km de long. Les travaux furent dirigés par l’ingénieur français G.F. Pero, assisté de l’ingénieur allemand Riddell. La première locomotive emprunta le tunnel le 20 Novembre 1861. Le pont, lui, ne sera opérationnel que le 21 Février 1862, des bateaux transportant des pièces métalliques ayant coulé en mer Baltique, ce qui a entrainé des retards.

Le travail des Français ne s’est certainement pas limité au pont et au tunnel, puisqu’on m’a signalé la tombe d’un ingénieur des chemins de fer français, Philippe Jesus, décédé en 1860, dans un cimetière abandonné près de Visaginas.

Dernier clin d’œil de l’histoire : le tunnel ferroviaire de Kaunas est construit sous le rue des Français (Prancūzų gatvė), appelée ainsi puisque c’est le chemin qu’empruntèrent les soldats de Napoléon en Juin 1812, pour se rendre de Kaunas à Vilnius.

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12 novembre 2009

Excursion à Kaunas

Le samedi 5 décembre, le CLEF (Club Lituanien des Francophones) organise

UNE EXCURSION FRANCOPHONE

„SUR LES TRACES DES FRANÇAIS A KAUNAS“

Veillez à bien réserver cette date si vous pensez participer à cette excursion.

Voici le programme prévu:

  • Musée de Guerre: Salle 1812 (avec M. Arvydas Pociūnas, directeur adjoint du musée et grand spécialiste de Napoléon)
  • Site du franchissement de la Grande Armée (à Panemunė)
  • Ancien Monastère de la Sainte-Croix
  • Déjeuner à proximité de l’ancien Hôtel-de-Ville
  • Fort IX (souvenirs du convoi 73 de 1944)

Je guiderai cette excursion, avec l’aide de M. Arvydas Pociūnas pour la partie spécifiquement napoléonienne. Départ de Vilnius, parking derrière l’Opéra à 9H précises.

Le montant du coût sera précisé quand le nombre de participants sera fixé, mais il sera calculé au plus juste. Il n’y aura à payer que les frais de la location du bus, le prix du repas et l‘entrée au Fort IX.

L’inscription s’effectue jusqu’au 27 novembre 2009 à l’adresse :

frankofonija@mruni.lt.

N.B. Pour des raisons d’organisation, les demandes reçues après le 27 novembre ne pourront pas être prises en considération.

Merci de diffuser cette information auprès des personnes susceptibles d’être intéressées par l’excursion.

 

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L'Empereur: "Kaunas? C'est par ici !"

 

08 novembre 2009

Et pendant ce temps-là à Moscou …

Le 7 Novembre avait lieu sur la Place rouge un défilé, qualifié de solennel, consacré au 68ème anniversaire …… d’une parade militaire qui avait eu lieu en 1941, bien que Moscou fut alors assiégée par les troupes nazies. Cette parade commémorait elle-même le 24ème anniversaire de la révolution d’octobre. C’est un peu alambiqué, mais ça a le mérite de détourner l’attention du citoyen russe des manifestations autour de la chute du mur de Berlin.

Si, si, même RIA-Novosti le dit, donc c’est vrai ! http://fr.rian.ru/russia/20091107/185471510.html

4 000 jeunes, membres d’associations paramilitaires ont défilé, vêtus en uniforme de 1941, ainsi que deux chars T-34.

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Par ailleurs, le Premier Ministre russe Vladimir Poutine, ancien Lieutenant-colonel du KGB en poste à Dresde à l’époque de la RDA, a donné une interview à la chaine de télévision NTV. Il y dit éprouver de la nostalgie pour cette époque. Il ajoute : « Je me souviens encore de cette chaleur et de cette cordialité ». Je ne suis pas persuadé que les Allemands de l’est, qui ont eu à l’époque à faire au KGB et à la Stasi, aient ressenti la même cordialité ……

Chute du mur de Berlin (3). Et la France ?

