30 septembre 2008

Elections bélarusses (suite)

20080929-2_osce.jpgSelon le côté où l’on se place, les élections législatives au Bélarus soit ont respecté « entièrement la législation biélorusse et le droit international » (Pavel Borodine, Secrétaire d’Etat de l’Union Russie-Biélorussie), soit sont considérées comme une imposture par l’opposition.

Même l’estimation de l’OSCE (photo), pourtant modérée et laissant la porte ouverte, qui note des progrès mineurs mais souligne que, globalement, ces élections n’ont pas satisfait aux critères démocratiques, fait elle aussi l’objet d’interprétations divergentes.

Au final, aucun candidat de l’opposition n’a été élu. Il faut dire que, outre les falsifications « habituelles » indéniables, l’opposition s’est présentée en ordre dispersé, scindée entre partisans du boycott et ceux de la participation.

Le quotidien russe « Kommersant » a titré : « Le Bélarus n’est pas sorti en Europe », évoquant les timides tentatives récentes de rapprochement entre Minsk et l’Ouest. Car la composition du nouveau Parlement et la réaction plutôt négative de l’OSCE doivent réjouir Moscou. Condamné par l’Ouest, qui vraisemblablement ne lèvera pas ses sanctions, le Bélarus n’a désormais pas d’autre solution que de passer sous les fourches caudines de la Russie, et rejoindre le Vénézuela dans la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, au risque de voir le prix du gaz augmenter d’une façon exponentielle.  

29 septembre 2008

La Lituanie et l’Euro

2421884422_ce62e8f44e.jpgEn mai 2006, la Commission et la Banque Centrale Européenne avaient rejeté la candidature de la Lituanie à l’entrée dans la zone Euro, car le pays dépassait de 0,1 % la limite pour le taux d'inflation (2,7% en mars contre 2,6% autorisé). Cette sévérité avait été vivement critiquée par Vilnius et à l’époque le commissaire européen Joaquin Almunia, chargé des affaires économiques et monétaires, avait été accusé de rigueur peut-être excessive. En 1999, certains pays (Italie, Belgique, etc.) ont intégré la zone malgré une dette publique supérieure à 100 % du PIB et il s’était avéré a posteriori que la Grèce avait triché sur ses chiffres pour entrer en 2001 .

Plusieurs critères sont en effet nécessaires pour rejoindre la zone euro : un déficit public inférieur à 3 % du PIB, une dette publique ne dépassant pas 60 % du PIB, une inflation maîtrisée, une indépendance de la banque centrale du pays et le fait que la devise nationale soit stable durant deux ans au sein du MCE II (mécanisme de taux de change européen).

Le commissaire Almunia était à Vilnius jeudi 25 Septembre dernier (photo). Il a mis en garde la Lituanie contre le risque que son déficit public dépasse les 3 % autorisés. Il a en outre précisé qu’il ne voyait pas de possibilité d’élargissement de la zone Euro dans les deux ans après l’entrée de la Slovaquie au 1er Janvier 2009. La Lituanie espérait rejoindre la zone euro en janvier 2010, tout  comme l'Estonie et la Lettonie, mais le taux d’inflation actuel de ces trois pays rend cet objectif peu réaliste.

Almunia.jpg

Profitons-en pour rappeler quels sont les Etats qui utilisent l’Euro :

Depuis le 1er Janvier 1999

Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France (sauf les T.O.M. territoires d’outre-mer), Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal

 

Depuis le 1er Janvier 2001

Grèce

 

Depuis le 1er Janvier 2007

Slovénie

 

Depuis le 1er Janvier 2008

Chypre (sauf partie nord), Malte

 

Etats hors U.E., avec l’accord de celle-ci (Cette situation leur permet d'avoir leur propre face nationale sur les pièces)

San Marino, Vatican, Monaco

 

Etats hors U.E., sans accord de celle-ci

Andorre, Kosovo, Monténégro

 

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cliquer sur la carte pour la voir dans son intégralité

 

27 septembre 2008

Elections parlementaires au Belarus

20070928_flag_t.jpgDemain dimanche 28 Septembre ont lieu les élections parlementaires au Belarus. Rares sont les medias français qui évoquent cet événement. Il est vrai que, en dépit de quelles signes de démocratisation (comme la libération, en Aout, de trois prisonniers politiques, dont l’ex-candidat aux présidentielles, Alyaksandr Kazulin), ces élections devraient être « business as usual » !   

