31 juillet 2009
IN MEMORIAM. 31 Juillet 1991: les sept de Medininkai
Après avoir proclamé son retour à l’indépendance le 11 Mars 1990, la Lituanie a établi le contrôle de ses frontières avec le Bélarus. Après avoir essayé de faire plier la jeune démocratie en imposant d’Avril à Juin 1990 un blocus économique, l’URSS va envoyer ses OMON (Otriad Militsii Ossobogo Naznatcheniya) pour attaquer (entre autres) les postes frontières qu’elle considère comme illégaux.
A la suite de l’attaque de la tour de télévision de Vilnius, du 11 au 13 Janvier 1991, au cours de laquelle 14 civils sont tués, les troupes soviétiques attaquent et brulent les postes frontières de Medininkai et Lavoriškės le 27 Janvier 1991. Le 19 Mai 1991, un Officier des gardes frontières, Gintaras Žagunis est tué.
C’est le 31 Juillet 1991, à 4 heures du matin, qu’a lieu le massacre du poste frontière de Medininkai, sur la voie express Vilnius – Minsk. Sept agents des douanes et de la police sont tués d’une balle dans la tête par des OMON venus de Riga :
Mindaugas Balavakas
Algimantas Juozakas
Juozas Janonis
Algirdas Kazlauskas
Antanas Musteikis,
Stanislovas Orlavičius
Ričardas Rabavičius
Un douanier, Tomas Šernas, survivra mais restera sévèrement handicapé. On notera qu’au même moment George Bush senior visitait l’Union soviétique ; le choix de la date de ce massacre ne peut être un hasard……
Cette affaire empoisonne toujours les relations entre la Lituanie et la Russie, cette dernière refusant d’extrader les suspects, pour la plupart désormais citoyens russes, argumentant que ça violerait sa Constitution. Un seul, Konstantin Nikulin, citoyen letton, est actuellement jugé par la Lituanie.
L’ancien poste frontière de Medininkai est devenu aujourd’hui un mémorial. Les OMON existent toujours, comme force spéciale du Ministère russe de l’Intérieur ; ils se sont notamment « illustrés » en Tchétchénie.
10:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : medininkai, massacre, 1991, omon
30 juillet 2009
Le Bélarus s’éloigne-t-il inexorablement de la Russie ?
Certains signes récents sembleraient indiquer que le Belarus(1) d’Aliaksandr Ryhoravitch Loukachenka (allez, pour ne pas vous troubler, on dira Alexandre Loukachenko) s’éloigne de la Russie. Les faits.
Les citoyens bélarusses ne peuvent désormais entrer en Abkhazie et en Ossétie du Sud qu’ « uniquement depuis les municipalités géorgiennes de Zougdidi et de Gori ». Quand on sait que le Belarus fait trainer depuis Avril une hypothétique reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes, cette décision récente équivaut à une fin de non-recevoir vis-à-vis de Moscou.
Le deuxième accroc a été, le 17 Juillet, l’interdiction provisoire de l’utilisation de la partie bélarusse de l’oléoduc Ounetcha (Russie) – Ventspils (Lettonie), segment du fameux oléoduc Droujba. Bien sûr, la fermeture de l’oléoduc « n’a aucun rapport avec l’interdiction sur les exportations vers la Russie de la production de deux combinats de boucherie bélarusses », décrétée la veille par les services vétérinaires russes…… Vous avez le droit d’y croire !
Dans la foulée, le président Loukachenko a boycotté le sommet de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) à Moscou, au cours duquel devait être signé un accord sur la Force Collective de Déploiement Rapide, qui visait à prouver non seulement la capacité de l’Organisation à adopter des décisions, mais aussi à les mettre en œuvre d'une manière rapide. La signature triomphale de l'accord tant vanté a donc dû être reportée.
