31 août 2009
Saison francophone à Riga
L’Association des Jeunes Francophones Enthousiastes (AJFE)
vous invite à la soirée
«Ouverture de la nouvelle saison francophone»
le 4 septembre à 18:00 heures
au Centre Culturel français de Riga (CCF),
59, Rue Elizabetes.
Contenu:
• AJFE – qui nous sommes et pourquoi tu devrais nous rejoindre ?
• Jeux et discussions en français sur vos aventures d’été
Venez nombreux, invitez vos amis et apportez votre bonne humeur!
Confirmez à a.je_fais@yahoo.fr
Après-partie à la «Belle époque» !
Latvijas frankofono jauniešu asociācija ielūdz Tevi uz «Jaunās frankofonās sezonas atklāšanu» 4. septembrī plkst. 18:00 Francijas Kultūras centrā Elizabetes ielā 59. Vakara gaitā pastāstīsim par mūsu asociāciju, par to, kādēļ Tev vajadzētu mums pievienoties, kā arī spēlēsim spēles un parunāsim franču valodā par aizgājušās vasaras piedzīvojumiem ! Aicini arī savus draugus un neaizmirsti paņemt līdzi labu noskaņojumu ! J Apstiprini dalību atrakstot uz a.je_fais@yahoo.fr! Vakara turpinājums franču bārā!
08:41 Publié dans Lettonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lettonie, riga, francophone
28 août 2009
La bourde d’or: Northstream
La bourde d’or nous est offerte aujourd’hui par le site EurActiv.com. Dans un article titré « La Lituanie en froid avec Nord Stream », on peut lire :
« Dalia Grybauskaitė {…} n’a pas caché son hostilité au projet de gazoduc Nord Stream, conçu pour amener le gaz russe directement en Allemagne en contournant l’Ukraine. ». (http://www.euractiv.com/fr/energie/lituanie-froid-nord-st...)
C’est sûr que ce n’est pas faux. Northstream contourne bien l’Ukraine. On peut dire aussi qu’il contourne l’Islande, le Kamtchatka, le Timor oriental, la Patagonie, etc.…… Mais, en passant sous la Baltique pour aller de Vyborg (Russie) à Greifswald (Allemagne), c’est surtout les Etats Baltes et la Pologne que le gazoduc Northstream va contourner (cf. carte in fine). On ne voit d’ailleurs pas ce qu’il irait faire en Ukraine pour amener en Allemagne du gaz du grand nord sibérien.
EurActiv est une entreprise britannique, média indépendant, dont la vocation est de compléter l'information fournie par les sites des institutions européennes. Elle se décrit comme réunissant « les compétences de professionnels dotés d’une expérience dans les affaires européennes, le journalisme, l’information et la communication ainsi que l’Internet ». On frémit s’ils n’étaient pas compétents……
Il n’y aurait donc pas que les Français qui soient nuls en géographie ?
09:06 Publié dans La bourde d'or | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bourde, ukraine, etats baltes, northstream
26 août 2009
La Lituanie se rapproche du Bélarus
Les 24 et 25 Aout, le Ministre lituanien des Affaires Etrangères, Vygaudas Ušackas, a effectué une visite au Bélarus à l’invitation de son homologue, Sergei Martynov.
Les deux administrations, ainsi que des représentants des administrations locales, ont discuté de la possibilité d’intensifier les relations bilatérales dans les domaines de la culture, de la préservation de l’héritage commun du Grand-duché de Lituanie, des projets communs universitaires, du tourisme, du business et des liens entre les citoyens.
Les Ministres ont visité conjointement Lida (Lyda en lituanien), Navahrudak (Naugardukas), Mir (région de Hrodna / Gardinas) et Nesvizh (Nesvyžius, avec un domaine de la famille Radziwiłł / Radvila), hauts lieux de l’histoire du Grand-duché de Lituanie. Parmi les projets communs, il est prévu un guide pour voyager sur les traces du Grand-duché de Lituanie, et surtout de participer conjointement à la restauration et à la conservation du patrimoine commun.
Ceux qui se seraient contentés de la lecture des medias français, qui en sont peu ou prou restés à la déclaration de Condoleezza Rice de 2005 (« la dernière vraie dictature en Europe »), pourraient être surpris. C’est que les relations entre l’Union Européenne et le Bélarus ont évolué, et que la Lituanie, au nom de 550 ans d’histoire commune, a toujours fait preuve de pragmatisme dans ses relations avec son immédiat voisin de l’est.