Berlin_Wall_Trabant_grafitti.jpgLa France, à l’époque de la chute du mur de Berlin, était incarnée par le Président de la République François Mitterrand (1916 – 1996) et par le Ministre des Affaires Etrangères, Roland Dumas (1922 - …).  

François Mitterrand a accueilli la chute du mur, et surtout la réunification allemande qui a suivi, avec des sentiments mêlés. Certes, dès le 10 Novembre 1989, il parle d’ « évènement heureux qui marque un progrès de la liberté en Europe ». Tout au long de l’année qui aboutira à la réunification des deux Allemagnes le 3 Octobre 1990, il répètera que « la réunification allemande est légitime ».

Mais, en homme qui a connu et fait la seconde guerre mondiale, il incarne certaines angoisses françaises face à une Allemagne trop forte. Selon lui, le Chancelier Kohl, tout à son désir de fusionner RFA et RDA va trop vite et consulte trop peu. Avec Margareth Thatcher, il cherche à ralentir la réunification. De son côté, le chancelier Kohl a été quelque peu énervé par l’insistance de Mitterrand sur la reconnaissance de la frontière germano-polonaise (dite Oder-Neisse) par l’Allemagne. Le Chef de l’Etat français a, de facto, raté cette fête de la Liberté.

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La deuxième obsession de François Mitterrand est la survie politique de Mikhaïl Gorbatchev. Celui-ci lui a déclaré, le 6 Décembre 1989 : « Aidez-moi à éviter la reunification allemande, sinon je serai remplacé par un militaire ; si vous ne le faites pas, vous porterez la responsabilité de la guerre ». Or, le Président français sera très étonné de voir que Gorbatchev acceptera très vite le principe de la réunification, à la suite d’une rencontre avec le Chancelier Kohl le 12 Février 1990. En fait, il espérait que l’URSS ferait « le sale boulot » de freiner cette réunification.

On retrouvera cette prudence teintée de Gorbimania après que la Lituanie ait déclaré son indépendance, le 11 Mars 1990. N’a-t-il pas écrit : « Je comprendrais si Gorbatchev utilisait la force » !?  Comme Gorbatchev, il voulait réformer l’URSS, réformer la prison comme l’écrit Vytautas Landsbergis, alors que les Lituaniens ne voulaient pas moins que la Liberté.

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On devrait (peut-être) savoir très vite ce que pensait réellement le Président Mitterrand car le Ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a décidé l’ouverture anticipée, à partir du 9 Novembre 2009, de la totalité des archives diplomatiques du Ministère des Affaires étrangères correspondant à la période de la chute du mur de Berlin (Selon l’Article L. 213-2 de la LOI n° 2008-696 du 15 juillet 2008, ces archives n’étaient communicables qu’à partir de Novembre 2014).

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Chute du mur de Berlin (2): les acteurs

Berlin_Wall_Trabant_grafitti.jpgTout comme l’ouverture du mur ne fut pas un évènement isolé, apparu ex abrupto, elle n’a pas été le fait d’un seul acteur, en l’occurrence Mikhaïl Gorbatchev. Retour sur ceux qui y ont joué un rôle déterminant, une liste bien sûr subjective.

Tout d’abord, Ronald Reagan (1911 – 2004). Président des Etats-Unis de 1981 à 1989, en contraignant l’URSS à une course aux armements qu’elle n’était pas en mesure de suivre économiquement, il accélèrera la décomposition de celle-ci. On se souvient de son discours à Berlin, le 12 Juin 1987, appelant Gorbatchev à faire tomber le rideau de fer (ci-dessous). Il est souvent considéré comme le grand vainqueur de la guerre froide.

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Jean-Paul II (1920 – 2005), Pape polonais élu en 1978, a contribué à la déstabilisation du bloc communiste par le rappel constant de convictions morales qui, en quarante-cinq années, avaient été occultées: le droit à la vérité face au mensonge; le respect de la conscience et de la liberté religieuse, érigée en liberté fondamentale; le droit pour les croyants à avoir toute leur place dans la société. Ses trois voyages dans la Pologne communiste (1979, 1983 et 1987 – cf. photo ci-dessous) vont former la trame d'une résistance politique et spirituelle, préparer les esprits à l'alliance des intellectuels dissidents, des ouvriers et des catholiques qui, dans ce pays et, par effet de contagion, dans les « pays frères » de l'Est, va lézarder le système, avant de lui donner le coup de grâce.

