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28 février 2008
Atsiprašau ir Ačiu!
Ceux qui se sont connectés sur ce blog hier (tout au moins une partie), ont trouvé que celui-ci n’avait pas sa tête habituelle. Effectivement. Certains ont pu également recevoir ma dernière newsletter deux fois dans l’après-midi à une heure d’intervalle. Atsiprašau. Excusez-moi ! Mais est-il utile de préciser que dans le combat entre l’homme et la machine je suis généralement le perdant » ? Et que, une fois de plus, tout cela s’est fait « à l’insu de mon plein gré ». Cela venait d’ailleurs sans doute de mon hébergeur car, hier soir, tout était rentré dans l’ordre. Que celui qui n’a jamais eu de bug ou de virus me jette la première pierre ! Merci de votre compréhension.
Ačiu.Merci. C’est justement le mot que les Lituaniens, répondant à un sondage sur Internet (cité par le Baltic Times), ont trouvé le plus beau dans leur langue maternelle. Il est suivi de Lietuva (Lituanie) et tėvynė (patrie). Dans les premières places on trouve également Mama (est-il besoin de traduire ?), laisvė (liberté), laimė (bonheur) et meilė (amour). Histoire de battre en brèche ceux qui disent que les Lituaniens ne pensent qu’à l’argent……
Ačiu už skaitymą !

06:33 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lituanie, lietuva
26 février 2008
Des (mauvaises) nouvelles du Belarus
Ce n’est pas parce qu’il y a longtemps que je ne vous ai pas parlé du Belarus qu’il ne s’y passe rien: la dictature ordinaire continue. Ces derniers temps, certains avaient cru déceler d’une timide tentative de rapprochement de Lukashenka (en bélarusse : Аляксандар Рыгоравіч Лукашэнка, Alyaksandar Ryhoravich Lukashenka) vers l’Union Européenne. Plusieurs prisonniers politiques avaient même été récemment libérés. Une nouvelle affaire va révéler si ce rapprochement est sérieux. Mais il s’agit vraisemblablement, comme le souligne un analyste du Centre des Relations Internationales de Varsovie, de cette habitude en vogue dans les années soviétiques de souffler alternativement le chaud et le froid.
Alyaksandr Kazulin (photo ci-dessous), né le 25 Novembre 1955, ancien candidat à la présidentielle bélarusse du 19 Mars 2006, avait été condamné après celle-ci à 5 ans ½ de prison pour « hooliganisme et incitation à des désordres massifs » : il avait conduit, fleurs à la main, le 25 Mars 2006, une marche de protestation contre les fraudes massives supposées de la présidentielle.

Son épouse, Iryna, vient de décéder le 23 Février 2008 d’un cancer du sein. La loi bélarusse permet de libérer temporairement des prisonniers pour pouvoir assister aux funérailles d’un membre de leur famille. Mais les responsables de la prison de Vitsebsk, où Kazulin est enfermé, ont argumenté qu’il s’était rendu coupable d’actes de mauvaise conduite, et ont dit qu’ils ne pouvaient pas le libérer temporairement sans une autorisation spéciale de Minsk.
Les deux filles d’Iryna et Alyaksandr Kazulin ont déclaré que leur mère ne serait enterrée qu’en présence de leur père. Celui-ci a déclenché une grève de la faim « sèche » qui pourrait l’emporter en une semaine. Une cérémonie de recueillement, rassemblant 2 000 personnes, a eu lieu hier soir sur la Place d’Octobre (Kastrychnitskaya) à Minsk (ci-dessous), dispersée « comme il se doit » par la police. Un appel à se rassembler tous les soirs à 18H sur cette même Place d’Octobre a été lancé, jusqu'à ce qu’Alyaksandr Kazulin soit libéré pour pouvoir assister aux obsèques de son épouse.

Ça se passe comme ça à 30 km du centre de Vilnius !
Pour suivre en détail le déroulement de cette affaire, et plus généralement la situation au Belarus, je vous conseille le site (en anglais) http://charter97.org/en/news/

07:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : belarus, kazulin
25 février 2008
24 Février: 90ème anniversaire de l’indépendance de l’Estonie
Contrairement à la Lituanie, l’Estonie n’avait jamais été indépendante au cours de l’histoire. Elle a été en effet successivement occupée par les Danois, les Chevaliers Livoniens, les Suédois, les Polono-Lituaniens et, depuis 1710 (après la bataille de Poltava – 8 Juillet 1709), par les Russes. Dès 1905, un congrès pan-estonien réuni à Tartu le 10 Décembre demande l’autonomie au sein de l’empire russe. Le 12 Avril 1917, le gouvernement provisoire russe accorde l’autonomie à l’Estonie dans ses limites linguistiques et une diète estonienne est élue le 5 Juin. C’est en réaction à la prise de pouvoir par les bolcheviques en Novembre 1917 que le « conseil des anciens » de la diète proclame l’indépendance le 24 Février 1918.
Après le retrait des troupes allemandes en Novembre 1918, des combats opposeront les communistes et les nationalistes, et ceux-ci ne libèreront le pays qu’en Juillet 1919. La Russie bolchevique reconnaitra l’indépendance de l’Estonie le 2 Février 1920, au traité de Tartu. Cette indépendance sera violée par les soviétiques le 15 Juin 1940, en vertu du pacte Molotov – Ribbentrop.

Hasard du calendrier ? Le 22 Février 2008, le Directeur général de la compagnie nationale d’électricité, Eesti Energia, a lancé l’idée que l’Estonie pourrait avoir sa propre petite centrale nucléaire, d’une puissance de 400 mégawatts. Cette proposition fait suite au constat que le projet de centrale nucléaire d’Ignalina, entre la Pologne et les trois Etats Baltes, semble être au point mort. L’Estonie a également exprimé son intérêt pour participer aux projets nucléaires finlandais, maintenant que les deux réseaux électriques sont connectés.
Par ailleurs, dans le même temps, RIA-Novosti nous apprend que « la Russie offrait son assistance à la Lettonie dans la construction de centrales nucléaires et la livraison de gaz ». La nouvelle centrale nucléaire d’Ignalina verra-t-elle le jour ? Rien n’est moins sûr………

10:03 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 février 2008
24-25 Février 1956: Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline
Nikita Sergeïevitch Khrouchtchev (Никита Сергеевич Хрущёв) (1894-1971) devient premier secrétaire du parti communiste d’Union soviétique après la mort de Staline (5 Mars 1953), après avoir évincé les autres postulants. Bien que devant son ascension justement à Staline, il sera le principal inspirateur de la politique de déstalinisation à l'intérieur et de la coexistence pacifique à l'extérieur, politique qui aura malgré tout des limites. Premier secrétaire du parti communiste en Ukraine à partir de 1938, il y met en œuvre les grandes purges et se distingue même par son zèle. La terreur qu’il orchestre aurait fait plus de 106 000 morts. Lorsqu’une partie de la Pologne est rattachée à la RSS d’Ukraine en vertu du pacte Molotov – Ribbentrop, il y aura en un an 1 117 000 habitants déportés (soit 10 % de la population), dont 30 % décèderont dans l’année qui suit. En Juin 1953, après la mort de Staline, il joue un rôle-clé dans la chute de Lavrenti Beria, chef du KGB, destitué, arrêté puis fusillé. En 1957, après l’élimination de Molotov, Khrouchtchev sera désormais seul au premier plan.
Entre temps a eu lieu, à huis clos, à la fin du XXème congrès du parti communiste d’Union soviétique, le summum de la déstalinisation, le rapport Khrouchtchev des 24 et 25 Février 1956, condamnant le caractère dictatorial et répressif du pouvoir stalinien, imputé à une soi-disant dégénérescence de Staline, ce qui permet de présenter le parti comme innocent en soi.
Mais Khrouchtchev, c’est aussi la répression sanglante de la révolution hongroise en 1956 (ci-dessous), les persécutions de Boris Pasternak, obligé de refuser le prix Nobel de littérature en 1957, la construction du mur de Berlin en 1961, et la crise des missiles de Cuba en 1962.