M. Ušackas a souligné que l’Union Européenne était, elle aussi, prête à développer son dialogue avec le Bélarus, pour autant que celui-ci entreprenne des actions visant à créer une société civile et à respecter les principes démocratiques. Car on emprisonne toujours là-bas pour des raisons politiques, parfois futiles, comme arborer un drapeau européen ou le drapeau historique, blanc à bande rouge (ci-dessous).
Le Bélarus et la Lituanie finalisent actuellement un accord visant à alléger la procédure de franchissement de la frontière pour les résidents proches de celle-ci. Car, actuellement, il faut pour tout le monde visa, assurance santé spécifique, assurance voiture spécifique, et une bonne dose de patience pour passer la frontière !
NB à propos du nom : le 19 septembre 1991, la Biélorussie a informé l'Organisation des Nations Unies que son nom en Français serait désormais le Bélarus. La raison, à cette époque, bien avant l’ère Lukashenka, était de faire la séparation avec le nom de la République à l’époque soviétique. C’est par une exception bien franco-française que le nom « Biélorussie » est encore parfois utilisé aujourd’hui.
10:40 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, belarus, ue
25 août 2009
Alors, elle vient cette centrale ?!
S’étant réunis à l’occasion des commémorations de la Voie Balte, les trois Premiers Ministres baltes, Andrus Ansip (Estonie), Valdis Dombrovskis (Lettonie) et Andrius Kubilius (Lituanie) ont réaffirmé leur unité pour continuer à préserver la mémoire historique.
Ils ont profité de leur réunion à Nida pour confirmer leur attachement à la construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Ignalina. Mais là, il y a eu quelques bémols à l’unanimité. Tout en réaffirmant que l’Estonie voulait participer au projet, Andrus Ansip a souligné qu’il avait parfois l’impression qu’{ils} perdaient leur temps et qu’il y avait tellement urgence que ce n’était pas le moment de tergiverser! Valdis Dombrovskis a, quant à lui, déclaré que la Lettonie n’avait pas l’intention d’abandonner le projet, ce qui est une nuance dans l’enthousiasme ……
Andrius Kublilius a essayé de calmer ses collègues en certifiant que le business plan, étudié par la société « N M Rothschild & Sons », serait prêt en Décembre. Tiens, Décembre c’est là où Ignalina I doit fermer …… Il a dû toutefois concéder qu’Ignalina II ne serait opérationnelle qu’à partir de 2018 – 2019, et non plus 2015 comme encore annoncé officiellement il y a peu.
On rappellera que la Russie a annoncé qu’elle prévoyait de construire à l’horizon 2015 deux centrales nucléaires, une à Kaliningrad et une autre au Belarus, toutes les deux à quelques kilomètres de la frontière lituanienne.
09:10 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, lettonie, estonie, ignalina, nucleaire
24 août 2009
Les images de la veille “Voie Balte”
Le choix est grand parmi les photos qui ont été prises lors des commémorations de la Voie Balte en Lituanie et en Lettonie (en ce qui concerne l’Estonie, je ne saurais marcher marcher sur les brisées de mon excellent jeune camarade de « Français en Estonie » http://estonie-tallinn.blogspot.com/ )
J’ai choisi d’ouvrir cette courte galerie par une image d’union des trois Premiers Ministres baltes devant la tour de Gediminas à Vilnius. De gauche à droite : Valdis Dombrovskis (Lettonie), Andrius Kubilius (Lituanie) et Andrus Ansip (Estonie).
Les trois photos suivantes montrent la foule qui participait aux diverses activités à Riga (pour les nuls : capitale de la Lettonie …), qui contrastait avec les effectifs clairsemés de Vilnius. Il faut dire que le Président letton, Valdis Zatlers (3ème photo) avait montré l’exemple en sortant les baskets pour courir le dernier relais sur l’itinéraire de la Voie Balte de 1989.