On retiendra une image : celle du Pape voyant à la télévision que les ouvriers de Gdansk ont accroché, sur les grilles de leur usine en grève, son propre portrait. Jamais jusque là (Berlin-Est, Budapest, Prague) aucune révolte populaire en Europe de l'Est n'avait eu de connotation religieuse.

On soulignera qu’à Berlin-Est, la contestation pacifique n'aurait pas été possible sans l'engagement des pasteurs de l'Eglise évangélique allemande qui ont su accueillir dans leurs églises (Saint-Nicolas à Leipzig, Gethsémani à Berlin) les manifestants de l'automne 1989.

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Mikhaïl Gorbatchev (1931 - …). Accédant à la tête de l’URSS en 1985, il se doit de relancer l’économie et la société soviétique et il promeut alors une politique de réforme (perestroïka). Il prévient les pays du bloc de l’Est que l'URSS n’interviendra pas militairement en cas de changement de régime. En visite à Berlin-Est en octobre 1989, il est acclamé par la population, qui l’accueille aux cris de «Gorbi ! Gorbi ! ». Moscou lâche alors la RDA et n’empêche pas la chute du Mur. Adulé par l’Occident, on se rappellera qu’il a continué à ordonner la répression au sein de l’Union soviétique. Confronté à un coup d’Etat raté et à la dislocation de l’URSS, il démissionnera le 25 décembre 1991.

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On l’oublie souvent : la première ouverture dans le rideau de fer s’est produite en Hongrie. Au printemps 1989, la direction du parti communiste hongrois décide, pour des raisons idéologiques et financières, de démanteler les barbelés installés entre la Hongrie et l’Autriche. Moscou laisse faire. Le ministre hongrois des Affaires étrangères Gyula Horn (1932 - … à droite sur la photo) et son homologue autrichien, armés de cisailles, immortalisent le 27 Juin 1989 cette percée dans le « Rideau de Fer ». A la mi-octobre, 50.000 Allemands de l’est ont déjà fuit en Hongrie pour passer à l’Ouest. « La première pierre du Mur de Berlin a été enlevée en Hongrie », dira plus tard le chancelier Helmut Kohl.

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Helmut Kohl (1930 - …), Chancelier de la République Fédérale Allemande de 1982 à 1998. En Novembre 1989, moins de vingt jours après l'ouverture du mur de Berlin, il força le destin en lançant, sans en avertir ses partenaires occidentaux ni l'Union soviétique, un « plan en dix points », véritable feuille de route vers la réunification des deux Allemagnes. Son instinct politique ne l'avait pas trompé: la fin du Mur signifiait la mort subite de la RDA. Il avait eu raison de brusquer les choses car la situation et la volonté populaire est-allemande exigeaient de réunifier sans délai et sans se soucier ni des craintes européennes ni des « vapeurs » de Moscou.

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Mais surtout, c’est le peuple qui fut le véritable acteur de la chute du mur. Celui qui avait déjà affronté les chars soviétiques en Juin 1953 et qui, depuis Première grande manifestation à Leipzig le 25 Septembre 1989, et jusqu'à celle du 4 Novembre 1989 réunissant un million de personnes sur l’Alexander Platz à Berlin-Est, a poussé le régime de la RDA à l’effondrement (ci-dessous, Leipzig 17 Octobre 1989). Avant le 9 Novembre 1989, Berlin-Est scandait : « Nous sommes le peuple ! ». Après le 8 Novembre 1989, tout Berlin (et toute l’Allemagne) scandait : « Nous sommes un peuple ! ».

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(A suivre : Chute du mur de Berlin (3) : et la France ?)

