25 avril 2009
Le partenariat oriental, l’UE et le Belarus
Le 3 Décembre 2008, la Commission européenne a transmis au Parlement européen et au Conseil européen des chefs d’
tats et de gouvernements, une proposition de partenariat renforcé, dit « partenariat oriental », avec 6 Etats d’Europe orientale et du Caucase du Sud : l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la République de Moldavie et l’Ukraine (ci-dessous). (Texte in extenso : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CEL...)
Le texte précise que « l'Union européenne {…} soutiendra fermement ces partenaires dans les efforts qu'ils mènent pour se rapprocher de l'Union et leur fournira toute l'aide nécessaire pour les réformes qu'il leur faudra engager à cet égard, dans le cadre d'une dimension orientale spécifique relevant de la politique européenne de voisinage (PEV) ». Il est vrai qu’il était plus que maladroit de mettre dans le même sac de la PEV des Etats qui ont vocation à rejoindre l’UE et des Etats qualifiés il y a peu de terroristes comme la Lybie.
Un sommet extraordinaire lançant ce partenariat aura lieu le 7 Mai à Prague (pour ceux qui ne s’en seraient pas aperçu, la République Tchèque préside actuellement l’Union Européenne). La nouveauté est que le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, a annoncé avoir remis une invitation à M. Loukachenka (ci-dessous) lors d'une visite à Minsk. Cette invitation n’est pas nominative et le Belarus n’a pas encore décidé qui le représenterait. Mais il vraisemblable que le président bélarusse, qui jusqu'en octobre était sous le coup de sanctions et persona non grata dans l'UE, voudra venir personnellement à ce sommet ; mais les informations en provenance de Minsk sont pour l’instant contradictoires.
Ce partenariat devant renforcer la coopération régionale, notamment via des projets énergétiques, le Bélarus, pays de transit pour le gaz russe, pourrait être un maillon important de cette coopération. Cette invitation fait en outre tousser à Moscou, ce qui n’est pas fait pour déplaire à certains. En effet, le Belarus n’a toujours pas cédé aux injonctions de la Russie de reconnaitre l'indépendance des républiques séparatistes géorgiennes pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, et Moscou voit là un deal de l’UE. Par contre, les Européens attendaient aussi des mesures de démocratisation, mais n’ont obtenu que quelques concessions très ciblées.
Ce partenariat a été initié par la Pologne et la Suède, mais a reçu d’emblée le soutien des Etats Scandinaves et des Etats Baltes. La Lituanie, qui dénonce régulièrement la stratégie globale russe de s’arroger une sphère d’influence exclusive dans l’ensemble de l’espace de la CEI et sur ses marges, ne peut qu’être satisfaite de cette initiative. Et elle voit sa coopération avec le Belarus, souvent au nom de 500 ans d’histoire commune, jadis décriée, aujourd’hui recevoir une certaine reconnaissance.
11:00 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : partenariat oriental, belarus, lituanie, ue









Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.