Sur la dernière photo, cherchez l’ »intrus » ……. Je vois d’ici les sourires entendus de certains, du style "de quoi se mèle-t-il?" ; il est si confortable de critiquer ……
06:49 Publié dans La photo de la veille | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : baltijos kelias, vilnius, riga
22 août 2009
Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (4)
La Russie d’aujourd’hui n’a pas, sur le Pacte Molotov – Ribbentrop, la même analyse que ce qui est communément admis. L’agence RIA-Novosti a publié, ces deux derniers jours, deux longs articles qui exposent ce qu’on peut considérer comme étant la position officielle du Kremlin.
L’idée maitresse est d’ailleurs exposée par Iouli Kvitsinski, premier vice-président du Comité des affaires internationales de la Douma : « Le pacte était opportun, indispensable, légitime dans les conditions de l’époque, et réaliste du point de vue de la stratégie politique » ! Il conclut même en disant : « Nous n’avons pas à nous repentir de quoi que ce soit » !! En tout état de cause, il est souligne que les protocoles secrets additionnels étaient ignorés des députés, et que donc tout ce qui a pu arriver était de la faute de Staline.
L’argument principal développé est que Staline avait essayé d’ouvrir des pourparlers avec la France et la Grande-Bretagne, mais que celles-ci faisaient trainer les choses en longueur, espérant une guerre entre l’Allemagne et l’URSS. L’URSS étant donc isolée, elle avait signe un pacte de non-agression avec l’Allemagne « qui a pratiquement déterminé la création de la coalition antihitlérienne après l’offensive allemande lancée le 22 Juin 1941 contre l’URSS ». S’allier avec son ennemi pour le battre : il fallait y penser !
Après avoir estimé que « ce qui arriva à la Pologne est fâcheux » (il ne s’agit guère que de son dépeçage entre les deux régimes totalitaires !). M. Kvitsinski donne carrément dans le révisionnisme historique : « Nous avions jugé indispensable de nous soucier de la sécurité et de l’intégrité territoriale de la Lituanie {comme c’est touchant !} (partie traditionnelle de l’empire de Russie), avec laquelle nous avons signé un traité d’alliance militaire, et de satisfaire les aspirations nationales des Lituaniens ». Quand on sait dans quelles conditions s’est passé ce traité, imposé par la force à la Lituanie et aux deux autres Etats Baltes, puis les « élections » qui ont suivi ; quand M. Kvitsinski écrit « Un mois plus tard, des blocs électoraux procommunistes remportèrent la victoire dans les trois Etats », il ne ment pas. Il oublie juste de préciser qu’ils avaient été les seuls à pouvoir se présenter (cf. article nº 2) !
Mais, en final, l’hagiographie officielle regrette que, dans les Etats Baltes, « ces protocoles {secrets} soient qualifiés de prélude à l’ « annexion » de la Lettonie, de la Lituanie et de l’Estonie ». Car la Russie d’aujourd’hui ne reconnait toujours pas qu’il y ait bel et bien eu annexions des Etats Baltes, entretenant l’affabulation qu’ils ont rejoint l’URSS de leur plein gré. La Russie d’aujourd’hui considère comme « moralement inadmissible » que l’on puisse faire un parallèle entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne. Et tant que la Russie aura cette attitude, alors que l’Allemagne a bien, elle, reconnu sa responsabilité dans la seconde guerre mondiale, le Pacte Molotov – Ribbentrop empoisonnera toujours les relations entre la Russie et ses voisins concernés.
14:18 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : pacte, molotov, ribbentrop, russie
Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (3)
La Lituanie, occupée et annexée par l’Union Soviétique depuis Juillet 1940, a été par la suite occupée par l’Allemagne lorsque celle-ci a attaqué l’URSS le 22 Juin 1941 (opération « Barbarossa »), avant d’être de nouveau occupée par l’URSS (celle-ci parle de « libération »……) à partir de Juillet 1944.
A partir de Septembre-Octobre 1944, les premiers groupes de résistants commencèrent à se former et à entrer en action contre l’occupant soviétique. Si cette lutte armée massive prit fin en Novembre 1948, des actions durèrent jusqu’en 1953, avec l’arrestation du général Žemaitis, Président du directoire du mouvement de lutte pour la liberté de la Lituanie, le 30 Mai 1953.
La résistance ne s’arrêta pas pour autant. Le 14 Mai 1972, devant le théâtre de Kaunas qui avait vu, en 1940, la farce tragique de l’annexion de la Lituanie par l’URSS, un étudiant de 19 ans, Romas Kalanta (ci-dessous) s’immola par le feu pour protester contre l’occupation soviétique.