En effet, seuls 42 bureaux de vote sur 6 400 auront un représentant de l’opposition pour surveiller le dépouillement. Des pressions ont lieu, notamment auprès des étudiants, menacés d’être interdits d’examens, pour que les gens votent en avance. Quand on sait que les urnes, scellées par devant, peuvent être ouvertes par derrière avec un tournevis cruciformes par le plus malhabile des intellectuels (photo ci-dessous), on peut tout redouter de ces votes anticipés. Et bien sûr, comme d’habitude depuis 14 ans, l’opposition n’a pas eu accès aux medias.  

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En outre, cette opposition est divisée. Le régime a validé la candidature de 73 candidats de la coalition de l’opposition, ce qui a eu pour effet de partager celle-ci entre partisans et adversaires d’un boycott. De plus, cette « coalition  des forces démocratiques », qui va des nationalistes aux communistes en passant par les libéraux, est trop hétéroclite pour proposer un programme.

L’intérêt de ces élections, dont le résultat est connu par avance (Alyaksandr Lukashenka a pronostiqué lundi dernier 85 % de participation, gageons que les commissions électorales mettront un point d’honneur à atteindre ce chiffre), réside ailleurs.

C’est que la guerre en Géorgie a changé la donne en montrant aux ex-républiques soviétiques combien le « grand frère russe » peut être envahissant, au propre comme au figuré. C’est que la Russie subventionne largement l’économie bélarusse, encore très soviétique, mais monnaye ce soutien de plus en plus chèrement. Si le Belarusse ne reconnait pas l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud (seul, pour l’instant, le Venezuela l’a fait !), Moscou menace de vendre son gaz à Minsk au prix du marché (400 dollars les 1 000 m3 au lieu de 120 dollars actuellement). Et où le Belarus écoulerait-il ses camions, tracteurs et autres bien de consommations, jadis fierté de l’Union soviétique, mais aujourd’hui obsolètes, sinon en Russie ?

Mais Alyaksandr Lukashenka marchande également côté Union Européenne, laquelle a promis une levée des sanctions touchant les dirigeants bélarusses et une aide financière à Minsk si les élections se déroulaient d’une façon plus transparente que par le passé. L’appréciation portée par les observateurs de l’OSCE revêtira donc une importance capitale (c’est sans doute pour cela que ma candidature à un de ces postes d’observateur n’a pas été retenue ……). Mais l’opposition redoute une sorte de deal afin d’éloigner le Belarus de l’orbite de Moscou.

Voyez donc que vos journaux français auraient pu s’intéresser au sujet, qui ne manque pas d’enjeux !

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Soldats belarusses votant par anticipation

 

 

Semaine meurtrière sur les routes lituaniennes

show_foto.jpgEntre le 19 et le 25 Septembre 2008, on a relevé 20 morts sur les routes de Lituanie. Depuis plus de 2 ans ½ que ce Blog existe, c’est a priori le plus lourd bilan hebdomadaire, le précédent « record » étant, à ma connaissance, de 16 morts.

Les tués se repartissent en 7 piétons, 6 conducteurs, 6 passagers, 1 deux-roues, ou encore en 14 hommes et 6 femmes, montrant que tout le monde peut être victime. La moyenne d’âge est de 38 ans. Dans la plupart des cas, d’après le site delfi.lt, il semble que la vitesse ait été la cause, ou au moins un facteur aggravant, de ces accidents mortels.

La Lituanie semblait être revenu à des taux de morts sur la route qui auraient pu lui faire espérer de quitter la dernière place de l’Union Européenne dans ce domaine. Cette soudaine augmentation des victimes de la « « guerre sur la route », comme disent les medias lituanien, ne semble rien augurer de bon, surtout à l’entrée de l’hiver.

On ne peut qu’engager ceux qui conduisent en Lituanie d’être prudents pour deux !

(Exemple concret ce matin, à 9H30, alors que je revenais d’Akropolis Vilnius ; dans la descente de Geležinio Vilko gatvė, alors que je respectais la limitation de vitesse, j’ai été facilement doublé par un camion du genre 26 tonnes. 300 mètres plus loin, alors que je m’étais arrêté à l’orange comme il se doit, un 4x4 est passé à côté de moi franchement au rouge. Après on s’étonnera que je prenne le bus !)

  

 

26 septembre 2008

Les espions qui venaient du froid

espion.jpgCertains en doutent, car pour eux la Russie ne peut être qu’une victime humiliée. Mais c’est un truisme de dire que les services de renseignement russes sont très présents en Europe, notamment à l’est. Voici quelques exemples choisis récents.

