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02 mai 2008
La Lituanie, la Russie et l’Union Européenne
Depuis quelques jours, les medias européens se font l’écho de tensions entre la Lituanie et la Commission européenne, à propos de l’ « accord Russie – UE ». De quoi s’agit-il ? Lors de la réunion du Conseil des Affaires Générales et des Relations Extérieures (GAERC), le 29 Avril, Petras Vaitiekūnas, ministre des Affaires Etrangères de Lituanie (ci-contre avec le Président Adamkus), a présenté la position de la Lituanie concernant le mandat à donner à la Commission européenne, en vue des négociations à venir entre l’UE et la Russie.
Le ministre lituanien a suggéré de demander que la Russie remplisse, en matière d’énergie, ses obligations conformément au Traité de la Charte sur l’Energie (datant d’Avril 1998), qu’elle résolve d’une façon constructive les conflits gelés en Géorgie et Moldavie, qu’elle coopère avec les Etats membres de l’UE dans la résolution des cas criminels et qu’elle remplisse ses obligations internationales, fixées dans les conditions nécessaires pour rejoindre le Conseil de l’Europe.
M. Vaitiekūnas faisait notamment allusion à l’interruption des livraisons de pétrole par l’oléoduc Droujba, victime d’une « fuite » depuis 2006, aux compensations demandées pour indemniser les victimes de l’occupation soviétique, au refus russe de coopérer dans l’affaire de l’assassinat de gardes-frontières lituaniens par les OMON à Medininkai en 1991, mais aussi à la disparition du Président du Business Club lituanien à Kaliningrad, et enfin aux bruits de bottes russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud.
Prompt à relayer la voix de son maitre du Kremlin, l’agence russe RIA-Novosti a titré le 30 Avril : « Accord cadre Russie-UE : Vilnius se sert de l’UE pour résoudre ses propres problèmes avec Moscou ». Mais, si la Commission ne prend pas en compte des problèmes majeurs comme celui du ravitaillement énergétique, à quoi sert-elle ?
Le Ministre des Affaires Etrangères de Slovénie, M. Dimitrij Rupel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE, doit se rendre à Vilnius afin de coordonner les positions. Gageons que ce ne sera pas facile, avec une « vieille Europe » surtout préoccupée de ne pas fâcher M. Poutine ou son « successeur ».
Il est toutefois faux d’écrire que la Lituanie bloque les négociations, puisque celles-ci ne sont prévues, en tout état de cause, qu’en Juin en Sibérie.
08:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, russie, ue