06 novembre 2009

Chute du mur de Berlin (1) : chronologie élargie

Berlin_Wall_Trabant_grafitti.jpgDans l’inconscient populaire occidental, et même dans certains medias, la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 a été un évènement spectaculaire et unique, qui a marqué la fin du communisme en Europe. Il n’en est évidemment rien. Ce ne fut en fait qu’une étape, sans doute la plus médiatisée, dans la lente dislocation des régimes communistes d’Europe de l’est.

Le but de cette série de posts est de montrer le processus de cette dislocation et le rôle de chacun dans ce processus. Tout d’abord, retour sur une chronologie éminemment subjective.

7 0ctobre 1949 : après le blocus de Berlin-Ouest par les soviétiques, la Loi fondamentale de la République Fédérale d’Allemagne est proclamée le 23 Mai 1949. Le 7 Octobre, la division est-ouest se renforce avec l’entrée en vigueur de la Constitution de la République Démocratique Allemande (RDA).

16-17 Juin 1953 : insurrection ouvrière à Berlin-Est puis dans toute la RDA. Répression par l’armée soviétique et la police est-allemande.

28 Juin 1956 : insurrection ouvrière à Poznań (Pologne). Répression par l’armée polonaise, sur ordre des soviétiques.

23 Octobre 1956 : insurrection spontanée de Budapest (Hongrie). Répression par l’armée soviétique.

12-13 Aout 1961 : début de la construction du mur de Berlin (Walter Ulbricht, en accord avec Khrouchtchev).

5 Janvier 1968 : arrivée au pouvoir en Tchécoslovaquie du réformateur Alexander Dubček : printemps de Prague. Répression à partir du 21 Aout 1968 par les troupes du pacte de Varsovie. 16 Janvier 1969 : immolation par le feu de l’étudiant Jan Palach.

14 Mai 1972 : l’étudiant lituanien Romas Kalanta s’immole par le feu à Kaunas (Lituanie) pour protester contre l'oppression de l'occupant soviétique envers la langue et la culture lituaniennes.

16 Octobre 1978 : le cardinal polonais Karol Józef Wojtyła devient Pape sous le nom de Jean-Paul II. Premier voyage en Pologne du 2 au 10 Juin 1979.

31 Aout 1980 : création en Pologne de la fédération de syndicats Solidarność, dirigée à l'origine par Lech Wałęsa. Des grèves nationales en 1988 forcent le gouvernement du général Jaruzelski à ouvrir le dialogue avec Solidarność. Le mouvement est légalisé le 17 Avril 1989 et peut participer aux élections.

15 mars 1985 : élection de Mikhaïl Gorbatchev au Plénum du Comité Central du Parti communiste d’Union soviétique.

23 Aout 1987 : première manifestation en Lituanie contre l’occupation soviétique, devant le monument d'Adomas Mickevičius à Vilnius. A Riga (Lettonie), entre 7 et 10 000 personnes déposent des fleurs au Monument de la Liberté.

16 juin 1989 : 250 000 personnes assistent au transfert de la tombe de Imre Nagy, ex-Premier Ministre hongrois, martyr de la révolution de 1956. Cette date est considérée comme un tournant symbolique dans le changement de régime en Hongrie.

27 juin 1989 : les ministres des Affaires extérieures d’Autriche et de Hongrie coupent les barbelés séparant la frontière à Sankt Margarethen / Sopronkohida (Autriche/Hongrie).

23 Aout 1989 : Voie balte. 2 millions de Lituaniens, Lettons et Estoniens forment une chaine humaine de deux millions de personnes entre Vilnius, Riga et Tallinn pour protester contre l’occupation soviétique.

24 Aout 1989 : Tadeusz Mazowiecki devient Premier Ministre polonais, après que Solidarność ait gagné 99 des 100 sièges au Sénat et tous les sièges à la Sejm (161).

10 Septembre 1989 : création de « Neues Forum » en RDA. Avec l’Eglise protestante, c’est le principal mouvement réclamant des réformes démocratiques. Première grande manifestation à Leipzig le 25 Septembre 1989.