Le Président du Mejlis (= Parlement) du peuple tatar de Crimée (Ukraine), député de la Rada suprême ukrainienne, Mustafa Dzhemilev, a attiré l’attention, dans une interview au magazine Kontrakty, sur le fait que la Russie aurait déjà donné passeport et citoyenneté russe à 200 000 habitants  de la presqu’ile de Crimée, suivant une procédure ultra rapide. Quand on sait qu’il y a environ 2 millions d’habitants en Crimée, ce n’est pas rien. Et l’on se souvient  que c’est au nom de la protection de ses ressortissants que la Russie était intervenue en Géorgie, notamment en Ossétie du sud. On s’accorde généralement d’ailleurs pour dire que la Crimée pourrait être le prochain théâtre de l’expansion russe.

En Estonie, l’ancien chef du département de la sécurité du Ministère de la défense, Herman Simm, a été arrêté le 21 Septembre. Il est accusé, ainsi que sa femme, d’avoir rassemblé illégalement des informations classifiées et de les avoir transmises à la Russie. Il se pourrait même que ce qui est qualifie de trahison ait pu également se faire au détriment de pays de l’UE et de l’OTAN. C’est la première fois, depuis son retour à l’indépendance en 1991, que l’Estonie identifie un espion.    

Par ailleurs, le rapport annuel du Service de sécurité et de renseignement tchèque, publié ce 25 Septembre, fait état de tentatives des services de renseignements russes pour contacter et infiltrer les structures de la société civile, de la politique et des medias qui exercent une influence sur l’opinion publique. Ils soulignent que « les activités d’espionnage russes en République Tchèque atteignent actuellement une intensité particulièrement élevée ». Ces activités sont évidemment liées à l’accord, signé récemment entre Prague et Washington, sur l’installation d’un radar du système anti-missiles américain.  Quand on sait que cet accord doit être ratifié par le Parlement tchèque, où le vote s’annonce serré, il peut être intéressant de manipuler l’opinion publique.

Enfin, les mêmes services tchèques soulignent qu’à un échelon plus large, l’objectif des services russes est « de créer l’impression qu’on assiste en Europe à une réhabilitation du nazisme et à une négation du rôle de l’URSS lors de la défaite du nazisme, ce sous le patronage de l’UE et de l’OTAN ». Ceux qui, comme moi, sont de fideles lecteurs de l’agence de presse RIA-Novosti (« la voix de son maitre du Kremlin) savent que ce n’est pas nouveau et que c’est même récurrent depuis 2005 (60ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale). C’est assez gros, mais ça passe quand même chez certains.

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25 septembre 2008

Elections européennes en 2009

Ce post s’adresse principalement aux résidents français à l’étranger, et notamment, bien sûr, en Lituanie.

Vous savez sans doute que des élections européennes auront lieu en 2009, vraisemblablement à la mi-Juin. Compte-tenu du blocage actuel de la ratification du traité de Lisbonne (résultat du non irlandais), le nombre de députés à élire n’est pas encore exactement connu. Dans Lisbonne, il est de 751, dans Nice de 736 (785 dans le Parlement actuel). L’ambiguïté devrait être levée en Octobre 2008.

Quoi qu’il en soit, il n’existe pas 36 solutions pour exercer votre droit de vote.

L'élection en France a lieu au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, les sièges étant repartis entre 8 circonscriptions interrégionales. Il n’y aura donc pas de centre de vote dans les Consulats. En outre, en ce qui concerne la Lituanie, celle-ci les Lituaniens n’a pas transposé en droit local les directives UE stipulant qu’un citoyen de l’UE pouvait voter aux élections locales ou européennes dans son pays de l’UE de résidence.

Vous ne pourrez donc exercer votre droit de vote qu’en France. Si vous n’êtes pas encore inscrit sur la liste électorale d’une commune en France (ce qui est tout à fait compatible avec l’inscription simultanée sur la liste électorale de votre Consulat), voici les conditions :

1 – Etre inscrit au registre des Français établis hors de France (ancienne « immatriculation »)

2- En ce qui concerne l’inscription sur la liste d’une commune en France, une seule des conditions suivantes doit être remplie :

# Certificat d'inscription au rôle des contributions directes de la commune choisie (IR, taxe foncière, taxe d'habitation etc.)

