27 juillet 2008

Politique etrangere russe: a l'est, du nouveau?

C’est le 15 Juillet que le Président russe, Dmitry Medvedev, s’est adressé aux Ambassadeurs russes pour leur communiquer son concept de politique étrangère. Cette communication comprenait deux parties, une publique et une à huis clos. C’était la troisième fois que cet exercice avait lieu dans la Fédération de Russie, les deux précédentes ayant eu lieu sous Ieltsine (1993) et Poutine (2000).

Or, force est de constater que, si l’exercice 2000 était surtout constitue de plaintes, celui de 2008 est résolument offensif.

 

Par exemple, dans la partie publique, le Président a déclaré que « la Russie était véritablement plus forte et qu’elle était prête à prendre plus de responsabilités pour faire face aux défis régionaux et mondiaux » ; mais, en privé (car, évidemment, tout se sait) il a demandé à ses diplomates d’être plus agressifs.

 

Par exemple, pour ce qui nous concerne, il a explicitement fustigé la « réécriture de l’histoire dans les Pays Baltes, réhabilitant les nazis et leurs acolytes ». Cette propagande n’est pas nouvelle, elle est même récurrente, mais, de là à l’exprimer dans le concept de politique étrangère, cela à quelque chose d’inquiétant. Moscou réitère que les droits des citoyens russophones à l’étranger doivent être défendus et promet bien sûr de continuer à combattre les velléités d’accession à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie.

 

Dans le même ordre d’idée, ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie veut la peau de l’OSCE (Organisation pour le Sécurité et la Coopération en Europe) et Medvedev a demandé qu’elle soit remplacée par un nouvel organisme chargé de conclure un nouvel accord sur la sécurité européenne.  

 

Par ailleurs, ce qui était il y a 8 ans la priorité, à savoir l’Union Russie-Belarus, est pratiquement passé aux oubliettes, puisque le concept parle seulement de « création de conditions pour une transition progressive vers un espace économique unique» ! Par contre, une grande importance est accordée à la Communauté Economique Euro-Asiatique (Fédération de Russie, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, et Ouzbékistan), à l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective, regroupant Arménie, Belarus, Fédération de Russie, Kazakhstan, Kirghizstan et Tadjikistan) en tant que structure de sécurité dans l’espace de la CEI, et à l’Organisation de Coopération de Shanghai (Fédération de Russie, Kazakhstan, Kirghizstan et Tadjikistan, plus Chine et Ouzbékistan), le tout pour contrebalancer l’OTAN.

 

Enfin, tout en accusant les Etats-Unis dont les actions unilatérales « déstabilisent la situation internationale », le concept russe précise : « Si les partenaires ne sont pas prêts à une action commune, la Russie sera forcée d’agir indépendamment pour la protection de ses intérêts nationaux, mais toujours en respectant les lois internationales ». L’administration américaine exprime la même loyauté aux lois internationales……

 

En résumé, rien de nouveau dans ce concept qui n’apparaisse déjà dans les faits depuis plusieurs mois. Juste la réécriture de ce qui pourrait être la feuille de route d’une nouvelle guerre froide.

 

(d’après divers articles – parfois antinomiques – de RIA-Novosti et de « Kommersant »)

 

    

 

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