7 Octobre 1989 : en visite à Berlin-Est, Mikhaïl Gorbatchev « lâche » le régime est-allemand

4 Novembre 1989 : manifestation d’un million de personnes sur l’Alexander Platz à Berlin-Est

9 Novembre 1989 : ouverture du mur de Berlin

10 novembre 1989 : décret du Soviet suprême d'URSS déclarant les déclarations estonienne, lettone, lithuanienne et azéri sur la prééminence des lois des Républiques sur les lois de l'URSS en contradiction avec la Constitution et donc nulles et non avenues.

30 Novembre 1989 : ouverture des frontières entre la Tchécoslovaquie et l’Autriche.

21 – 25 Décembre 1989 : révolution sanglante en Roumanie

11 mars 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de la Lituanie. A partir du 18 Avril, l’URSS impose un blocus économique à la Lituanie.

30 mars 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de l'Estonie avec une période de transition.

4 mai 1990 : déclaration restaurant l'indépendance de la Lettonie avec une période de transition.

13 Janvier 1991 : alors que le monde a les yeux tournés vers Bagdad (première guerre du Golfe), les forces spéciales soviétiques donnent l’assaut à Vilnius (Lituanie) contre la télévision et le Parlement et font 14 morts et plus de 300 blessés civils.

20 Janvier 1991 : attaque du Ministère de l'intérieur à Riga (Lettonie) par les OMON: 6 morts et 10 blessés.

31 juillet 1991 : 7 gardes frontières du poste de douane de Medininkai (Lituanie) sont tués. Tout porte à croire que c'est le fait des OMON de Riga. Ce seront les derniers morts victimes de l’URSS de M. Gorbatchev.

19-21 Aout 1991 : échec du putsch de Moscou. Gorbatchev démissionne de son poste de Secrétaire général du parti communiste. En Septembre, l’URSS reconnait l’indépendance des Etats Baltes.

25 Décembre 1991 : Gorbatchev démissionne de son poste de président soviétique, 4 jours après que les représentants de onze républiques soviétiques (absents les 3 Républiques baltes et la Géorgie) aient constaté le décès de l'URSS à Alma-Ata, au Kazakhstan. L'Union soviétique cesse d'exister.

26 Avril 2005 : le Président russe Vladimir Poutine déplore la disparition de l'Union Soviétique, en déclarant au cours d'un discours devant le Parlement que c'était "la plus grande catastrophe géopolitique du siècle".

On a donc vu que l’ouverture du mur de Berlin n’a été qu’un épisode de la décomposition de l’empire soviétique, souvent sous la pression des peuples opprimés. Mais aussi, on a vu que l’URSS a encore continué à tuer après le 9 Novembre 1989. Toutefois, avec la chute du mur, ne sont-ce pas aussi nos défenses qui sont tombées ? Qui s’inquiète en effet des déclarations et des actes de Vladimir Poutine, réhabilitant Staline et l’URSS ?

(A suivre)

16 octobre 2009

Conférence à Kaunas

Spalio 21 d. (trečiadienį) 17 val.

Robero Šumano centras ir VDU Humanitarinių mokslų fakultetas

kviečia visus į paskaitą « Kryžiuočių riteriai ir Lietuva », kurią skaitys Lietuvos ir Latvijos istorijos žinovas p. Gilles Dutertre. Jis taip pat papasakos apie savo knygos «Prancūzai Lietuvos istorijoje» koncepciją.

Bus naudojama vaizdinė medžiaga ir verčiama į lietuvių kalbą

Donelaičio g. 52-211, M. Gimbutienės auditorija

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Le mercredi 21 octobre à 17 h

Le Centre Robert Schuman et la Faculté des Sciences Humaines de VDU

vous invitent à la conférence "Les Chevaliers Teutoniques et la Lituanie ".

Intervenant: Gilles Dutertre, spécialiste de Lituanie et de Lettonie, qui évoquera également la conception de son livre "Les Français dans l‘histoire de la Lituanie"

Traduction assurée.

Support vidéo ;

52-112, rue Donelaicio, Salle d’études M. Gimbutiene

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