# Commune de naissance en France,

# Commune du dernier domicile en France,

# Commune de dernière résidence en France (à condition que cette résidence ait été de 6 mois au moins),

# Commune où est né, est inscrit ou a été inscrit un de vos ascendants,

# Commune où est inscrit un parent au 4ème degré.

Pour de plus amples renseignements et pour les diverses inscriptions, rapprochez-vous de votre Consulat préféré. Mais ne tardez pas, car le 31 Décembre 2008 il sera trop tard * ! Et ne dites pas que les élections européennes ne vous intéressent pas, car je suis prêt à parier qu’en « bons » Français vous serez les premiers à rouspéter si Bruxelles prend des décisions qui ne vous conviennent pas !

* Si vous ne pouvez pas vous rendre sur place le jour du vote, l’établissement d’éventuelles procurations se fera en 2009, avant le scrutin.

24 septembre 2008

La Lituanie, Etat le plus corrompu de l’UE ?

billet-500-euros.jpgLa corruption est l’abus d’un pouvoir qui vous a été confié à des fins financières personnelles. L’organisation Transparency International publie chaque année un tableau de la perception qu’ont les citoyens de 180 Etats sur la corruption dans leur pays.

Dans la livraison 2008, la Lituanie est un des plus mal classés de l’Union Européenne. Cela serait dû (c’est du moins ce qu’explique la section locale de Transparency International) aux conditions d’attribution, qualifiées d’opaque du consortium public-privé LEO LT mis en place pour piloter la construction de la future centrale nucléaire d’Ignalina II. Le Premier ministre, Gediminas Kirkilas, a vivement réagi, expliquant que ce sont les détracteurs du projet qui avaient alimenté les présomptions de corruption et que Transparency International avait toujours été hostile à son action.

Quelques extraits du classement :

1- Danemark

   Nelle Zélande

   Suède

4- Singapour

5- Finlande

   Suisse

 

23- France

27- Estonie

 

52- Lettonie

58- Lituanie

     Pologne

     Turquie

70- Roumanie

72- Bulgarie

 

147- Russie

151- Belarus

 

180- Somalie

 

La totalité du classement peut être consultée sur :

http://www.transparency.org/news_room/in_focus/2008/cpi20...

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20 septembre 2008

Nomination du nouvel Ambassadeur de France en Lituanie

 

 

 On l’attendait depuis un temps certain. Son nom était connu (du moins de quelques happy fews) depuis un certain temps. La désignation de M. François LAUMONIER comme Ambassadeur de France en Lituanie est parue au Journal Officiel de ce matin, daté du 19 Septembre :

MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES

 

Décret du 19 septembre 2008 portant nomination d’un ambassadeur extraordinaire et

plénipotentiaire de la République française auprès de la République de

Lituanie - M. Laumonier (François)

NOR : MAEA0820820D

 

Le Président de la République,

Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et européennes,

Vu l’article 13 de la Constitution ;

Le conseil des ministres entendu,

Décrète :

 

Art. 1er. − M. François Laumonier, ministre plénipotentiaire de 2e classe, en fonction à l’administration

centrale, est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Lituanie, en remplacement de M. Guy Yelda, appelé à d’autres fonctions.

Art. 2. − Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères et européennes sont responsables, chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

 

Fait à Paris, le 19 septembre 2008.

NICOLAS SARKOZY

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

FRANÇOIS FILLON

Le ministre des affaires étrangères

et européennes,

BERNARD KOUCHNER

 

Pour autant que je sache, Monsieur Laumonier a été Consul Général de France à Genève jusqu’en 2005. C’est apparemment un spécialiste des ressources humaines.

 

19 septembre 2008

Informations en vrac

laikrastis-lietuvos-rytas-1.jpgVous avez constaté que je vous ai un peu abandonnés ces temps-ci. Il faut dire que je voulais absolument terminer mon livre avant ce week-end, terme que je m’étais moi-même fixé, afin qu’il ait quelque chance de paraitre au début de 2009.

Je vous avais toutefois mis de côté quelques informations parues à la une des quotidiens lituaniens.

Les problèmes d’énergie commencent à intéresser. On a appris, en vrac :

·         Que le pont électrique vers la Suède, permettant de relier les Etats Baltes aux réseaux européens, pourrait être opérationnel dès 2012. Le problème actuel est que la Lettonie et la Lituanie se disputent pour qu’il aboutisse chez eux. « Comme des gamins sur leur tas de sable » aurait dit un ministre suédois !