Le Belarus se rapproche-t-il pour autant de l’Union Européenne ? En fait il se pourrait qu’il n’en soit rien. Le "caractère multi vectoriel" de la politique extérieure bélarusse est même l'un des fondements de la longévité politique du système politique, qui s'est enraciné sous Loukachenko. Celui-ci ne cesse de menacer l'Occident, en lui promettant de céder sa souveraineté à la Russie, et, à la Russie, il menace de se rallier à l'Occident. Mais de fait, la Russie et l'Occident lui pardonnent son style autoritaire, en essayant d'entraîner la Biélorussie dans leur zone d'influence respective. La Russie lui accorde depuis des années son aide économique, et l'Occident sort de temps à autre son régime de l'isolement, comme ce fut le cas tout récemment.
Le fléau de la balance penche-t-il en ce moment en faveur de l’Union Européenne ? On voudrait l’espérer. Loukachenko avait demandé en Mai à son gouvernement de ne pas « s’incliner devant la Russie » et d’aller « chercher son bonheur » dans une autre partie de la planète. En Février, il avait pourtant confirmé sa volonté d’élargir les processus d’intégration avec la Russie …… Mais l’UE continue à dire (27 Juillet) que le Bélarus n’en a pas encore assez fait pour se réformer et pour protéger les droits de l’homme. Elle lie son offre d’assistance à un sérieux mouvement vers la démocratie et au respect des droits et libertés fondamentaux.
Rappelons que pendant plus de 450 ans, de sa conquête sous le Grand-duc Gediminas (1316 – 1341), jusqu’au troisième partage de la Pologne – Lituanie (1795), le territoire actuel du Belarus a été partie intégrante du grand-duché de Lituanie. Le 18 mars 1921, la Pologne et la Russie bolchevique signent le traité de Riga qui reporte loin vers l'Est la frontière orientale de la Pologne, englobant une grande partie du Belarus. Les représentants bélarusses, devant une polonisation agressive, ont demandé alors leur rattachement à la jeune République lituanienne. En vain. Cela vaudrait bien que l’UE reconnaisse la vocation du Bélarus à la rejoindre, quand il remplira les critères de Copenhague.
(1) NB : On m’ « agresse » régulièrement sur l’emploi du nom de Bélarus et non pas de Biélorussie. Or, la dénomination officielle onusienne en français est bien République de Bélarus. Cette forme est exigée dans tous les textes officiels par les autorités bélarusses elles-mêmes depuis le 19 septembre 1991, donc bien avant l’ère Loukachenko (« Le 19 septembre 1991, la Biélorussie a informé l'Organisation des Nations Unies que son nom serait désormais le Bélarus. » http://www.un.org/french/aboutun/belarus.htm).
13:59 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : belarus, russie
29 juillet 2009
Les images de la veille: nouveau chef des Armées lituaniennes
Hier 28 Juillet, le Général Arvydas Pocius a été intronisé Chef d’Etat-major des Armées lituaniennes (Kariuomenės vadas), en remplacement du Lieutenant-Général Valdas Tutkus, à l’occasion de deux cérémonies successives :
Au cours de la première, qui s’est déroulée au Palais présidentiel, le Général Pocius a reçu ses épaulettes de Major-Général des mains du Président de la République, Dalia Grybauskaitė, chef des Armées, et du Ministre de la Défense, Rasa Juknevičienė.
La seconde cérémonie s’est déroulée devant le Ministère de la défense (qui se trouve, lui, juste derrière le Palais présidentiel) et a principalement comporté l’intronisation, on pourrait même dire l’adoubement (cf. photo), du Général Pocius, avant un défilé de la garde d’honneur.
On rappellera que l’armée lituanienne en activité comporte 15 000 hommes et femmes et qu’elle est présente en Afghanistan (141 personnels), au Kosovo (39), en Irak (5), en Géorgie (2) et en Bosnie-Herzégovine (1).
07:52 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, armees, arvydas pocius
28 juillet 2009
La “Tall Ships’ Races Baltic 2009” arrive à Klaipėda
Les “Tall Ships’ races” (courses des grands voiliers) ont lieu tous les ans dans les eaux européennes. Cette année, la course conduit, depuis le 2 Juillet, voiliers et équipages de Gdynia (Pologne) à Klaipėda (Lituanie), en passant par Saint-Pétersbourg (Russie) et Turku (Finlande).