Ses hésitations et ses échecs en matière économique, notamment agricole, le font écarter du pouvoir par la nomenklatura, inquiète en outre de la remise en cause de ses privilèges. Le 14 octobre 1964, alors que Khrouchtchev est en vacances, les conspirateurs frappent et lui font perdre son poste. Signe des temps toutefois : il perd le pouvoir sans perdre ni la liberté ni la vie. Léonid Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Mikoyan chef de l’État. Commença alors une période de stagnation, notamment économique, qui durera jusqu’en 1985.
A partir de son éviction, Khrouchtchev passera le reste de sa vie comme un retraité, surveillé de près par le KGB, mais réussissant à faire passer ses mémoires à l’Ouest. Il décède le 11 Septembre 1971 ; des funérailles officielles lui sont refusées et il n’est pas enterré près du mur du Kremlin, avec les autres dignitaires de l’empire soviétique.
10:38 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23 février 2008
La foire de Saint Casimir (Kaziuko mugė)
Les 29 Février, 1er et 2 Mars aura lieu à Vilnius la traditionnelle Kaziuko mugė (littéralement la foire du Petit Casimir), la plus grande foire annuelle lituanienne qui dure depuis le début du XVIIème siècle. La foire se déroule le week-end le plus proche du 4 Mars, qui est la fête de Saint Casimir. Saint Casimir Jagellon (3 Octobre 1458 – 4 Mars 1484, ci-contre), en lituanien Kazimieras, était le petit-fils du Grand-duc de Lituanie Jogaila (devenu roi de Pologne sous le nom de Władysław II Jagiełło), second fils de Casimir IV Jagellon (en lituanien Kazimieras I Jogailaitis). Il accepta la couronne de Hongrie à l’âge de 13 ans car il était impatient de défendre la croix contre les Turcs. Mais il fut infructueux dans son entreprise et dû s’enfuir. Lorsque son père, le roi Casimir IV, s’en alla en Lituanie pour 5 ans en 1479, il laissa la Pologne à la charge de son fils qui l’administra avec grande prudence et justice.
En raison de sa foi fervente, et affaibli par des jeûnes excessifs, Casimir eut de sérieux problèmes pulmonaires, sans doute une tuberculose. Lors d’un voyage en Lituanie en 1484, il décéda à Hrodna/Grodno (en lituanien Gardinas, aujourd’hui au Belarus) à l’âge de 26 ans et ses restes furent ensevelis à Vilnius. Ses reliques sont depuis vénérées à la chapelle Saint-Casimir de la cathédrale Saint-Stanislas.
Casimir vécut et régna avec une grande dignité et beaucoup de miracles lui ont été attribués. Il fut canonisé en 1522 par le Pape Adrien VI et devint le Saint patron de nombreux pays, notamment de la Lituanie en 1613. Le 11 juin 1948 le Pape Pie XII nomma Saint Casimir patron spécial de toute la jeunesse et modèle de pureté. C’est le seul Saint lituanien.

Il fut très tôt l’objet d’une grande vénération et de nombreux pèlerins venaient se recueillir devant son sarcophage, notamment à l’anniversaire de sa mort. C’est la raison pour laquelle une foire se développa pour soutenir ces pèlerins. Aujourd’hui purement profane (ci-dessus), elle occupe tout le centre de Vilnius (de Gedimino à Užupis et Pilies gatvė) et réunit principalement des artisans. On remarque surtout des palmes traditionnelles, les verbos (ci-dessous), qui seront bénies à l’église le dimanche des rameaux. On y achète aussi des muginukai qui sont des gâteaux en forme de cœurs, décorés, et sur lesquels sont inscrits les prénoms les plus populaires.

20:10 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les Tatars de Lituanie
Après la proclamation de son indépendance par le Kosovo, un certain nombre de minorités ont annoncé leur intention d’en faire autant. Une seule, pour l’instant, a affirmé que le problème ne serait pas soulevé, pour autant que le pouvoir ukrainien respecte ses droits : il s’agit des Tatars de Crimée. Une occasion pour faire le point sur les Tatars de Lituanie. Tout d’abord, sur le plan du vocabulaire, on doit bien parler de Tatars et non pas de Tartares. Tatars est un nom collectif donné à des peuples nomades d’origine turque qui envahirent une partie de l’Asie et de l’Europe sous la direction des Mongols au XIIIème siècle. Par exemple, la Horde d’Or de Batu Khan (petit-fils de Gengis Khan) domina la majeure partie de la Russie kiévienne du XIIIème au XVème siècle. Le Tartare est, dans la mythologie grecque, une prison située dans les Enfers. L’analogie a été faite pour jadis montrer la cruauté des Tatars.
Les premiers colons Tatars furent amenés en Lituanie en tant que prisonniers à l’époque de Mindaugas (1236-1263) et Traidenis (1269-1282). Plus tard, les Grands Ducs lituaniens Gediminas (1316-1341), Algirdas (1345-1377) et Kęstutis (1381-1382) se battirent contre les Chevaliers Teutoniques avec l’aide de mercenaires Tatars qui s'installèrent avec leurs familles et se virent accorder des terres et des privilèges. Pourtant, c'est le Grand Duc Vytautas (1392-1430) qui fixa la majorité des Tatars en Lituanie. Lors de sa marche jusqu’aux steppes du Kiptchak en 1397, les soldats lituaniens firent prisonniers des milliers de Tatars.
Lors de son séjour à Vilnius (28 Juin – 16 Juillet 1812), Napoléon s’occupe personnellement de la création du 3ème Régiment de chevau-légers – lanciers de la Garde, dont les cavaliers devaient avoir une certaine taille, leurs chevaux répondre à des normes particulières et leurs uniformes être impeccables pour ne pas jurer avec les autres régiments de la Garde Impériale. Un escadron de cavaliers tatars, descendants de ces Tatars venus du temps du Grand-duc Vytautas, habillés et équipés à l’orientale, est créé le 8 Octobre 1812 et rattaché à ce régiment de prestige (ci-dessous). Il sera commandé par le Lieutenant-colonel Mustapha Mura Achrnatowicz.