Si la première organisation dissidente, rassemblant des informations sur les violations des Droits de l’homme en Lituanie soviétique, fut créée le 25 Novembre 1976, c’est sur les 23 Aout que vont se focaliser les protestations, lesquelles vont prendre de plus en plus d’envergure.
Le 23 Aout 1979, quarante cinq délégués des nations baltes demandèrent que l’Union soviétique et les deux Allemagnes (RFA – RDA) reconnaissent la nullité du pacte Molotov – Ribbentrop.
Le 23 Aout 1987, devant le monument d’Adomas Mickevičius à Vilnius (à côté de l’église Ste Anne), la Ligue Lituanienne pour la Liberté organisa un meeting réunissant plusieurs centaines de personnes protestant contre le pacte.
Le 23 Aout 1988, le mouvement Sajudis, crée le 3 Juin 1988, organisa un rassemblement de masse de 150 000 personnes dans le parc Vingis à Vilnius, pour, une fois de plus, condamner le pacte, mais aussi pour demander une plus grande autonomie pour la Lituanie et la restitution des symboles nationaux (drapeau, armoiries).
Enfin, le 23 Aout 1989, pour marquer le cinquantième anniversaire des accords conclus entre Staline et Hitler contre les Pays Baltes, une chaine humaine d’environ deux millions de personnes, Lituaniens, Lettons, Estoniens, relia, sur 650 km, Vilnius à Tallinn en passant par Riga (en lituanien « Baltijos kelias »). Dans une session solennelle de l’Assemblée de Sajudis, il fut en outre revendiqué que les relations entre la Lituanie et l’URSS fussent rétablies telles qu’elles étaient au 12 Juillet 1920, lors de la signature des accords de paix. C’était la marche inexorable vers le retour à l’indépendance, rétablie formellement le 11 Mars 1990, mais reconnue par l’URSS seulement le 6 Septembre 1991, après que celle-ci eut encore tué à Vilnius (et Riga) en Janvier 1991 et à Medininkai le 31 Juillet 1991. (On soulignera la prouesse que dût constituer l’organisation de cette chaine, au nez et à la barbe de l’occupant).
L’URSS (Congrès des Députés du Peuple de l’URSS) ne reconnaitra l’existence des articles secrets du pacte Molotov – Ribbentrop que le 24 Décembre 1989, n’y voyant qu’ « une dérogation aux principes léninistes de politique étrangères de l’URSS » ! Les millions de victimes de l’URSS dans la « sphère d’intérêt », emprisonnées, déportées, torturées ou fusillées, apprécieront…… La faute est d’ailleurs rejetée sur Staline et Molotov qui auraient caché les accords secrets. Un sommet de mauvaise foi !
(à suivre)
La voie balte vers la Liberté
09:52 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : molotov, ribbentrop, russie, lituanie, baltijos kelias, 23 aout, ruban noir
21 août 2009
Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (2)
(Cet article traite principalement des conséquences immédiates du Pacte Molotov – Ribbentrop en Lituanie)
Après que l’URSS ait envahi la partie orientale de la Pologne, à partir du 17 Septembre 1939, elle offrit « généreusement » à la Lituanie la région de Vilnius, occupée par les Polonais depuis 1920 (2 Octobre 1939). Mais, en contrepartie, L’Union soviétique exigeait la signature d’un nouvel accord lui permettant d’établir des bases militaires avec 50 000 hommes sur le territoire lituanien. Le gouvernement lituanien, alors installe à Kaunas, essaya de résister quelques jours mais il céda le 10 Octobre 1939, après avoir obtenu que le nombre de militaires soviétiques soit réduit à 20 000.
Des accords identiques furent imposes à la Lettonie (5 Octobre) et à l’Estonie (27 Septembre). La Finlande refusa un tel traité et, le 30 Novembre 1939, l’Armée Rouge l’envahit. Malgré une défense héroïque, la Finlande fut obligée de signer un traité d’armistice le 13 Mars 1940, perdit un partie de son territoire, mais garda son indépendance.