·         Que la future centrale nucléaire d’Ignalina pourrait avoir une capacité moindre que prévue. Initialement de 3 200 à 3 400 MWatts, elle ne serait plus que de 2 200 MW. Sachant que la Pologne ne veut pas moins de 1 100 MW et la Lettonie et l’Estonie 400 à 600 MW chacune, cherchez l’erreur !

·         Un référendum, pour savoir s’il faut prolonger la durée de vie d’Ignalina I au-delà  de sa fermeture prévue au 31 Décembre 2009 par la Commission européenne,  devrait avoir lieu en même temps que les élections législatives du 12 Octobre 2008. Le Président Adamkus a déclaré que c’était une « pure duperie de l’électorat » ! Après avoir rencontré le Président de la Commission européenne, Jose Emmanuel Barroso, qui lui a déclaré que l’engagement juridique de fermer la centrale au 31 Décembre 2009 devait être honoré, le Premier Ministre Gediminas Kirkilas a déclaré, quant à lui, qu’il était optimiste quant à la prolongation de la durée de vie de la centrale. Allez comprendre !

Le conflit entre la Russie et la Géorgie est encore dans tous les esprits. Le Ministre de la Défense, Juozas Olekas, a déclaré que la Lituanie était mieux préparée que la Géorgie à contrer une attaque. Le Président Adamkus l’a pris à contre-pied en disant que l’affaire géorgienne était juste la première étape d’un plan russe à long terme, et que s’il prenait l’idée a quelque Russe un peu fou d’envahir la Lituanie, « l’occupation ne serait qu’une affaire de quelques minutes » ! En tout état de cause, c’est dans ce contexte que la Lituanie a choisi d’abolir la conscription qui, il faut bien le dire, était déjà largement inégalitaire. L’opposition a parlé d’une mesure électoraliste. 

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Car les élections législatives approchent (12 octobre 2008) et la campagne électorale a officiellement commencé vendredi dernier. 21 partis politiques vont concourir et il y aura 11 candidats pour un siège. Ce n’est donc pas par hasard que sort une affaire concernant Kazimiera Prunskienė, ancien Premier Ministre, actuelle Ministre de l’agriculture et Présidente …… d’un des 21 partis politiques engagés. Au début des années 90, elle aurait reçu un pseudonyme semblant vouloir indiquer qu’elle travaillait pour le KGB ! Or, par les temps qui courent en Lituanie, avoir été membre du KGB n’est pas très porteur…….  

Enfin, le magazine Veidas a publié sa liste annuelle des endroits où il fait bon vivre en Lituanie. En tête arrive Neringa, suivi d’Elektrėnai et d’Alytus. Kaunas est 4ème et Vilnius 10ème. A la 60ème et dernière place, Skuodas (mais si, c’est en Žemaitija, à la frontière lettonne, à 48 km de Plungė. Ah, vous ne savez pas où est Plungė……)

La Lituanie et les énergies

flamme_bougie_rouge.jpgJ’ai participé hier soir à la première partie d’une réunion traitant de l’énergie en Lituanie. Je voudrais revenir sur ce sujet qui devrait faire les unes en 2009 et sur lequel il se dit des choses pas toujours exactes.

L'énergie électrique en Lituanie est fournie soit par des centrales thermiques (Kaisadoris), hydrauliques (Elektrenai) ou autres, fonctionnant au fuel ou au gaz, et une centrale nucléaire, Ignalina (qui, comme son nom ne l'indique pas, est située à côté de ... Visaginas et non d'Ignalina). Ignalina fournit actuellement 80 % de l’électricité à la Lituanie.

Le premier réacteur d'Ignalina a fermé le 31 Décembre 2004, et le deuxième devra fermer le 31 Décembre 2009. Ces fermetures ont été décidées dès 1999 d'un commun accord entre l'UE et la Lituanie, comme "ticket d'entrée" de cette dernière à l'UE. S'agissant d'une décision politique et non technique (la sécurité d'Ignalina a été améliorée par les Suédois et ne pose objectivement aucun problème. Elle pourrait continuer de fonctionner sans souci), il est peu vraisemblable que l'UE reviendra sur la décision de fermeture. La tenue d’un référendum, en même temps que les élections législatives du 12 Octobre 2008, ne sera – à mon sens – pas de nature à émouvoir la commission européenne !

