09 octobre 2009

Où va la Lettonie ?

Latvian-flag.jpgChaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles en Lettonie.

Avant-hier, c’est le directeur de l’association des employés du secteur médical qui déclarait que la totalité des hôpitaux du pays pourraient cesser leurs activités à partir du 1er Novembre, si le gouvernement n’accordait pas d’urgence des moyens supplémentaires au secteur hospitalier (cf. http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1197)

Hier, c’est le Ministre des Affaires Etrangères, Maris Riekstins, qui, devant faire une coupe de 6 millions de Lats (8,5 millions d’€) dans son budget 2010, estimait qu’il faudra alors fermer tous les Consulats et une dizaine d’Ambassades. Ce ne sera pas sans conséquences sur les relations internationales. Un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères précisait que, déjà, la moitié des Ambassades fonctionnaient avec deux personnes, l’Ambassadeur et le Consul.

Les salaires des policiers et des enseignants ont déjà été diminués de 30 %, les allocations sociales et les retraites ont également été réduites. Des manifestations ont eu lieu contre des fermetures d’hôpitaux et d’écoles. Les Ministères ont, dans l’ensemble, perdu 30 % de leurs moyens.

L’an dernier, l’Union Européenne, le Fonds Monétaire International (FMI) et certains pays nordiques ont promis à la Lettonie un prêt de 7,5 milliards d’€. 3 milliards ont déjà été versés, mais le versement d’une nouvelle enveloppe dans les semaines à venir est lié à une réduction du budget 2010 de 500 millions de Lats (700 millions d’€).

Or, un des bailleurs de fonds, la Suède, dont les banques sont très exposées dans les Etats Baltes, reproche à la Lettonie de n’avoir réduit ses dépenses « que » de 325 millions de Lats. Mais le Premier Ministre letton, Valdis Dombrovskis (photo ci-dessous) a déclaré : « Nous ne pouvons aller plus loin. Nous devons maintenant nous concentrer sur le rétablissement de notre économie ».

Et si les bailleurs de fonds, au-delà de leurs inquiétudes légitimes, au-delà de la recherche de responsabilité des uns ou des autres, pensaient d’abord à ceux qui n’auront pas de quoi payer leur chauffage, pas de quoi se soigner, à ceux qui vont voir leurs allocations chômage s’arrêter au bout de 9 mois ? La solidarité est bien inscrite dans les textes de l’Union Européenne, non ?

Valdis Dombrovskis.jpeg



Commentaires

Vous avez parfaitement raison quand vous dites que les bailleurs ont toute légitimité à réclamer leurs prêts et leurs intérêts. Sans ceux-là, ils auraient des difficultés à verser les tranches suivantes et la situation serait sans doute pire pour les pauvres, les chômeurs et autres retraités.
La Lettonie doit se montrer crédible sur un point de vue économique (et donc être capable de financer sa dette à court terme, comme c'était prévus dans les différents accord signés), ou se passer de l'aide étrangère (en est-elle capable?)
Comme l'a dit le premier ministre (qui a trop souvent l'habitude de signer avant de négocier), le pays à désormais le choix entre mal et pire. L'hiver sera dur pour les lettons...

Ecrit par : frederic | 09 octobre 2009

........ Mais je suis pret a parier que les politiciens et banquiers lettons auront du chauffage, eux !

Ecrit par : Gilles | 09 octobre 2009

Malheureusement, ça fait des mois que l'on attend le grand clash... et les rumeurs de dévaluation sont reparties de nouveau!

Ecrit par : français en estonie | 09 octobre 2009

savez-vous que l'"homme d'Etat" le mieux payé en Lettonie est le président qui touche, si je me souviens bien 2208 Lats par mois (nets). Ce plafonnement a été fait récemment et je crois que certains membres du secrétariat présidentiel touchaient plus que leur patron.
Les ministres touchent un tout petit peu moins de 2000 Lats (sauf peut-être le premier d'entre-eux).

Evidemment ces rémunérations sont de l'argent de poche, mais celà représente 5,7 fois le salaire moyen letton brut (381 Ls). En France, le président touche environ 10 fois le salaire moyen d'un Français.
Sans chercher à défendre ces "pauvres" ministres, je pense qu'en dehors des corrompus (s'il y en a...), ils n'abusent pas.

Les banquiers sont largement plus amusants. Les anciens propriétaires de Parex (nationalisée fin 2008), Kargin et Krasovitskii, tentent en ce moment de récupérer leur poste de président... On en parle chaque jour dans la presse lettonne.

Ecrit par : frederic | 10 octobre 2009

Je l'ignorais car je ne m'interesse (pour l'instant) a la Lettonie qu'a la marge. Merci de ces precisions.

Je parlais de chauffage car, pauvre anonyme dans la foule de Vilnius, mon immeuble, comme beaucoup d'autres, n'est pas encore chauffe ..... 16 degres a l'interieur, c'est viril !

Ecrit par : Gilles | 10 octobre 2009

Bonjour Gilles,

C'est vrai que la situation de la Lettonie est catastrophique, qui l'aurait cru il y a 3 ans...
il est difficile de démêler l'écheveau des responsabilités, mais comme tu dis ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Heureusement qu'ils leur restent la porte de sortie de l'émigration.

Ecrit par : Bertrand | 11 octobre 2009

Bonjour Bertrand,

Je ne suis pas persuade que l'emigration soit aujourd'hui la solution. Car le chomage est en progression partout (j'ai appris tres recemment qu'un jeune Lituanien que je connaissais, qui avait emigre en 2006, vient de perdre son emploi a Londres; meme si je reconnais que je ne sais pas pourquoi).

Mais je ne suis pas non plus sur qu'obliger le gouvernement letton, encore et toujours, a reduire les depenses publiques, soit ce qui est le plus souhaitable. Les bailleurs de fonds du FMI, de l'UE et des banques suedoises sont-ils venus voir les queues devant les soupes populaires ? Car, pour beaucoup de gens, maintenant, on en est la ! Et je ne parle pas de la premiere facture de chauffage ...... Un peu de solidarite ne ferait pas de mal dans le paysage !

Il est vrai qu'a l'Ouest, d'aucun pourrait dire "T'en connais, toi, des Lettons?"

Ecrit par : Gilles | 12 octobre 2009

Oui, logiquement ça devrait se passer exactement comme dans nos banlieues : en cas de troubles graves, soudainement, l'UE le FMI et les banques suédoises vont trouver l'argent qui n'était pas disponible auparavant...

pour le reste on n'a que la version des autorités lettonnes et on peut facilement imaginer le schéma de pensée des banques suédoises, elles-mêmes financées par le contribuable suédois...en revanche le FMI et l'Union Européenne peuvent avoir de très bonnes raisons de camper sur leurs positions, qu'on ne connait pas immédiatement.

Le sceptre de la dévaluation, que les autorités financières mondiales ont voulu éviter l'année dernière sur fond de faillite de la banque Lehman (risque d'effet de contagion dans tous les nouveaux pays de l'Union) plane à nouveau sur la Lettonie, et donc par contre-coup sur nous. Ce serait une catastrophe pour les banques suédoises et les emprunteurs en euros, mais peut-être le préalable à un redémarrage.

Ecrit par : Bertrand | 12 octobre 2009

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