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31 janvier 2008
Marée noire sur les côtes lituaniennes
Du pétrole brut s’est échappé lors du déchargement du pétrolier « Antartica », battant pavillon des Iles Caïmans, la nuit dernière (30 – 31 Janvier) au terminal pétrolier de Butinge (au nord de Palanga) appartenant à Mažeikių Nafta. Le ministère lituanien de l’environnement estime que de l’ordre de 200 à 400 kilos de pétrole brut sont tombés à la mer. Les inspecteurs sont actuellement en train d’estimer l’impact sur l’environnement. Mais, manifestement au vu des photos (cf. ci-contre), le pétrole a déjà atteint la côte. La résolution du problème de pollution est gérée par le ministère des transports, en liaison avec la Suède et l’Union Européenne. Du travail pour le nouveau ministre de l’environnement, Arturas Paulauskas (photo ci-dessous), désigné hier par le premier ministre Gediminas Kirkilas et nommé aujourd’hui par le président Valdas Adamkus. Le poste était vacant depuis que le précédent titulaire, Arunas Kundrotas, ait été accusé de mauvaise gestion de l’environnement de la partie lituanienne de la côte baltique, longue de 99 km.

Arturas Paulauskas, un juriste, a déjà été procureur général de la Lituanie et, durant de nombreuses années, président du Parlement. Il a même été, pendant une brève période, Président de la République par intérim, après la destitution de Rolandas Paksas en 2004. Son parti avait rejoint la coalition gouvernementale début Janvier, donnant à celle-ci une majorité au Parlement (Seimas).
Source : The Baltic Times et Alfa.lt

18:23 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 janvier 2008
Stendhal en Lituanie
Celui qui n’est encore qu’Henri Beyle (23 Janvier 1783 – 1842) est, tout au moins à Vilnius, un des acteurs les plus connus de la campagne de Russie car il est devenu par la suite l’écrivain Stendhal. Mais c’est un euphémisme d’écrire que les historiens ne sont pas tendres avec lui. Paul Britten Austin, par exemple, le traite de « Capitaine de dragons grassouillet et vaniteux {…} qui s’est assuré un travail tranquille de commissaire de guerre en faisant la cour à l’épouse de Daru» et plus loin, alors que Smolensk est en flammes, d’« un autre esthète, qui avait probablement passé cette longue et chaude journée en parfaite sécurité parmi les bagages du train des équipages {…} pensant que Smolensk en flammes est un spectacle ravissant…… ».
Grâce à son parent et protecteur Pierre Daru, Commissaire général de la Grande Armée en 1806, puis Intendant général des pays conquis après la bataille d’Eylau (8 Février 1807), Henri Beyle fut effectivement nommé le 11 Juillet 1807 Commissaire de guerre adjoint, en poste à Brunswick. Après l’occupation de Königsberg (Kaliningrad actuelle), il pensait que la campagne allait se prolonger vers Saint Petersburg via la Courlande ; mais les traités de Tilsit l’empêchèrent de voir la Lituanie et il devra attendre 5 ans pour y revenir.
En 1812, Henri Beyle / Stendhal quitte Paris le 23 Juillet après avoir vu l’Impératrice à Saint-Cloud. En attendant de voir le Roi de Rome, fils de Napoléon et de Marie-Louise, il écrit à sa sœur pour lui indiquer son itinéraire : Paris, Metz, Mayence, Francfort-sur-le Main, Weimar, Leipzig, Francfort-sur-l’Oder, Königsberg, Gumbinen, Kaunas (où son ami le chevalier de la Noüe est commissaire) et Vilnius. Apparemment, il atteint Marijampolė dans les premiers jours d’Aout 1812 car il franchit la Berezina le 12 Aout vers Bojarinkov où se trouve l’état-major impérial.
En Russie, Stendhal / Henri Beyle est affecté à Smolensk où il doit assurer l’approvisionnement de l’armée française dans les régions de Smolensk, Mogilev et Vitebsk, ces deux dernières villes étant lituaniennes avant la première partition de 1772. Il est toutefois à Moscou le 15 Octobre, quatre jours donc avant son évacuation, puisque de là il écrit à son collègue et ami de la Noüe « Je suis complètement en loques {…} Je vous prie de m’acheter à Kaunas ou à Vilnius quatre ou cinq mètres de tissu bleu et six ou sept mètres de cashmere, également bleu ». Sa lettre n’arrivera jamais à destination car elle fut interceptée par les Russes (elle ne sera rendue publique qu’en 1913 !). Mais, même si elle était parvenue à Kaunas, elle avait peu de chances d’être suivie d’effet car le commissaire de la Noüe était mort le 13 Octobre.
Anticipant la retraite, Stendhal quitte Smolensk le 11 Novembre, et atteint Vilnius dans la soirée du 6 Décembre, d’où il repart dès le 7 ou le 8 vers Kaunas et Königsberg, après avoir apparemment rendu visite, sur la rue Pilies, à l’état-major français et aux états-majors du Commissaire en chef et du chef trésorier (actuel Centre Culturel Français – cf. ci-dessous). Il aura le temps d’écrire à sa sœur, la seule lettre envoyée de Lituanie, dans laquelle il dira qu’il est en bonne santé, mais qu’il a tout perdu ; et que, néanmoins, il est prêt à repartir au service de Sa Majesté l’Empereur.