Le 30 Mai 1940, le gouvernement soviétique accusa, sans aucun fondement, les autorités lituaniennes d’organiser des provocations contre l’Armée Rouge. Bien que le gouvernement lituanien ait accepté, le 14 Juin 1940, un ultimatum de l’Union soviétique, celle-ci envahit la Lituanie le 15 Juin 1940 avec 15 divisions (150 000 soldats !). Dès le 16 Juin, avec l’arrivée de l’adjoint du Commissaire aux Affaires Etrangères de l’URSS, Vladimir Dekanozov, ancien du NKVD, la soviétisation du pays commença. Dekanozov nomma le 17 Juin un gouvernement fantoche avec comme « Premier Ministre » Justas Paleckis.
Pendant ce temps-là, les Allemands purent envahir la France par une Blitzkrieg, tout en étant tranquilles à l’est …… En outre, la Gestapo livra au NKVD (police politique de l’URSS, gérante du goulag) les réfugiés russes présents sur le territoire allemand et réclamés par l'URSS, en échange de quoi l'URSS livrait à l'Allemagne de nombreux réfugiés antifascistes allemands et autrichiens réfugiés en Union soviétique.
Le 6 Juillet 1940, Dekanozov annonça que des élections à un « Seimas populaire » se tiendraient le 14 Juillet. Le parti communiste lituanien annonça la formation d’une Union de la Lituanie du Travail, association qui eut le droit exclusif de fixer la liste des candidats, un par siège, dans un processus qui perdurera longtemps …. Pour réduire au maximum les possibilités d’opposition, les leaders des « partis étatiques » furent arrêtés dans la nuit du 11 au 12 Juillet et 2 000 déportés à l’intérieur de l’Union soviétique. Puis on proclama que quiconque s’abstiendrait serait considéré comme un « ennemi du peuple ».
Le lendemain du vote, on annonça que 95,5 % des électeurs avaient pris part au vote, votant à 99,19 % pour les listes uniques. Les statistiques officielles font état de 106,18 % de participation à Kaunas, et 133 % à Vilnius !
Le « Seimas populaire » ainsi constitué se réunit le 21 Juillet au théâtre de Kaunas (ci-dessous) et demanda séance tenante « au Soviet Suprême de l’URSS d’admettre la RSSL (République Socialiste Soviétique Lituanienne) dans l’URSS. On notera au passage que des « invités de marque », agents du NKVD, soldats soviétiques, membres du parti communiste, participèrent au « vote »…… Le 3 Aout 1940, le Politburo du Soviet Suprême accepta la demande d’intégration de la Lituanie à l’URSS. L’occupation se transformait en annexion.
C’est ce que les autorités russes actuelles appellent encore aujourd’hui « s’être passé conformément à la loi » (Major-General Lev Sotskov, du SVR - Service de Renseignement Extérieur, héritier du 1er Bureau du KGB).
La procédure d’annexion fut la même en Lettonie, supervisée par un autre Adjoint aux Affaires Etrangères, Andrey Vyshinsky, et en Estonie par un membre du Politburo, Andrei Zhdanov.
(A suivre)
14:48 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, baltes, molotov, ribbentrop, occupation
Le Pacte Molotov – Ribbentrop et ses conséquences (1)
(Je commence la rédaction et la mise en ligne de plusieurs posts pour expliquer une série d’événements qui ont pour point de départ le pacte de non agression germano – soviétique, dit Pacte Molotov – Ribbentrop)
Après leur retour (Lituanie – 16 Février 1918) ou leur accession à l’indépendance (Lettonie – 18 Novembre 1918 et Estonie – 24 Février 1918), les trois Etats Baltes avaient signé avec la Russie soviétique (l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques n’étant fondée que le 30 Décembre 1922) :
# en 1920, des traités de paix (Estonie 2 Février, Lituanie 12 Juillet, Lettonie 11 Aout)
# des pactes de non-agression (Lituanie 28 Septembre 1926, Lettonie 5 Février 1932, Estonie 4 Mai 1932). Le Pacte avec la Lituanie fut prolonge pour 5 ans le 6 Mai 1931, puis, avant même son expiration pour 11 ans le 4 Avril 1934.
Au début de Novembre 1938, pressentant l’approche du conflit européen, les organes législatifs des trois Républiques adoptèrent des textes de lois identiques, manifestant leur ferme volonté de rester neutres, à l’écart d’un éventuel conflit.
