08 novembre 2009
Chute du mur de Berlin (3). Et la France ?
La France, à l’époque de la chute du mur de Berlin, était incarnée par le Président de la République François Mitterrand (1916 – 1996) et par le Ministre des Affaires Etrangères, Roland Dumas (1922 - …).
François Mitterrand a accueilli la chute du mur, et surtout la réunification allemande qui a suivi, avec des sentiments mêlés. Certes, dès le 10 Novembre 1989, il parle d’ « évènement heureux qui marque un progrès de la liberté en Europe ». Tout au long de l’année qui aboutira à la réunification des deux Allemagnes le 3 Octobre 1990, il répètera que « la réunification allemande est légitime ».
Mais, en homme qui a connu et fait la seconde guerre mondiale, il incarne certaines angoisses françaises face à une Allemagne trop forte. Selon lui, le Chancelier Kohl, tout à son désir de fusionner RFA et RDA va trop vite et consulte trop peu. Avec Margareth Thatcher, il cherche à ralentir la réunification. De son côté, le chancelier Kohl a été quelque peu énervé par l’insistance de Mitterrand sur la reconnaissance de la frontière germano-polonaise (dite Oder-Neisse) par l’Allemagne. Le Chef de l’Etat français a, de facto, raté cette fête de la Liberté.
La deuxième obsession de François Mitterrand est la survie politique de Mikhaïl Gorbatchev. Celui-ci lui a déclaré, le 6 Décembre 1989 : « Aidez-moi à éviter la reunification allemande, sinon je serai remplacé par un militaire ; si vous ne le faites pas, vous porterez la responsabilité de la guerre ». Or, le Président français sera très étonné de voir que Gorbatchev acceptera très vite le principe de la réunification, à la suite d’une rencontre avec le Chancelier Kohl le 12 Février 1990. En fait, il espérait que l’URSS ferait « le sale boulot » de freiner cette réunification.
On retrouvera cette prudence teintée de Gorbimania après que la Lituanie ait déclaré son indépendance, le 11 Mars 1990. N’a-t-il pas écrit : « Je comprendrais si Gorbatchev utilisait la force » !? Comme Gorbatchev, il voulait réformer l’URSS, réformer la prison comme l’écrit Vytautas Landsbergis, alors que les Lituaniens ne voulaient pas moins que la Liberté.
On devrait (peut-être) savoir très vite ce que pensait réellement le Président Mitterrand car le Ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a décidé l’ouverture anticipée, à partir du 9 Novembre 2009, de la totalité des archives diplomatiques du Ministère des Affaires étrangères correspondant à la période de la chute du mur de Berlin (Selon l’Article L. 213-2 de la LOI n° 2008-696 du 15 juillet 2008, ces archives n’étaient communicables qu’à partir de Novembre 2014).
18:01 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mur, berlin, france, mitterrand










Commentaires
Une precision, trouvee depuis:
"En Décembre 1989, un mois après la destruction du Mur, François Mitterrand se rendit en visite officielle en Allemagne de l’Est et déclara : « Nous avons encore beaucoup à faire ensemble »." On ne peut pas dire que l'analyse ait été très pertinente......
Ecrit par : Gilles | 09 novembre 2009
D'ailleurs il faut noter que la relative absence des français parmi les investisseurs en Lituanie date de cette époque, la France ni sous Mitterand ni sous Chirac ni sous Sarkozy ne s'est jamais beaucoup intéressé à l'Europe de l'est. La Lituanie a alors naturellement cherché d'autres partenaires en Europe. Certes on ne peut pas dresser un constat catégorique, mais les deux pays assez largement s ignorent.
Ecrit par : Audrius | 09 novembre 2009
Malheureusement, vous avez tout a fait raison !
Ecrit par : Gilles | 09 novembre 2009
Exact Gilles, François Mitterrand a fait une visite officielle de 3 jours en RDA fin 1989. Ca se passe de commentaire.
Ecrit par : bertrand | 09 novembre 2009
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