Les voiliers arriveront à Klaipėda le vendredi 31 Juillet et les évènements qui les accueilleront se dérouleront en même temps que la traditionnelle Fête de la Mer, jusqu’au lundi 3 Aout. 114 bateaux, dont 10 de plus de 40 mètres, sont attendus, avec 4 000 hommes d’équipages. Plus de la moitié ont entre 15 et 25 ans, car le but principal de la régate est d’éduquer par la voile des jeunes de différentes nationalités, religions et milieux sociaux. 17 pays européens sont représentés, dont notamment la Pologne et la Russie (27 bateaux chacun) et la Finlande (17 bateaux). La France est absente (……) alors que l’on note même des bateaux d’Autriche et de République Tchèque, pays peu réputés pour leurs façades maritimes……
A cette occasion, l’ « Ambersail » (ci-dessous) fera son retour. C’est un sloop lituanien de 19,25 mètres qui est parti le 5 Octobre 2008 pour un tour du monde en 11 étapes, l’Odyssée du Millenium, avec un nouvel équipage de 12 hommes à chaque étape.
09:58 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tall ships, voiliers, klaipeda
La Lettonie a reçu la deuxième partie de son prêt
Le Ministre des Finances letton, Einars Repse, a annoncé hier 27 Juillet que la Commission Européenne avait transféré la deuxième partie, d’un montant de 1,2 milliards d’Euros, du prêt consenti à la Lettonie.
La première partie, 1 milliard d’Euros, avait été transférée le 25 Février 2009.
Il est à espérer que ce prêt contribuera non seulement à stabiliser l’économie lettone, mais à la revitaliser, contredisant les oiseaux de mauvais augures qui prédisent l’effondrement de la Lettonie au mois de Septembre. Car, au-delà de la responsabilité des uns ou des autres, c’est aux citoyens lettons (et aussi aux non-citoyens d’ailleurs !) qu’il faut d’abord penser. Même si, contrairement à ce que l’on peut lire ici et là dans les journaux de l’Ouest, la population n’est pas dans la rue pour mendier ou fouiller les poubelles !
J’en profite pour poster quelques faces originales de la pièce de 1 Lats (car la monnaie lettone est le Lats, avec un « s » et non pas le Lat, le Lits ou je ne sais quoi ……)
09:00 Publié dans Lettonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lettonie, lats, crise, pret
27 juillet 2009
La Colline des Croix
Je suis passé mercredi dernier à la Colline des Croix, située 12km au nord de Šiauliai, où avait lieu ce dimanche une cérémonie religio-patriotique.
Que l’on soit croyant, sympathisant ou agnostique, l’impression est la même la première fois que l’on vient à la Colline des Croix : on est déçu car cela apparait tout petit. Et puis, au fur et à mesure que le touriste s’enfonce au milieu des croix, on le voit changer. Car le site, avec un nombre inquantifiable de croix, est impressionnant. Surtout si l’on sait que sa signification n’est pas uniquement religieuse.
Historiquement, un château en bois était a priori installé sur le mont Jurgaičiai du XIème au XIVème siècle ; il fut détruit en 1348 par les Chevaliers Livoniens. C’est après les révoltes de 1831 et 1863 contre l’occupant russe que les premières croix sont apparues. L’occupant ayant fait disparaitre les corps des insurgés tués, les familles n’avaient pas de lieu pour se recueillir et firent du mont un lieu symbolique de pèlerinage.
Lors de la période d’indépendance (1918 – 1940), le lieu devint un endroit de prière pour la paix, le pays et ceux morts dans les combats pour l’indépendance.
Mais avec l’occupation soviétique à partir de 1944, la Colline des Croix redevint pour les Lituaniens un lieu de résistance pacifique où ils exprimaient leur foi, leur identité et leur héritage culturel. Les soviétiques essayèrent plusieurs fois de raser la colline (au moins en 1963 et 1973), mais à chaque fois les Lituaniens revenaient planter des croix, en dépit de la surveillance du KGB.
Le 7 Septembre 1993, le Pape Jean-Paul II visita la colline et fit don d’un grand crucifix (ci-dessous).