Par ailleurs, inquiétée par les projets d'expansion à l'Est de l'Allemagne nazie (à la recherche de son « espace vital ») ainsi que par la rhétorique très agressive d'Hitler (pour lequel les Slaves sont des « sous-hommes » devant être exterminés ou réduits en esclavage), l'URSS presse à de nombreuses reprises la France et le Royaume-Uni de conclure des accords d'alliance incluant des clauses d'entraide militaire si l'un des pays venait à être attaqué par l'Allemagne.
Les atermoiements franco-anglais face à une telle alliance contre l'Allemagne nazie, ainsi que leurs concessions à Hitler et les indices montrant que ces pays espéraient une guerre entre l'Allemagne et l'URSS, peuvent expliquer que l'URSS, se détournant de démocraties occidentales perçues comme indifférentes, sinon hostiles envers elle, se rabatte sur un accord avec l'Allemagne.
Le 23 août 1939, l'URSS, représentée par Viatcheslav Molotov, et l'Allemagne nazie, représentée par Joachim von Ribbentrop (tous deux ci-dessous avec Staline), signèrent à Moscou un Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques, plus communément appelé Pacte germano-soviétique ou encore Pacte Molotov-Ribbentrop, du nom de ses signataires.
Le traité proclamait un renoncement au conflit entre les deux pays, ainsi qu'une position de neutralité dans le cas où l'un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie.
Mais le traité comportait également plusieurs protocoles restés longtemps secrets qui déterminèrent le destin des Etats Baltes pour 50 ans. Dans ces protocoles, les deux puissances totalitaires s’entendaient pour se partager la Pologne et pour désigner la frontière nord de la Lituanie comme ligne de partage entre leurs « sphères d’influence ». Ainsi, la Finlande, l’Estonie et la Lettonie tombaient dans la sphère d’influence soviétique, la Lituanie dans celle de l’Allemagne.
Ne craignant pas une interférence de l’URSS, Hitler envahit donc la Pologne le 1er septembre 1939, ce qui conduit à la deuxième guerre mondiale par l’intervention, le 3 Septembre, de la France et de la Grande-Bretagne volant au secours de leur allié polonais. De son côté, l’URSS envahit la Pologne par l’est le 17 Septembre, à partir de l’Ukraine et de la Biélorussie. Le 28 septembre 1939, les deux puissances totalitaires signèrent un nouvel accord de délimitation des frontières, avec un accord secret complémentaire par lequel la Lituanie tombait, à présent, dans la sphère des intérêts soviétiques. (Ci-dessous, rencontre de soldats allemands et soviétiques à Lublin, en Pologne)
(A suivre)
11:38 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : urss, molotov, ribbentrop, voie balte, baltijos kelias, ruban noir, russie
20 août 2009
Une nouvelle compagnie aérienne fantôme ?
Une start-up basée à New York, dénommée Baltia Air Lines, a annoncé ce mercredi 19 Aout qu’elle avait finalisé un accord pour l’achat de son premier Boeing 747. Son objectif est ni plus ni moins de devenir la compagnie américaine leader dans les liaisons entre les principales villes américaines et des villes d’Europe de l’Est telles Moscou, Saint-Pétersbourg, Riga, Vilnius, Tallinn, Minsk et Kiev.
Le problème, c’est que cette société a été fondée le 24 Aout 1989, ce qui commence être un peu vieux pour une start-up. Et que depuis, ses velléités d’ouvrir ne serait-ce que la ligne phare New York – Saint-Pétersbourg a été remise d’année en année pour des raisons financières.
Pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne, plus qu’en 1989, 1995, 1996, 1999, 2007, etc.…… Pourquoi pas ?
Il reste quand même quelques zones d’ombre. Si vous avez la curiosité d’aller voir le site internet de la compagnie (www.baltia.com), vous le trouverez quelque peu vide. Ensuite, la compagnie est très discrète quant à dire auprès de quelle société ou compagnie elle achèterait ce Boeing 747. En outre, pensez-vous qu’il soit facile de remplir un Boeing 747 (de 366 à 524 passagers) entre New York et Vilnius ?
Point de détail qui tue. Il faut 3 322 mètres à un Boeing 747 pour décoller. La piste de l’aéroport de Vilnius mesure … 2 515 mètres. Méfiez-vous avant d’acheter votre billet !
10:10 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

