D’après le dernier recensement, il y aurait actuellement 3 235 Tatars habitant en Lituanie, principalement dans les régions de Visaginas, Vilnius, Kaunas et Alytus. Seuls environ 500 utiliseraient quotidiennement la langue tatare. On note toutefois 8 écoles du dimanche, notamment à Vilnius et Visaginas. Il y a des mosquées à Nemėžis (banlieue sud-est de Vilnius), à Keturiasdešimt Totorių (sud de Vilnius), Raižiai (nord-est d’Alytus) et Kaunas.
La toponymie lituanienne reste marquée par les Tatars. Il y a ainsi une Totorių gatvė (rue des Tatars) dans le vieux Vilnius. Keturiasdešimt Totorių (Quarante tatars) est l’un des plus anciens villages tatars de Lituanie, à quelques kilomètres au sud de Vilnius. 130 tatars y vivent encore et la mosquée (ci-dessous), mentionnée pour la première fois en 1558, est toujours ouverte aux croyants. Le village compte également 4 cimetières tatars.

09:41 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22 février 2008
Jirinovski, le Kosovo et l’Estonie
Le 20 Février dernier, après la proclamation unilatérale de son indépendance par le Kosovo, Vladimir Jirinovski (ci-contre) a appelé la population russophone des Etats baltes à fonder une république autonome voire indépendante : "Le modèle kosovar est une source d'inspiration pour la République moldave de Transnistrie, l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud, le Haut-Karabagh, et pour les Russes d'Estonie. Les Russes ont toutes les raisons d'envisager la création d'une république russe en territoire estonien, analogue à la République serbe en Bosnie Herzégovine. Ils pourraient demander l'indépendance puis le rattachement à la région de Pskov, ou bien créer une république russe indépendante".
On rappellera que Vladimir Volfovitch Jirinovski (Влади́мир Во́льфович Жирино́вский), né Eidelstein à Alma-Ata, est président du Parti Liberal Démocrate de Russie. Ce nom exprime mal le fond de commerce du parti : xénophobie anti-caucasienne, antisémitisme, expansionnisme militaire, homophobie. Ce n’est pas son premier appel au retour des Etats Baltes au sein de la Fédération de Russie.
Si on a l’habitude en Occident de sourire aux frasques de Jirinovski, on devrait toutefois se souvenir qu’il est (lui aussi) un ancien membre du KGB, que son parti a longtemps été financé par Saddam Hussein et que Jirinovski est personnellement un admirateur d’Adolf Hitler ! Après les élections législatives du 2 Décembre 2007, le LDPR est le troisième parti de la Douma (8,14 % des voix, 40 sièges) après le rouleau compresseur Russie Unie de Poutine (315 sièges) et le Parti communiste (57 sièges). Vladimir Jirinovski est un des 4 candidats autorisés à la présidentielles du 2 Mars prochain et est crédité de 10,9 % des suffrages exprimés.
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21 février 2008
Présidentielle russe: sondage
Sans surprise, les candidats recueilleraient les pourcentages suivants :
Dmitri Medvedev : 72,9 %
Guennadi Ziouganov : 15,0 % (parti communiste)
Vladimir Jirinovski : 10,9 % (parti libéral-démocrate – sic)
Andreï Bogdanov : 1,0 % (parti démocratique)
Le taux de participation serait de 69,7 %
En 2004 il y avait 7 candidats et Vladimir Poutine avait obtenu 71,2 % au premier tour, son suivant, Nicolaï Kharitonov, du parti communiste, 13,74 %.

14:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Encore un exemple de désinformation française?
L’hebdomadaire « Courrier International », dont le fond de commerce est la publication d’extraits de la presse étrangère, a publié hier sur son site Internet un extrait d’article du Lietuvos Rytas, titré par lui (je souligne : par Courrier International) : La bonne littérature n’a pas sa place en Lituanie (vous noterez au passage le temps affirmatif et péremptoire). Voici l’article dans son intégralité : « La bonne littérature n'a pas sa place en Lituanie Le journaliste Vilis Normanas a traduit quelques pages de romans étrangers primés et les a envoyées à des maisons d'édition lituaniennes. Il n'a essuyé que des refus. "Pourquoi me suis-je lancé dans cette aventure ? Je vais vous l'expliquer : cela fait longtemps que la Lituanie ne publie plus de livres qui ne sont pas immédiatement rentables, c'est-à-dire des ouvrages destinés à un public intellectuel. Au lieu de cela, les librairies sont inondées de romans d'amour, de romans policiers et autres ouvrages de la littérature de divertissement. Je ne nie pas le fait que les maisons d'édition doivent survivre, mais, en ce moment, elles ne sont pas vraiment à plaindre. Beaucoup d'entre elles confirment que les ventes augmentent. Le problème se pose en ces termes : y a-t-il encore un Lituanien qui veuille lire de la bonne littérature ?"
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De quoi s’agit-il ?
L’article est la traduction du début d’un article de deux pages paru sur le site Internet du Lietuvos Rytas d’hier 20 Février. L’auteur est un jeune écrivain de 23 ans (photo ci-dessus) qui a, a priori, déjà écrit deux romans. Il estime qu’en Lituanie la culture fout le camp au profit du consumérisme. C’est son opinion, c’est son droit de l’écrire, et il n’a peut-être pas tort.
Ce que je critique, c’est que Courrier International (NB : du groupe « Le Monde ») s’en empare pour en faire ce qu’il voudrait montrer, à travers son titre, comme une tautologie. Notez qu’un point d’interrogation « La bonne littérature n’a-t-elle pas sa place en Lituanie ? » aurait tout changé. Mais non ! Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent pas la presse. Pire. Le titre sous-entend qu’il pourrait y avoir en Lituanie une censure, voire des autodafés, qui banniraient la « bonne » littérature. Voila qui irait dans le sens de Moscou qui voit régulièrement la résurgence du nazisme dans les Etats Baltes ! Mais au fait, qu’est-ce que la « bonne » littérature, sinon quelque chose de subjectif ? Pour le Courrier International, c’est manifestement celle destinée à un « public intellectuel ». Pour les autres, sous-entendu, circulez, y’a rien à voir, vous ne nous intéressez pas !
Il est une fois de plus dommage que l’on ne parle de la Lituanie dans les medias français que sous des aspects négatifs : dopage de Raimondas Rumšas sur le Tour de France 2002 (comme s’il était le seul !), affaire Bertrand Cantat – Marie Trintignant en 2003 (comme si la Lituanie y était pour quelque chose !), destitution du Président Rolandas Paksas en 2004 (ce qui montrerait plutôt la bonne santé de la démocratie lituanienne). Il serait temps que la presse française se débarrasse de son complexe nombriliste de donneuse de leçons.
07:00 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20 février 2008
“Les Anglais sont des porcs”
La déclaration n’est pas de moi, mais du Ministre letton de l’Intérieur, Mareks Seglins. Elle faisait suite à un nouvel incident, ce mardi, au monument de la Liberté de Riga (photo ci-dessous). La police a en effet interpellé un citoyen britannique de 34 ans, Shirzey Heshmat, au moment où il urinait contre ce symbole de l’indépendance de la Lettonie. Jugé en comparution immédiate, il a écopé de 5 jours de prison. La sentence est plus lourde que lors des cas similaires antérieurs, qui se limitaient à des amendes. Il faut dire que Heshmat a plaidé non coupable, expliquant qu’il montait et descendait les marches lors d’un chahut, lorsque son pantalon est « brusquement » tombé. Les juges n’ont pas apprécié l’humour de la situation………
Ces cas de profanation ont augmenté ces dernières années, déclenchant la fureur des Lettons. Ils sont le plus souvent le fait de Britanniques et d’Irlandais participant à des « stag parties », car la bière est apparemment moins chère (et pas que la bière, je ne serai pas plus explicite) à Riga qu’à Londres ou à Dublin. Ils se soulagent donc à l’ombre du monument de la Liberté, ignorant son symbolisme historique et le fait qu’il est étroitement surveillé par la police. Des Polonais et des Norvégiens ont également été jadis appréhendés pour la même raison et, il y a quelques mois, c’est un Ecossais qui a montré explicitement qu’il respectait la tradition de ne rien porter sous son kilt.
Ces « stag parties » ont été au début accueillies à bras ouvert par les commerçants de Riga qui y voyaient un apport de touristes, donc de devises. Mais devant les nuisances qu’elles ont entrainées, ils ont rapidement déchanté et on voit désormais sur certains bars « No stag parties », et en anglais pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité.
Le phénomène existe aussi à Vilnius, mais avec moins d’acuité. Il y a un an ou deux, un Britannique avait été arrêté car il se soulageait contre le mur du Palais présidentiel. Il était policier …….

18:19 Publié dans Vie quotidienne sans importance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


