31 juillet 2008

31 Juillet 1991: assassinat de sept garde-frontieres lituaniens

medininkai03.jpgIl y a exactement 17 ans, sept garde-frontières lituaniens sans armes étaient assassinés de sang froid par un détachement d’OMON (unité de police spéciale) venu de Riga, au poste frontière de Medininkai, près de la grande route Vilnius – Minsk.

 

Après que la Lituanie ait déclaré son retour à l’indépendance le 11 Mars 1990, elle s’est attachée à assurer la protection et l’inviolabilité de ses frontières. Des garde-frontières ont donc commencé à prendre leur service sur 64 points de passage le 19 Novembre 1990. Le gouvernement soviétique, dont les troupes occupaient bien sûr toujours la Lituanie, considérant que ces postes étaient illégaux, envoya ses OMON contre eux.

 

Ce fut d’abord l’attaque et la destruction des postes de Medininkai et de Lavoriškės le 27 Janvier 1991. Puis l’assassinat de Gintaras Žagunis, garde frontière au poste de Krakūnai le 19 Mai 1991. Et enfin cet assassinat de Medininkai, le 31 Juillet 1991, survenu apparemment à 4 heures du matin, au cours duquel sept gardes, non armés, ont été exécutés d’une balle dans la tête. Ils étaient le symbole de l’indépendance, le symbole du combat pour la liberté.

 

L’unique survivant, handicapé à vie, Tomas Šemas (ci-dessous), déclare ne pas vouloir de vengeance, mais simplement que ceux qui ont commis ce crime se rendent compte de leur acte. Car aujourd’hui, la plupart des hommes soupçonnés d’avoir participé à ces actions sont des citoyens russes, et la Russie refuse de les extrader pour qu’ils soient entendus et jugés, car ce serait contraire à sa Constitution. Le même argument que pour un certain Andreï Lougovoï, soupçonné d’empoisonnement au polonium 210 sur son ex-collègue Alexandre Litvinenko……

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On rappellera que ce 31 Juillet 1991, George Bush père était en visite officielle en Russie, apportant en quelque sorte à Gorbatchev un brevet de capitalisme, suite à quelques mesures de façade pour séduire l’Occident. Tout comme le 13 Janvier 1991, lorsque les troupes soviétiques firent 14 morts parmi les civils sans armes qui défendaient la tour de télévision et le Parlement de Vilnius, le monde entier avait les yeux tournés vers Bagdad, attendant le déclenchement de la première guerre du Golfe. Je n’ai jamais cru aux hasards dans la Russie soviétique, comme je n’y crois toujours pas dans la Russie poutino-medvedevienne.

 

Aujourd’hui les OMON existent toujours, notamment en Russie et au Belarus. Ils se sont récemment  « distingués » dans la répression de manifestations pacifiques de l’opposition russe en 2006 et 2007, utilisant la force de façon excessive et emprisonnant arbitrairement les participants.

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