Il restera à Königsberg du 14 au 30 Décembre, qu’il quittera en traineau pour Danzig (Gdansk). Dans ses œuvres ultérieures, il citera souvent des lieux lituaniens (Vilnius, Kaunas, Marijampolė, Tilsit, le Niémen), mais jamais la Lituanie en tant que telle.

10:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26 janvier 2008
Condi vs. Valdas
Les observateurs politiques et les journalistes lituaniens étaient dans tous leurs états ce jeudi, après que la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice se soit adressé au forum économique mondial de Davos. En effet celle-ci a déclaré : « Il n’est nulle part plus clair que nous n’avons pas d’ennemi permanent que dans notre relation avec la Russie. Mesdames et Messieurs, des récentes déclarations sur une nouvelle Guerre froide sont une absurdité hyperbolique (hyperbolic nonsense) ! ».
Dans la mesure où le Président Valdas Adamkus avait déclaré, lors d’une interview au Financial Times le lundi précédent, « la question est de savoir si un fort rétablissement financier de la Russie sera un stimulant pour elle pour retourner à la Guerre froide », tout le monde aura compris qu’il s’agissait d’une réponse au président lituanien.
C’est un fait qu’aujourd’hui les Etats-Unis et la Russie travaillent d’une façon constructive sur des sujets d’intérêt mutuel. Mais ce n’est peut-être pas une raison de balayer, d’une façon quelque peu cavalière, les inquiétudes que l’on perçoit sans doute mieux à Vilnius qu’à Washington. Pipeline Druzhba, incendie suspect de la raffinerie de Mažeikiai, embargo sur la viande polonaise et sur l’eau et le vin géorgiens, crise du gaz en Ukraine ou attaque massive des sites internet estoniens, furent les faits les plus connus de la longue liste des mesures inamicales russes. Sans parler des plus récents, la fermeture de bureaux du British Council.
Malheureusement, l’Union Européenne est – une fois de plus – désunie face à la Russie, notamment sur les litiges majeurs que sont l’énergie et le Kosovo. Entre les « chevaux de Troie » que sont la Grèce et Chypre, et les combattants de la guerre froide que sont la Pologne et la Lituanie, ont trouve de tout : pragmatiques amicaux, les partenaires stratégiques et les pragmatiques sourcilleux. Face à eux, la Russie, qui ne veut plus être « un élève sage » comme le dit son futur président (Dmitri Medvedev) a bien compris qu’il lui était facile de diviser pour régner !

17:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Lituanie envisagerait de changer de nom
Je devine déjà votre surprise…… La Lituanie envisagerait en effet de changer son nom anglais (Lithuania) pour le rendre plus facilement prononçable dans l'espoir d'attirer davantage d'investissements et de touristes. Lithuania serait un mot difficilement prononçable et mémorisable pour des non-anglophones, mais le changement de nom n'est qu'une idée parmi d'autres pour promouvoir le pays, a déclaré vendredi Laurinas Bucalis, porte-parole du gouvernement.
Aucune proposition de nouveau nom en anglais n'a été soumise jusqu'à présent. En lituanien, le pays s'appelle Lietuva. Vous avez des propositions ?
Beaucoup de personnes (c’est un euphémisme……) extérieures aux Etats baltes confondent la Lituanie et la Lettonie (Latvia en anglais et Latvija en letton) et ont même du mal à les situer sur une carte. C’est d’ailleurs pour ca que ce Blog existe !
Pour illustrer ce propos, j’ai voulu consulter ce matin, sur le site du Ministère français des Affaires Etrangères, un document sur le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Lituanie. Quand j’ai cliqué sur le lien, que croyez-vous qu’il arriva ? Si, si, je suis arrivé sur un document traitant du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et …… la Lettonie ! No comment !
09:55 Publié dans Lituanie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
La citation du jour
Vu sur le site du Cercle Lituanien des Etudiants Francophones (CLEF – adresse ci-contre): « La différence entre le journalisme et la littérature, c'est que le journalisme est illisible et que la littérature n'est pas lue. »
Oscar Wilde
Ce n’est pas très encourageant pour le livre que je suis en train d’écrire! Il faut dire toutefois que ce n’est ni du journalisme ni de la littérature…… Ouf !
05:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25 janvier 2008
De nouveaux vols Air Baltic
Jusqu’à présent, seule la compagnie lituanienne FlyLAL desservait en direct Paris depuis Vilnius, quatre fois par semaine (et, pour mémoire, Lyon le samedi en saison de ski). Selon le Lietuvos Rytas du 25 Janvier, la compagnie lettonne Air Baltic vient d’annoncer qu’elle allait ouvrir de nouvelles lignes l’été prochain, dont un Vilnius – Paris direct trois fois par semaine (peut-on espérer que ce soient les trois jours où il n’y a pas de vol FlyLAL ?!). Outre l’intérêt pratique, on peut également rêver que le fait qu’il y ait concurrence puisse faire baisser les prix.
Parmi les futurs vols Air Baltic, on notera également :
· Depuis Vilnius des vols vers Odessa (Ukraine) quatre fois par semaine, vers Simferopol (Ukraine) trois fois par semaine, Berlin et Milan cinq fois par semaine.
· Depuis Riga, des vols vers Nice, Venise, Sotchi (Russie), Erevan (Arménie), Chisinau (Moldavie), Alma Ata (Kazakhstan), etc.……
En 2007, Air Baltic a transporté 585 300 passagers de et vers Vilnius, une augmentation de 31 % par rapport à 2006.
19:55 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24 janvier 2008
Festival du film français
Pour la troisième année consécutive, le Centre Culturel Français de Vilnius organise à partir d’aujourd’hui, 24 Janvier, le Festival du Film Français, « Ecrans d’hiver 2008 ». Ce festival se déroulera :
· Du 24 au 28 Janvier au Coca-Cola Plaza à Vilnius
· Du 29 Janvier au 3 Février au cinéma Skalvija à Vilnius
· Du 31 Janvier au 3 Février au cinéma Romuva à Kaunas
· Du 7 au 10 Février au Centre Culturel Garsas à Panevėžys
Programme détaillé sur http://www.centrefrancais.lt/index.php/pageid/1500

06:50 Publié dans Vie quotidienne sans importance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 janvier 2008
La Russie vue par la presse lituanienne