Il est vrai que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire semble avoir du mal à décoller. Cela est dû à la difficulté de coordonner les desiderata de 4 pays, et notamment la Pologne qui voulait récupérer au moins 30 % de la production, ce qui ne convenait pas à la Lituanie. Aujourd’hui, il est plus vraisemblable de parler de 2017-2018, voire de 2020 comme l’a déclaré Areva, pour l’ouverture d’Ignalina II.

Cette affaire trainant objectivement en longueur, certains voisins pensent acquérir leur propre centrale nucléaire. C’est le cas de Kaliningrad (actuellement dépendant de la Lituanie à 30 % pour son électricité), du Belarus et de l’Estonie. Dans tous les cas, et notamment les deux premiers, l’affaire pourrait se faire plus rapidement car ne nécessitant pas de coordonner plusieurs Etats.  

Une solution pour acquérir de l’électricité est de relier la Lituanie aux réseaux du reste de l’Europe (actuellement, elle n’est reliée qu’au réseau russe). Des projets de ponts électriques sont en cours avec la Pologne et la Suède. Dans ce dernier cas, la Lituanie et la Lettonie se disputent « l’honneur » d’être le point d’arrivée. Au point qu’un ministre suédois déclarait très récemment qu’on dirait une dispute de deux gamins sur leur tas de sable ! En tout état de cause, ces ponts ne devraient pas être opérationnels avant 2015.

Il reste toutefois les centrales dites classiques pour fournir de l'électricité. On retombe alors dans la dépendance de la Russie soit pour le fuel, soit – à 100 % - pour le gaz.

Le prix du gaz est fixé par la Russie à la tête du client, suivant le degré de docilité politique du dit client. Aujourd’hui (source Veidas du 7 Juillet), la Lituanie paye son gaz 420 US$ les 1 000 m3 à Gazprom, l’Allemagne (pourtant plus éloignée) 410 US$ (qui est la moyenne de l’UE) et le Belarus 128 US$. En Lituanie, ce coût a été multiplié par 3 en 3 ans. C’est donc de la pure délation d’écrire, comme je l’ai vu par ailleurs, que les fournisseurs de chauffage urbain (fourni majoritairement par le gaz) se servent au passage ! Au demeurant, des sociétés comme Vilniaus Energija utilisent déjà des énergies alternatives (comme le bois) pour fournir le chauffage urbain.

Concernant une autre énergie fossile, le pétrole, on sait que le pipeline Druzhba s’est mis malencontreusement à fuir en Russie un mois après que la raffinerie de Mažeikių Nafta ait été rachetée par les Polonais. Le Belarus, qui est situé entre la fuite et la Lituanie, a continué d’être approvisionné…… La raffinerie de Mažeikių Nafta reçoit toutefois toujours du pétrole par tankers via le terminal de Butinge. Mais le transport revient évidemment plus cher.

L’énergie renouvelable est déjà présente en Lituanie. Néanmoins, vous savez ce que je pense de ces éoliennes qui détruisent déjà le paysage entre Palanga et Kretinga. Mais je sais néanmoins directement du Ministère de l’Environnement que des parcs d’éoliennes sont prévus d’être installés en haute mer. Par ailleurs, compte tenu de la météo locale, l’énergie solaire ne devrait pas être la panacée……

Il n’en reste pas moins que le premier effort devrait être fait par le consommateur lituanien pour économiser l’énergie. Celui-ci a encore un comportement comme quand l’électricité ne coutait rien du temps de l’URSS. Il est vrai que cela demande souvent une modernisation des immeubles, où il est parfois plus facile d’ouvrir la fenêtre que de baisser le chauffage et surtout où il n’y a pas de syndic pour gérer tout ce qui est commun (exemple : lumières allumées toute la nuit dans tous les immeubles). Il existe toutefois déjà un dispositif d’aides fiscales (mais est-il connu ?) lorsqu’on fait des travaux d’isolation thermique. En outre, il faudrait changer la nature du rapport du Lituanien avec sa voiture, et là ça risque de ne pas être simple. Autant lui demander d’arrêter de s’intéresser au basket !

En résumé, la Lituanie a sans doute mis du temps à prendre conscience des difficultés énergétiques qui l’attendaient (formule élégante pour dire que l’anticipation n’est pas dans les gènes des Lituaniens). L’Union Européenne, de son côté, agit en ordre dispersé, certains pays (l’Allemagne, l’Italie) ne trouvant que des vertus à la Russie……. Mais il est à mon avis abusif et irresponsable de faire croire que tout va s’arrêter le 31 Décembre 2009 à minuit. Ca sera juste un peu plus cher……

 

 

 

 

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