Une légende raconte une origine différente. Un père avait une fille malade, que personne n’aidait. Un jour il vit en songe une dame vêtue de blanc qui lui dit : « Construit une croix en bois et dresse la sur la colline ». Ce que le père fit. Mais sa croix était très lourde, et il mit 13 heures pour l’amener sur la colline de Jurgaičiai. En revenant chez lui, il rencontra sa fille, guérie, à mi-chemin.
Aujourd’hui, il est impossible de dire combien de croix, crucifix, ex-voto, statues de la vierges, etc.…… se trouvent sur la colline. Certains parlent de 5 millions. Mais il s’en rajoute tous les jours, témoignant de la foi et du sentiment national de milliers de Lituaniens, de Polonais ou d’autres Européens (il y a même des croix orthodoxes). Montrant par là que les racines chrétiennes de l’Europe sont bien une réalité…….
09:43 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, colline des croix, siauliai
19 juillet 2009
On the road again……
De ce dimanche soir 19 Juillet au vendredi soir 24 Juillet, je vais accompagner un (petit) groupe de touristes français venus découvrir les Etats Baltes en général et la Lituanie en particulier. Vilnius, Moletai, Kernavė, Trakai, Kaunas, Klaipėda, Nida, la Colline des Croix.
Avant de passer le relais à ma collègue lettone.
Si les voyages forment vraiment la jeunesse, je vais bientôt repasser au biberon !
15:14 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, touristes
18 juillet 2009
Les photos de la veille
Pour son premier voyage à l’étranger, le Président lituanien, Dalia Grybauskaitė a choisi de se rendre en Suède et en Lettonie. C’est parait-il une rupture avec les habitudes passées qui voulaient que la première visite fut pour la Pologne.
Quelques photos, en compagnie du Président letton, Valdis Zatlers.
L’ultime photo montre que le Président lituanien se déplace sur la compagnie aérienne lettone Air Baltic ; il est précisé que c’est en classe économique.
06:54 Publié dans La photo de la veille | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, lettonie, grybauskaite, zatlers
17 juillet 2009
L’Islande s’entre-ouvre la porte de l’UE
Hier jeudi 16 Juillet, le Parlement islandais (l'Althingi ) a donné son feu vert, par 33 voix contre 28 et 2 abstentions, pour que l’ile entame des négociations avec Bruxelles en vue de son adhésion comme 28e membre de l'Union européenne.
Le Premier ministre social-démocrate, Mme Johanna Sigurdardottir (ci-dessous), très pro-européenne, qui est à l'initiative de ce vote a dû affronter l'opposition de parlementaires farouchement hostiles à une législation de l'UE sur la pêche, principale ressource du pays. Le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Jon Bjarnason, a d'ailleurs voté contre alors que c'est son gouvernement qui a souhaité voir l'Islande adhérer à l'UE. La demande d’adhésion devrait être transmise avant le conseil des ministres des affaires étrangères du 27 juillet pour être ensuite soumise au Conseil européen de décembre.
L'adhésion devra toutefois être soumise par référendum aux Islandais à l'issue des négociations avec l'UE.
Les habituels pourfendeurs de l’élargissement de l’Union ne manqueront pas de souligner que l’Islande, qui avait toujours été opposée à son adhésion, revient sur sa décision alors qu’elle connait de graves difficultés économiques et financières. Mais n’est-ce pas justement quand on est dans la difficulté que l’on reconnait ses vrais amis ?
Appartenant déjà à l'espace économique européen et signataire de la convention de Schengen, Reykjavik applique déjà une très grande partie de la réglementation européenne. L’ile de 103 000 km2 et de seulement 311 000 habitants était en 2008 au 1er rang mondial sur l'échelle de l'indicateur de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), devant la Norvège.
On se souviendra que l’Islande a été le premier Etat à reconnaitre l’indépendance de la Lituanie, le 12 Février 1991, bien avant les autres pays qui ont attendu l’échec du curieux putsch de Moscou d’Aout 1991. C’est à ce titre qu’il y a une Islandijos gatvė à Vilnius.
08:49 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islande, ue, adhesion
La photo de la veille: Venise ou Riga ?
06:53 Publié dans La photo de la veille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : riga, orage

