Cité par RIA-Novosti le 21 Janvier soir.
Le thème principal tourne encore autour de la déclaration du Président Valdas Adamkus, réclamant des dommages suite à l’occupation soviétique. On notera que, comme à son habitude, RIA-Novosti met des guillemets à occupation, montrant qu’elle suit fidèlement la ligne négationniste du Kremlin. Et elle met en exergue l’attitude, à ses yeux plus pragmatique, de la Lettonie.
« Les médias publient les déclarations de certains hommes politiques appelant à faire preuve de pondération face au problème de l'indemnisation par la Russie des dommages causés lors de "l'occupation", l'expliquant entre autres par la dépendance toujours croissante vis-à-vis de Moscou. Cependant, les sondages d'opinion publique démontrent que la majorité écrasante des citoyens lituaniens ne croient pas en la possibilité d'obtenir une indemnisation.
"La dépendance de la Lituanie vis-à-vis des ressources énergétiques russes ne fera qu'augmenter dans un proche avenir. Il est prévu qu'après 2010, quelque 90% des ressources énergétiques primaires dont a besoin la Lituanie seront fournies par la Russie. [...] La nécessité s'impose de peser les conséquences de nos actions et de ne pas provoquer les Russes sans raison" (Vilniaus diena, 12.01).
"La majorité des habitants de la Lituanie ayant participé au sondage (83,7%) ne croient pas que la Russie accepte de compenser les préjudices d'une façon ou d'une autre. Les optimistes représentent 13,4% des personnes interrogées tandis que 2,9% des sondés sont restés sans opinion sur ce sujet" (Respublika, 11.01).
Certains articles parlent de la nouvelle politique de la Lettonie visant à améliorer les relations avec Moscou.
"La Lettonie a sans doute oublié, ne serait-ce que provisoirement, sa rhétorique antirusse. La Lettonie a fini par choisir une nouvelle stratégie dans ses relations avec la Russie: pas de déclarations retentissantes, pas de rhétorique hostile ni de démarches irréfléchies" (Respublika, 15.01).
D'après les estimations d'experts, après l'élection de Dmitri Medvedev au poste de président russe, il n'y aura plus de démocratie en Russie, et le pays sera gouverné par une communauté de "silovarques", composées de "silovikis", membres des "structures de force", et d'oligarques pro-gouvernementaux.
"La démocratie ne sera pas davantage présente en Russie, même très légèrement. La politique réelle sera appliquée par des "silovarques", une sorte d'hybride entre les représentants des "structures de force" et les oligarques "aux pensées étatiques". Le décalage entre les élites et les larges couches de l'opinion publique ne cessera d'augmenter" (Veidas, 03.01). »
05:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 janvier 2008
Lituanie, nid d’espions?
Deux nouvelles, apparemment sans connexion, ont récemment défrayé la chronique lituanienne. La première a eu lieu à Kaliningrad. Le lieutenant-colonel Vasily Khitrjuk, ex-officier de la direction de Kaliningrad des services pénitenciers de la Fédération de Russie a été condamné à 6 ans et demi de prison pour espionnage et haute trahison. Sa peine compte à partir d’Octobre 2006, date de son début de détention. D’après les services de sécurité russes, Khitrjuk aurait été recruté par les services secrets lituaniens et leur aurait transmis des informations sur des unités militaires russes, notamment de la flotte de la Baltique.
Il faudra quand même m’expliquer pourquoi les services lituaniens ont soudoyé l’adjoint de l’inspection pénitentiaire et criminelle de Krasnoznamensk pour avoir des renseignements sur la flotte de la Baltique…… Et comment ce fonctionnaire pouvait être en possession de tels renseignements.
La seconde affaire se passe à Mažeikiai en Lituanie. D’après le quotidien polonais Dziennik, un micro de fabrication russe aurait été découvert, il y a plusieurs mois, dans le jack d’une prise électrique du bureau du directeur adjoint de la raffinerie. On se rappelle que la compagnie Mažeikių Nafta avait été vendue à la compagnie polonaise PKN Orlen, à la grande fureur des Russes qui espéraient bien contrôler la production et le transport de bout en bout. Les autorités lituaniennes pensent que c’est la raison réelle pour laquelle le pipeline Druzba a eu une fuite malencontreuse quelques semaines après, fuite que personne en Russie n’a pensé à réparer. Un grave incendie, à ce jour toujours inexpliqué, avait également eu lieu dans la raffinerie, réduisant de moitié sa productivité.
Alors, vous pensez toujours que la guerre froide est terminée ?

08:22 Publié dans Vaste Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 janvier 2008
Elections présidentielles russes: sondage
Avez-vous remarqué que l’on parlait actuellement beaucoup plus des élections présidentielles américaines, qui ont lieu dans 10 mois, que des élections présidentielles russes qui ont lieu le 2 Mars, soit dans 1 mois ½? Il faut dire que, dans ce dernier cas, les jeux sont déjà faits. Pour preuve ce sondage effectué les 12 et 13 Janvier par la fondation « Opinion publique » et publié hier 17 Janvier par RIA-Novosti.
76 % des sondés pensent que Dmitri Medvedev, le candidat de Poutine et de « Russie Unie », sera le prochain président russe. 1 % donnent vainqueur Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate (LDPR). 1 % c’est aussi ce que recueille Guennadi Ziouganov, président du Parti communiste de Russie (KPRF). Quant aux sondes qui croient en la victoire des deux autres candidats, Andrei Bogdanov (Parti démocrate de Russie – DPR) et Mikhaïl Kassianov (Union démocratique populaire russe), leur proportion est pratiquement nulle !
Le plus étonnant est que 21 % des sondés estiment que rien n’est encore joué !
08:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


